Un an d’expatriation en Angleterre : le bilan

Alors que nous prenions un cocktail sur une plage de Minorque, nous avons réalisé que c’était notre premier anniversaire de vie en Angleterre ! Tout au long de cette première année, j’ai partagé avec vous nos aventures anglaises, semaine après semaine et je vous remercie de nous avoir suivis dans ce rendez-vous régulier (tous ces billets hebdos sont listés ICI). J’avais besoin de raconter toutes les aspects de cette nouvelle vie dans laquelle nous nous étions lancés sans beaucoup de réflexion et avec pas mal d’appréhensions. Si vous vous souvenez de mes principales craintes, il y avait :

  • l’apprentissage de l’anglais pour les enfants
  • le flou professionnel pour moi
  • la vie dans un village
  • l’approche du Brexit

Je focalisais sur ces quatre sujets et maintenant, je me rends compte que c’était une vue très limitée. Que déménager en Angleterre a engendré beaucoup d’autres changements dans notre quotidien et dans nos esprits…

A l’école anglaise :

Concernant l’intégration des enfants dans une école anglaise, je m’étais inquiétée pour rien 😉

Ticoeur était à l’aise dès les premières semaines, lisant des romans de Roald Dahl dès le mois de septembre ! Titpuce a eu besoin d’un temps plus habituel d’adaptation, comme la plupart des petits Français expatriés que nous avons rencontrés : il faut compter un trimestre d’école pour que l’enfant soit à l’aise dans sa nouvelle langue. Chaque semaine, Titpuce évoluait en compréhension mais il n’y a qu’après les vacances de Noël qu’elle s’est mise à parler et à participer en classe. Même pendant ce premier trimestre où l’anglais ne lui était pas naturel, elle aimait se rendre à l’école et dès le premier jour, elle s’est fait des copines. Tout le monde a été accueillant et tout le monde a redoublé d’efforts pour nos enfants. Pour relire mes récits des premières semaines d’école c’est par ici. A présent, Ticoeur et Titpuce parlent couramment anglais, avec un bel accent, même si bien sûr ils ont encore du vocabulaire à acquérir. Pour cette nouvelle année qui commence je vais tenter de mettre à niveau Titpuce en français car pour l’instant, elle lit bien mieux en anglais qu’en français.

Mais l’anglais était loin d’être le seul défi à relever à l’école !

Évidemment, je focalisais sur l’anglais mais pour Titpuce et Ticoeur il y a eu beaucoup de nouveautés à l’école anglaise, notamment des sports qu’ils ne connaissaient pas : rounders, hockey sur gazon, rugby, cricket et netball ! Mine de rien, ça en fait des choses à apprendre ! Ticoeur a adoré tous ces sports. Titpuce ne s’est pas encore révélée une grande fan des sports anglais ! Et puis, il y a eu le gros défi de la natation car tous leurs camarades de classe ont appris à nager en maternelle ; la natation est une priorité dans notre comté (le Hamsphire) et lorsque j’ai assisté aux compétitions à l’école, j’ai halluciné de voir tous ces petits nager le crawl à toute vitesse ! Bref, en plus des cours à l’école, Ticoeur et Titpuce ont suivi des cours particuliers le soir après l’école et aujourd’hui ils sont au niveau attendu ici et ils sont tous les deux fans de natation !

L’école en Angleterre : ils adorent !

Il y a eu tant d’autres différences avec l’école en France : les uniformes (moi je ne suis toujours pas fan d’ailleurs…), les assistantes pour chaque classe, le peu de devoirs, plus de sport dans l’emploi du temps, l’accent mis sur les efforts plutôt que sur les résultats, les assemblies chaque semaine, les récompenses régulières du travail mais aussi du comportement et les règles de vie tellement mieux communiquées et respectées. Pour tous les détails, je vous laisse relire tous mes billets hebdos répertoriés ici. Ceux qui nous suivent l’auront compris : nous adorons l’école anglaise ! Dès les premières semaines, les enfants ont déclaré ne plus vouloir retourner à l’école en France… Après, je sais qu’il ne faut pas généraliser… Que notre école à Paris était particulièrement oppressante avec pas mal de problèmes de comportements… Mais nous avons discuté avec de nombreux parents Français qui vivent en Angleterre et tous préfèrent l’école en Angleterre ; Il doit y avoir quelque chose qui fonctionne mieux tout de même… Certains Français disent qu’ils réfléchissent à rentrer en France pour le collège ou le lycée mais je n’ai pas encore creusé le pourquoi du comment.

Aussi, quelque chose qui avait traumatisé Ticoeur en France c’était le centre de loisirs. C’est fou les soucis qu’il y a eu à la cantine ou le soir après les cours. Ici, en Angleterre ce sont les enseignants qui s’occupent et veillent sur les enfants que ce soit le midi ou après l’école (sauf pour les clubs spécialisés). Lors de la pause déjeuner, les enfants ont accès à la bibliothèque ou peuvent participer à la chorale de l’école alors qu’à Paris, ils s’entre-tuaient dans la cour. Je suis désolée pour ce tableau sombre et j’espère que vous n’avez pas tous eu une expérience aussi traumatisante que Ticoeur. Je sais qu’il existe aussi de super équipes d’animateurs (Titpuce a eu plus de chance que son frère de ce côté-là). Je précise que le afterschool care et les clubs ont tout de même le défaut d’être bien plus chers que le centre de loisir en France.

***

Je reprécise que nos enfants sont dans une école privée mais que lorsque je vous parle du système scolaire anglais je parle bien de l’école en général car je discute avec d’autres familles, d’autres Français, nos voisins, des collègues ou des amis.

Mais quelles sont les particularités du privé en Angleterre ? Le coût est bien plus élevé qu’en France et le concept est différent également : les effectifs sont autour de 15 enfants par classe au lieu de 30 ; il y a des professeurs spécialisés pour de nombreuses disciplines même en primaire (ex : prof d’art, prof de sciences, prof de théâtre, coach pour chaque sport…), il y a souvent quelques pensionnaires, il y a des houses et enfin c’est souvent dans un cadre assez incroyable. Bref, c’est comme dans Harry Potter sauf qu’étrangement dans Harry Potter il semblerait que Hogwarts soit gratuit ! Vraiment un bon plan cette école de sorciers ! Je reprécise également que si vous voulez inscrire vos enfants dans une école publique anglaise, il faut s’y prendre bien en avance selon les régions et les tranches d’âge. Pour Titpuce, il n’y avait plus de place dans les écoles publiques des villages alentours (suite à ce soucis, heureusement que l’entreprise de mon mari a proposé de contribué aux frais du privé, sinon, nous aurions dû aller vraiment loin !) .

Hogwarts

Je me rends compte qu’une fois encore je m’étends sur la partie école…. C’est tout simplement le reflet de ce que nous apprécions le plus ici. Nous sommes ravis de vivre en Angleterre pour nos enfants qui ont à présent un atout linguistique de taille !

Certains Français que nous avons rencontrés ne restent QUE pour l’école (publique, je précise…) et certains viennent vivre en Angleterre uniquement pour que leurs enfants aient la chance d’apprendre l’anglais et de profiter du système scolaire… Certains ont tout lâché et sont arrivés sans travail et parfois même sans parler anglais eux-même. C’est très courageux, un peu fou, mais je comprends ces personnes et je pense que cela vaut le coup. C’est un gros atout pour nos enfants de savoir parler anglais, un atout qui vaut pas mal de sacrifices je pense. Encore une fois, je suis mal placée pour parler de gros sacrifices puisque Papa Voyage avait sa place assurée ici mais moi dans l’histoire on m’oublie un peu :-)… J’avais un très bon boulot, je gagnais mieux que Papa Voyage (je ne le dis pas pour me vanter mais parce que j’en ai marre des clichés que l’on me colle parfois : la nana qui a la belle vie car son mari doit avoir un super package d’expat ! Sauf que malgré les aides reçues par mon mari c’est très loin de compenser mon salaire ! Et puis, j’avais beaucoup de belles opportunités professionnelles qui étaient en train de se concrétiser à Paris… Ce n’est pas si simple de renoncer à ses projets et à son confort financier (le blog m’apporte certes des revenus mais pas autant que dans la finance !). Cela fait donc une bonne transition pour vous parler de ma recherche d’emploi en Angleterre.

Trouver un travail en Angleterre : plus difficile que je ne pensais :

Plusieurs choses ont rendu ma recherche d’emploi difficile :

  • Je ne vis pas à Londres : pour mon métier et mon secteur, presque tout se passe à Londres donc je voyais beaucoup d’annonces intéressantes mais bon, voilà, nous habitons à 200 km de la capitale ! L’autre avantage à Londres c’est qu’ils ont l’habitude des Français : ils en ont plein ! Donc moins besoin d’expliquer ses études, son profil…
  • Je n’ai pas de diplôme anglais : là, j’ai été déçue car on entend toujours dire que les Anglais sont ouverts d’esprit et qu’après des études littéraires on peut faire du marketing… Ok mais en finance d’entreprise ils tiennent à leur certificat de comptabilité qu’il faut absolument avoir et que je n’ai pas ! J’ai eu du mal à leur faire comprendre que j’avais appris la même chose en France et que je pouvais m’adapter à la finance anglaise puisque j’avais travaillé pour des entreprises anglaises… mais bon, j’ai fini par trouver quelques oreilles patientes à qui j’ai dû expliquer en détail ce qu’était une prépa et une école de commerce… Notre système français est vraiment trop bizarre je l’admets… Heureusement, j’ai étudié la philo à la Sorbonne et le mandarin à Dauphine, je crois que ça m’a sauvé pour cocher la case « université » à laquelle ils tenaient tant !
  • mon CV n’allait pas du tout ! Mais alors pas du tout, selon le gentil chasseur de tête qui a bien voulu s’occuper de moi et m’aider. En anglais, pour chaque expérience il faut écrire beaucoup de blabla avec de longues phrases et beaucoup d’exemples…c’est plus littéraire que la version française plus synthétique… Et puis, ne surtout pas mettre d’information personnelle telles que « mariée, deux enfants », ni son âge, … surtout pas la nationalité et pas de photo non plus.

Finalement, il a fallu du temps mais j’ai trouvé et je travaille depuis quatre mois, ce qui me fait découvrir un autre aspect de la vie en Angleterre. Il est trop tôt pour faire un bilan. Je dirais juste qu’en travaillant avec des Anglais on voit bien que ce ne sont pas des latins :-). Avec tous les avantages et inconvénients que cela implique. Mon travail est situé à 5 minutes de l’école des enfants (le rêve !) mais j’ai quand même beaucoup de déplacements à Londres à prévoir… A suivre !

Vivre dans un village :

Je précise que tout est relatif car des Français qui sont passés nous voir récemment ont trouvé que notre village était bien grand et notre coin pas si paumé. Mais pour la Parisienne que je suis, mon village est bien trop petit et bien trop loin de toute activité culturelle. Il faut dire que je sortais tant à Paris ! Je profitais des nombreux cinémas, théâtres et musées. Passer à une vie culturelle réduite à quasi zéro est difficile. Il y a bien un théâtre à Southampton qui passe parfois des grosses productions de Londres mais cela ne remplit pas mon agenda. Cela dit, je découvre des avantages à mon environnement : Je peux faire mon footing en bord de mer, voir un ciel plein d’étoiles la nuit, respirer un air sain, chanter dans la chorale du village, marcher en forêt avec les chevaux et puis dormir dans un calme absolu. Ce sont les mois d’hiver qui m’ont déprimée car sans pouvoir profiter de la nature, que faire ? Heureusement, j’avais internet, mon blog, la chorale et mon piano ! Bon ok, c’est pas si mal ! Je suis juste hyper super active ! Et puis le printemps est arrivé et nous avons profité de la saison de la voile. On adore ! Donc d’avril à fin octobre, notre coin est un petit paradis pour faire du bateau et ça c’est génial ! Donc bon, au final, on dira que je ne me suis pas trop mal adaptée à ma région à part sur la période de novembre à février où je suis régulièrement allée faire le plein de culture à Londres pour la journée. Cette année, je serai au bureau donc l’hiver devrait passer plus facilement :-).

Mon village
New Forest

Le Brexit : cette Arlésienne…

Le sujet délicat, le sujet qui divise le pays, le sujet qui n’est toujours pas résolu. Bref, après un an en Angleterre, nous sommes toujours dans le flou le plus total concernant notre avenir ici car il n’y rien de concret et rien de figé. Nous ne savons donc pas à quelle sauce nous allons être mangés. Voyons déjà ce que donne le 31 octobre prochain si jamais cette date est maintenue. Par prudence, nous faisons les démarches de pre-settlement status histoire de ne pas être mis à la porte pour Halloween ! Histoire surtout de prouver officiellement que nous étions en Angleterre avant le 31 octobre.

Et puis vivre en Angleterre c’est aussi :

Découvrir une société étonnamment très différente de la nôtre, acquérir de nouvelles références culturelles, rencontrer de nouvelles personnes, changer son rythme de vie, apprendre tous les jours, apprécier les retours ponctuels à Paris, se sentir isolé sur une île, s’adapter, se découvrir de nouveaux centres d’intérêts et puis voyager bien sûr ! Nous essayons de profiter de notre expatriation pour visiter les quatre coins du Royaume-Uni. Cette année, nous sommes allés dans le Dorset, dans le Devon, dans le Lake District, à Isle of Wight, à Brighton, aux Seven Sisters, en Ecosse, dans les Cotswolds, etc… Nos projets de voyages au UK pour l’année à venir ? Les Cornouailles en priorité et pour le reste nous improviserons grâce à notre cher campervan !

Je vous l’avais dit : nous vivons non loin de Downton Abbey mais notre maison est un peu plus petite et en briques :-).

Aussi, je vous l’ai déjà dit mais j’adore le climat que nous avons ici dans le sud de l’Angleterre ! Si, si, je vous assure, c’est vraiment agréable ! Doux et souvent ensoleillé !

photo typique anglaise mais prise à Malte 🙂

J’espère que vous continuerez de nous suivre dans nos aventures anglaises. Je vais peut-être juste réduire un peu la fréquence de publication de ces billets « notre vie en Angleterre » car beaucoup de choses ne seront plus nouvelles pour nous, ni pour vous :-). Je vous raconterai bien sûr chacune de nos escapades à la découverte du Royaume-Uni sans oublier qu’ il y aura toujours mes billets sur nos voyages en famille hors UK ! Alors, vous nous suivez ?

Notre vie en Angleterre (semaine 32) : Strawberry fields forever…

Dans notre petit coin du sud de l’Angleterre, il y a des champs de fraises partout ! Des strawberry fields… Alors, quand nous sommes arrivés ici en septembre, j’ai cru que c’était juste une manière de nommer des terrains vagues de notre campagne anglaise mais non ! Maintenant que c’est la saison, je peux vous dire que nous sommes cernés par les fraises ! Cela fait donc quelques jours que nous mangeons des fraises anglaises et elles sont bonnes ! Nous pouvons en acheter à des producteurs locaux dans tous les villages des environs… Et ça tombe bien car on adore !

Le printemps est très agréable ici entre la météo ensoleillée et la végétation luxuriante… Coincés entre la mer et la forêt, autant dire que nous respirons un air vivifiant, loin de la pollution parisienne. Je me faisais d’ailleurs la réflexion que je n’avais mis les pieds ni à Londres, ni à Paris depuis deux mois. Un record :-)…

Les news de cette nouvelle semaine en Angleterre :

  • A l’école, il y a eu une soirée jazz : Ticoeur a chanté avec sa classe une chanson de la BO de Smallfoot et moi j’ai chanté A Million Dreams (du film The Greatest Showman) avec la chorale des parents et grands-parents. Une belle soirée ! Les profs de musique de l’école sont juste extraordinaires !
  • A propos de musique, Ticoeur répète pour son examen de piano de la Royal Academy of Music. J’essaie de l’aider un peu et ça me motive à jouer plus de piano…
  • Titpuce n’arrête pas de passer les niveaux de lecture. Et parallèlement à ses progrès en anglais, elle progresse aussi dans sa lecture du français, selon sa prof de l’association française où elle va toujours le samedi matin. Par contre, elle compte mieux en anglais qu’en français… Elle bloque sur les 70 et les 90… C’est vrai que c’est bizarre ! Septante et nonante seraient plus logiques !
  • Avec Papa Voyage on s’arrache les cheveux sur la déclaration d’impôt 2018… Les joies de l’expatriation !
  • A propos de week-end, on a fait le tour des clubs de voile du coin et on en a choisi un. A chaque fois que nous disions être Français, on nous disait que nous devions donc être trop bons en voile ! Belle fierté pour notre pays ! Mais, nous n’avons pas précisé que nous étions de Paris, pas de Bretagne :-). Ticoeur fera sa première sortie en mer mardi soir avec les enfants de son niveau et Papa Voyage jeudi soir avec les adultes… Pour Titpuce et moi qui sommes débutantes, il faut d’abord que nous fassions un mini stage d’initiation avant de pouvoir rejoindre les groupes de voile (j’essaierai de faire mon stage d’initiation un jour où il n’y a pas de vent 🙂 car je vous rappelle que j’ai peur dès que le bateau tangue !)…. A suivre ! Ticoeur a potassé le livre des Glénans pendant tout le week-end et nous apprenons le vocabulaire de navigation en anglais ! On est motivé !
La marina

Belle semaine à tous ! Et je vous laisse avec John Lennon pour vous mettre dans l’ambiance de notre coin d’Angleterre...

Let me take you down, ’cause I’m going to Strawberry Fields. 
Nothing is real and nothing to get hung about. 
Strawberry Fields forever. 
Strawberry Fields forever.

Notre vie en Angleterre (semaine 30) : la rentrée et la pêche au crabe

Cette semaine, c’était la reprise à l’école, après nos belles vacances de Pâques en Crète et notre week-end dans le Dorset.

L’école en Angleterre :

  • Sport : ce trimestre, c’est le cricket qui au programme pour Ticoeur ! Et après cette première semaine de cours il est déjà totalement fan de ce sport dont je n’ai pas encore compris grand chose à part que c’était calme :-). D’ailleurs, dans leur tenue de cricket toute blanche et toute classe, on dirait plutôt que les enfants sont prêts pour une soirée blanche chez Eddie Barclay ! Hâte d’aller voir un match pour mieux comprendre cette intrigante activité 100% british ! Il paraît que certains matchs peuvent durer des jours !
  • Uniforme : pour ce trimestre d’été, les filles ont un nouvel uniforme… Une robe vichy rose et blanche qui plaît beaucoup à Titpuce ! Et s’il fait froid ? Alors, elles peuvent mettre le pull de l’uniforme d’automne-hiver. Mais pour l’instant, le soleil est de la partie !
  • Cours de théâtre : Ticoeur connaît son rôle par cœur donc il a hâte de travailler sur la mise en scène. La représentation sera fin juin. La pièce de théâtre fait écho au programme d’Histoire de ce trimestre : la Seconde Guerre Mondiale.
  • Poésie : c’est marrant car je me faisais dernièrement la remarque que par rapport à la France, il n’y a pas beaucoup de poésie dans le programme scolaire des Anglais. En France, j’ai l’impression que les enfants apprenaient au minimum une poésie par mois. Ici, depuis que nous sommes là, il n’y a eu aucune poésie à apprendre. Par contre, il y a beaucoup de chants via la chorale de l’école et le théâtre est également à l’honneur. Mais pour ce trimestre, la poésie de non-sens (nonsense poetry) est au programme pour Titpuce. C’est l’occasion pour toute la famille de découvrir des écrivains que nous ne connaissions pas et des poèmes rigolos !
  • Après les cours, comme en France, il y a étude ou activités (after school clubs) – l’équivalent de nos centres de loisirs. Ticoeur reste le lundi à l’étude et le jeudi quand il y a natation. Ce trimestre, Titpuce a choisi de faire de la gym le jeudi soir, activité qu’elle faisait à Paris depuis deux ans.

A la pêche au crabe, crabe, crabe… !

Je crois que je ne vous l’ai pas encore raconté mais dans notre coin du sud de l’Angleterre (peut-être sur les autres côtes anglaises d’ailleurs ??), la grosse activité familiale du week-end c’est la pêche aux crabes ! (crabbing). Avec les beaux jours, tout le monde s’y colle et nos enfants ont eu envie d’essayer aussi ! Nous avons donc acheté le petit matériel nécessaire et nous avons testé ce week-end. Et bien c’est trop facile, même pour des Parisiens ! En 45 minutes, nous avions déjà pêché 20 crabes ! Cela a bien amusé Ticoeur et Titpuce. Moi, j’ai juste pris le soleil assise sur le ponton en espérant qu’un crabe n’atterrisse pas sur mes genoux ! A la fin, nous les avons tous relâchés…

Flippant !


Belle semaine à vous tous !

Notre vie en Angleterre (semaine 26) : première sortie vélo pour fêter le printemps

Une petite semaine bien tranquille et fort agréable en ce début de printemps. Nous en avons profité pour réaliser notre première rando-vélo sous le soleil d’Angleterre ! Titpuce avait eu un nouveau vélo pour son anniversaire, une jolie bicyclette anglaise. Nous n’avions pas encore eu l’occasion de la tester mais cette semaine c’est chose faite ! Nous avons parcouru 20 kilomètres sur une ancienne voie de chemin de fer, à travers la campagne anglaise et le long d’une rivière.

C’était très sympa et les enfants ont assuré ! La piste est réservée aux cyclistes, aux marcheurs et aux cavaliers (le cheval c’est une grande passion dans la région !). Nous n’avons pas l’habitude de partager nos pistes cyclables avec nos amis les chevaux donc nous étions bien prudents pour ne pas les effrayer malgré les trajectoires parfois étranges de ma Titpuce :-).

Il faut dire que le vélo est encore un peu grand pour elle, donc pas simple de bien rouler en ligne droite. Évidemment, il faut conduire à gauche, mais ça on commence à avoir l’habitude !

Pour rebondir sur mon blues de la semaine dernière, je dirais qu’une bonne solution consiste à profiter de ce qu’on peut faire ici et que nous n’aurions pas pu faire à Paris, comme justement rouler en pleine nature, de villages en villages, saluant les chevaux, les poneys et les Anglais…

Les kilomètres, ça donne faim ! Les miles aussi au cas où vous auriez un doute ! L’avantage en Angleterre c’est qu’il y a toujours un pub quelque part au bord du chemin ! Nous nous sommes donc arrêtés pour déguster le fameux Sunday Roast : ici, la coutume du dimanche consiste à manger ce plat à base de viande, de sauce gravy, de légumes et d’un Yorkshire pudding (sorte de soufflé). J’aime bien cette tradition, pas tant pour la recette mais parce que j’aime cette ambiance familiale dans les pubs le dimanche.

La portion enfant du Sunday Roast

A part ça, notre jardin commence à fleurir ; nous pouvons prendre le goûter et l’apéro au soleil et dîner à nouveau dans notre véranda. Bref, les beaux jours sont arrivés ! Titpuce a même décrété qu’on se croirait en été et c’est bien vrai ! Pourvu que ça dure ! La nuit, nous profitons des étoiles… Et ça non plus, ce n’était pas possible à Paris :-).

Les autres news d’Angleterre en vrac :

  • A l’école, il y a eu la représentations de Mary Poppins qu’ont travaillé les plus grands depuis la rentrée. Le résultat était bluffant ! Les chants, la mise en scène, les décors, les costumes et surtout le jeu des enfants : c’était vraiment un spectacle de grande qualité ! Et je ne dis pas ça car je suis gaga devant les enfants ou parce que je suis en manque de culture. Non, non, dans l’absolu, c’était juste vraiment waouh ! Bravo aux maîtresses, profs d’art et de musique ! Ticoeur a de plus en plus envie de faire du théâtre ! (Résultats de son audition la semaine prochaine !).
  • Titpuce nage comme une petite sirène ! Quel contraste avec ses débuts ! Les cours de natation lui ont beaucoup apporté et à présent elle ne veut plus sortir de l’eau !
  • L’agent immobilier auprès duquel nous avons loué notre maison est venu faire son contrôle semestriel. C’est bien pour le propriétaire mais pas très agréable pour les locataires… Disons que nous ne sommes pas habitués à ce genre de visite en France. Le gros stress côté ménage et rangement ! Heureusement qu’il prévient 10 jours avant :-). En tout cas, j’ai bien ri car il n’arrêtait pas de me dire « ça va ? Vous êtes bien en Angleterre ? Vous vous sentez bien ici ? »… En fait, en voyant le peu de meubles que nous avons et les quelques cartons que je n’ai pas encore déballés, il a dû craindre que nous repartions bientôt !
  • Plus aucun doute : Theresa M. a surpassé Agatha C. dans l’art de ménager le suspens. Après tout, nous ne sommes qu’à J-5 !

Belle semaine à tous !


Mottisfont

Notre vie en Angleterre (semaine 23) : retour à l’école, Londres, le Brexit et visite de Mottisfont

Cela fait à présent 6 mois que nous vivons en Angleterre. C’est passé à une vitesse incroyable ! J’avais eu la même impression pendant notre Tour du Monde. Comme quoi, expatriation et voyage ont cela en commun d’accélérer le temps. Découvrir et s’adapter, ça occupe !

Cette semaine, c’était retour à l’école après notre semaine de vacances de février (relire mon article sur notre séjour à Amsterdam et sur notre week-end dans le Devon). Avec ce half term qui commence, les enfants ont de nouvelles choses au programme.

L’école en Angleterre

Le hockey sur gazon : pour Ticoeur, fini le rugby et pour Titpuce, fini le netball. A présent, c’est le hockey sur gazon qui est à l’honneur pour ce nouveau demi-trimestre. Ticoeur aime déjà et il a même eu un match contre une autre école cette semaine.

Ticoeur veut faire du théâtre : l’apprentissage du théâtre est une des spécificités de l’école des enfants. Un des enseignants est un vrai pro de la scène et chaque année il aide l’ensemble de l’équipe à monter trois pièces de théâtre, une pour chaque tranche d’âges. Ainsi, vous vous souvenez, Titpuce a joué au moment de Noël ; pour Pâques, les grandes classes sont en train de finaliser Mary Poppins (j’entends parfois les répétitions, c’est très prometteur !) et en juin, ce sont les Year 3 et Year 4 qui monteront sur scène. Ticoeur (qui est en Year 4) vient donc d’avoir des informations précises sur la pièce qu’ils joueront. Il s’agira d’une pièce sur la seconde Guerre Mondiale pour coller à leur programme d’Histoire : Treachery at Traitors’ Quay. Apparemment, cela raconte l’histoire d’enfants qui ont quitté Londres pour se réfugier à la campagne, dans le Devon. Pour Ticoeur, cela fait écho à l’excellent dessin animé « Les grandes Grandes vacances » (sur Netflix) qui raconte la vie de deux petits Parisiens qui sont partis vivre en Normandie chez leurs grands-parents pendant la guerre. Tout ça pour dire que le sujet n’est pas très drôle, mais Ticoeur est extrêmement motivé : il veut jouer un des rôles principaux dans la pièce. Il faisait du théâtre à Paris ; il adore ça. Il va bientôt y avoir des auditions pour la distribution des rôles. Ticoeur a décidé de s’y coller très sérieusement, alors qui sait ? Son anglais est vraiment d’un très bon niveau, il a une excellente mémoire et il aime le théâtre alors je croise les doigts pour lui et je l’aiderai à préparer son audition !

Concours de math : Ticoeur et une de ses camarades de classe ont été tous les deux sélectionnés pour participer à un concours de math régional. Ils représenteront donc l’école mardi prochain. Je me répète mais je suis trop fière de lui !!!

Londres au programme pour Titpuce : après la thématique Titanic, c’est Londres qui sera au programme pour ce half term. Titpuce a déjà visité Londres une dizaine de fois donc le sujet va bien lui parler. Pour ses devoirs du week-end, elle devait d’ailleurs écrire une petite description de ce qu’elle connaissait de Londres. Je suis ravie de voir ses progrès en anglais et son texte était mignon : pour elle, Londres c’est avant tout une ville avec beaucoup de monde, de très jolies maisons et plein de marchés ! C’est vrai que nous passons pas mal de temps à arpenter les marchés londoniens à chacune de nos visites :-). En lecture, Titpuce lit mieux en anglais qu’en français (toujours les diphtongues qui lui posent problème) mais elle progresse tranquillement dans les deux langues. Ses cours de français ont recommencé hier et elle aime toujours y aller.

Ma vie de « Desperate Housewife »

Avec la rentrée, j’ai repris mes petites habitudes locales : cours de tennis avec les mamies, tea time avec les mamans, chorale le jeudi soir, et pendant que ma puce est à son cours de français le samedi matin, je joue au tarot avec les autres parents français :-)… Tranquille, tranquille tout ça ! Trop ! Et quand même un peu de boulot heureusement…

Et puis, vendredi, j’ai passé la journée à Londres pour y retrouver Carole Nipette, une « copinaute » que je connais depuis le début de mon blog. Cela m’a fait trop plaisir de la revoir ! Nous avions rendez-vous dans le quartier de Notting Hill :

Le Brexit : l’humour anglais des uns, les excuses des autres..

Avec la date officielle du Brexit qui approche, la tension monte mais l’humour anglais est toujours au rendez-vous. Chaque jour, que ce soit à la radio ou dans les journaux, présentateurs, humoristes, célébrités ou artistes mettent un peu de piment en usant d’auto-dérision et d’humour sur une situation de plus en plus bloquée… Il y a pas mal de blagues sur l’aspect alimentaire : si les passages de douanes deviennent difficiles pendant la transition, cela pourrait causer une pénurie de produits frais donc tout le monde y va de sa remarque… Certaines mamans en souriant m’ont dit que leurs enfants n’en avaient rien à faire car ils pourraient ne manger que des beans en conserve à tous les repas ;-). Aussi, il nous restera les produits locaux : des pommes de terre, des champignons, du kale, du cheddar et de la rhubarbe… Et comme les enfants du village, nous irons à la pêche au crabe le week-end ! Oh, ben ça me va moi ! Je ne risque pas d’ouvrir une conserve de leurs beans ! Et puis, j’ai acheté des pots de crème de marrons quand nous sommes passés à Calais la semaine dernière en rentrant d’Amsterdam donc nous avons de quoi tenir des semaines ;-). Non, je sais, le sujet est sérieux… mais l’humour anglais est contagieux et permet de lutter un peu contre les tensions grandissantes… Enfin, il y a des Anglais qui s’excusent, c’est mignon aussi… Cette manie de s’excuser pour tout. « We are so sorry » me disent certains parents… mais bon, je les rassure : c’est partout le bordel ; cela prend des formes différentes dans chaque pays mais finalement, les problèmes de fond sont sans doute similaires, et si nous avions eu un référendum en France, ne serions-nous pas dans la même situation?

A part sur le ton de l’humour, les sujets politiques sont clairement évités et c’est tant mieux. Jeudi, à la chorale, il y a quand même une mamie à ma droite qui m’a dit « I wish we can stay at the same table » et ma voisine de gauche, avec un regard extrêmement surpris lui a dit en chuchotant : « are you talking about Brexit here?? » et ensuite, à voix basses, elles m’ont toutes les deux dit qu’il ne fallait pas trop en parler ici car la plupart des membres de la chorale sont certainement des Brexiters (dans mon coin, et étant donné l’âge moyen de la chorale, ce ne serait pas étonnant) mais j’ai trouvé amusant d’avoir à ma gauche et à ma droite les potentielles seules mamies « Remainers » de la chorale, comme des gardes du corps de l’Europe :-)… Cela dit, je vous rassure : aucune animosité, aucune remarque désagréable de la part de qui que ce soit et c’est bien l’essentiel. Chacun ses opinions, du moment que tout le monde reste tolérant, aimable et accueillant. Sur ce point, c’était une de mes craintes au moment de notre expatriation mais après six mois, je peux dire que tout le monde est adorable avec nous. Pourvu que ça dure !

Découverte des environs : visite de Mottisfont

Ce week-end, nous sommes restés dans notre Hampshire et à une heure de chez nous, nous sommes allés visiter Mottisfont : une demeure qui était autrefois une abbaye avant d’être transformée en habitation privée par la famille Russell. La visite des bâtiments est intéressante : on y découvre les sous-sols médiévaux, les salles de bain, les chambres des servantes et les pièces à vivre de la famille. De plus, en ce moment, il y a une exposition du célèbre dessinateur anglais Norman Thelwell (1923 – 2004). Je dis « célèbre » car il l’est ici mais nous, nous ne le connaissions absolument pas. C’est ce que je trouve intéressant dans le fait de vivre à l’étranger : on découvre une autre culture, d’autres référentiels. Nous avons beaucoup aimé la qualité et l’humour des dessins de Thelwell et Titpuce a adoré ses aquarelles de petites filles qui font du poney :

Aquarelle de Norman Thelwell
Mottisfont

Belle semaine à tous !