Mes 10 séries anglaises préférées… et les autres !

Je sais, cela fait déjà pas mal de temps que je vous ai promis une liste de ressources en anglais pour vous aider à entretenir la langue de Shakespeare et j’ai pris beaucoup de retard car vous savez quoi ? J’ai trop de choses à vous recommander ! Alors, j’ai décidé de découper mes coups de cœur anglais en trois parties : séries, films et livres. J’avais déjà partagé avec vous nos idées lecture d’auteurs anglais pour les enfants. Il est temps que je m’occupe des parents !

Voici donc les séries anglaises que je vous recommande afin de découvrir l’Angleterre, son Histoire, ses paysages et pratiquer votre anglais bien sûr ! Car plus vos oreilles entendront la langue, plus vous progresserez ! Donc bien évidemment, il s’agit de regarder ces séries en VO. Si vous le pouvez, le mieux est de rajouter les sous-titres en anglais mais si votre niveau ne vous le permet pas encore, alors OK pour les sous-titres en français. Seule la version doublée est strictement interdite :-)…

Downton Abbey (de Julian Fellows) : entre la beauté de la langue parlée par les acteurs, l’architecture de la demeure, les manières, les paysages et la lumière, cette série est un vrai plaisir à regarder… Bien sûr, cela ne reflète pas la réalité du pays mais une Angleterre aristocrate. Néanmoins, les attitudes, les comportements et les intrigues ont quelque chose de très british que ce soit au sein de la famille Crawley qu’au sein de leurs domestiques. J’adore la grand-mère (Lady Violet) jouée par l’excellente Maggie Smith : elle trouve toujours la réplique parfaite ! Au fil des saisons, je ne me suis jamais lassée de suivre cette famille au fil du temps, à partir du jour où le Titanic a fait naufrage en 1912, jusqu’au 1er janvier 1926. Un petit bémol ? Je n’aime pas le jeu de l’actrice qui tient le rôle de Lady Cora Crawley (la mère) car elle utilise toujours les mêmes postures et les mêmes expressions de visage (au bout de quelques épisodes cela devient un jeu bien monotone, peut-être pour coller au personnage le moins intéressant de la famille ?). Pour la petite histoire, nous n’habitons pas loin du château de Downton Abbey qui se nomme château de Highclere et qui n’est pas du tout dans le Yorkshire comme dit dans la série mais dans le Hampshire où nous vivons. En m’y prenant longtemps à l’avance j’avais obtenu des billets pour le visiter mais nos réservations ont déjà été décalées deux fois à cause du covid… Pour l’instant, nous l’avons donc vu de l’extérieur mais un jour je vous montrerai l’intérieur ! 6 saisons et 52 épisodes (sur Netflix et Amazon).

 

The Crown (de Peter Morgan) : série qui raconte la vie romancée de Queen Elizabeth II à partir de son accès au trône. Là encore, c’est un plaisir d’écouter les acteurs parler un anglais parfait. De plus, même si tout n’est pas fidèle à la réalité, c’est tout de même un bon résumé des principaux événements qui ont marqué la vie du pays depuis l’après-guerre. Je trouve l’aspect historique très intéressant mais aussi toute l’incursion dans les subtilités des règles suivies par la famille royale. Des règles qui laissent peu de place à l’humain. J’ai une prédilection pour la première saison car on y découvre une Elisabeth pas encore endurcie, touchante même, et l’on apprend en même temps qu’elle les enjeux et contraintes de ce rôle si particulier. Ses dialogues avec Winston Churchill sont captivants. Les saisons suivantes m’ont plu également, même la dernière qui touche au sujet controversé de la vie de Lady D. Il ne faut juste pas oublier que ce n’est qu’une série, pas nécessairement la vérité. De toute façon, comme dans la vraie vie, il y a autant de vérités que de points de vue et de personnes… J’imagine qu’il y aura d’autres saisons car Queen Elizabeth a une longue vie ! Dire qu’elle fêtera ses 70 ans de règne en 2022 ! 4 saisons et 60 épisodes (sur Netflix).

Call the Midwife (de Heidi Thomas) : cette série s’inspire des mémoires de Jennifer Worth, une sage-femme qui exerçait dans les quartiers populaires de l’est londonien à la fin des années 50. Chaque épisode permet de découvrir les terribles conditions de vie dans ce quartier pauvre de Londres. Socialement c’est très intéressant. Un côté Charles Dickens je dirais. On y parle d’ailleurs régulièrement du passé des habitants dans les workhouses (maisons de travail). La série permet aussi d’avoir un bon aperçu des maladies encore très répandues il y a seulement 60 ans ! Cela a le mérite de nous faire réaliser à quels points les progrès ont été incroyables ces dernières années. A part ce contexte médico-social, il y a beaucoup d’accouchements dans cette série ! Au bout d’un moment on est en overdose. Donc je conseille de la regarder de temps en temps, sans enchaîner les épisodes qui finalement sont assez indépendants. Le fil conducteur c’est la vie de ces sages-femmes et religieuses qui travaillent ensemble : on y suit les croyances des unes, les amours des autres et l’amitié inconditionnelle entre elles toutes. Le meilleure rôle selon moi c’est Chummy (rôle joué par l’excellente Miranda Hart) : une grande femme maladroite au cœur encore plus grand qu’elle ! Son accent est superbe et j’adore son humour ! 9 saisons – 73 épisodes (sur Netflix).

Poldark (de Debbie Horsfield) : un peu de romanesque ça ne fait pas de mal de temps en temps ! Surtout quand l’acteur anglais principal ressemble plutôt à un bel italien :-). L’histoire raconte les aventures de la famille Poldark, une famille d’aristocrates qui exploitent les mines de cuivre en Cornouailles à la fin du 18iè siècle mais dont les affaires vont plutôt mal au moment où la série commence. Les acteurs jouent tous très bien et les prises de vue en bord de mer dans cette magnifique région du bout de l’Angleterre rajoute au charme de l’intrigue. Sur un fond de rivalité entre Ross Poldark, humain et proche des mineurs qu’il emploie et George Warleggan, le banquier sans moral (je sais, c’est un euphémisme :-)) c’est avant tout une histoire d’amour qui occupe le devant de la scène… Ou devrais-je plutôt parler de « triangle amoureux » entre Ross, Elizabeth (son amour d’enfance) et Demelza, la jolie rousse qu’il prend sous son aile… Pour la petite histoire, vous savez que nous avons voyagé en Cornouailles l’été dernier. Je n’avais pas encore vu la série au moment de notre roadtrip mais, après coup, je me suis rendue compte que nous étions passés devant les principaux lieux de tournage. Sur la côte, nous avons également pu apercevoir les vestiges, ruines ou débris des anciennes mines. 5 saisons et 43 épisodes (sur Netflix).

The English game (de Julian Fellowes, Tony Charles et Oliver Cotton) : cela va étonner tous ceux qui savent que je déteste le foot et pourtant j’ai beaucoup aimé cette série dont c’est le sujet principal ! Pourquoi ? Parce qu’une fois encore c’est l’aspect historique et social qui m’a captivée. Cette série raconte comment le football professionnel est passé d’un jeu réservé à l’élite anglaise à un sport qui s’est ouvert à tous les milieux. Mais la bataille sociale n’a pas été simple… L’élite ne souhaitant pas perdre ses privilèges et craignant la perte d’image de ce sport si « noble » ; tandis que pour les classes défavorisées c’était justement l’occasion de monter sur un pied d’égalité, de prouver de quoi ils étaient capables, d’obtenir une certaine reconnaissance… Bref, une manière de faire entendre leur voix. Une lutte sociale dans le pays, dans les usines et donc également sur les terrains de foot quand le club de la prestigieuse école de Eton à Londres se retrouve à jouer contre la classe ouvrière. Quand on sait à quel point ce sport est aujourd’hui ancrée dans la culture du pays à tous les étages de la société, the English Game montre la genèse de cette démocratisation et nous immisce au cœur de la working class dans les années 1870. Mini série de 6 épisodes (sur Netflix).

Happy Valley (de Sally Wainwright) dans l’ouest du Yorkshire avec l’excellente Sarah Lancashire dans le rôle de Catherine Cawood, agent de police dédiée nuit et jour à son métier pour traquer les criminels de sa vallée que les difficultés sociales et le trafic de drogue ont transformé en un excellent terroir pour de sombres personnages. Par son travail, elle tente clairement de noyer ses propres soucis et drames familiaux. Un côté Fargo dans la manière de filmer, dans l’ambiance et dans le profil de Catherine mais le style de cette série est clairement anglais. D’ailleurs, les accents sont typiques du Yorkshire et bien dépaysants. J’ai particulièrement aimé les scènes tournées dans l’intimité de l’héroïne, notamment les dialogues sincères et justes entre elle et sa sœur, personnage qui semble un peu paumée mais qui finalement me semble une vraie bouée de sauvetage pour Catherine et son fils. Je précise que ce thriller policier ne donne pas du tout le moral et nous plonge dans les aspects les plus sombres de la société donc je dirais que ce n’est pas une série pour se changer les idées pendant un confinement (je l’ai vu bien avant). 2 saisons – 12 épisodes (sur Netflix). PS : je vous rassure, il existe aussi de très jolis coins bien tranquilles dans le Yorkshire.

Broadchurch de Chris Chibnall : c’est la plus ancienne des séries que je vous présente aujourd’hui. Elle date de 2013 et elle m’avait beaucoup marquée à l’époque pour l’ambiance mystérieuse qu’il y règne. Un petit côté Twin Peaks par moment je trouve. La première saison raconte l’enquête policière autour du meurtre d’un enfant que l’on voit tomber des fameuses falaises de la côte jurassique anglaise. La caméra, les falaises et l’intrigue se lient sournoisement pour nous donner le vertige ! Comme dans tout bon policier, on soupçonne un peu tout le monde, tour à tour, au fil des épisodes ; et les personnes qui vivent dans le village en font autant, jugeant leurs voisins sur la base de préjugés ou d’interprétations douteuses. Le fonctionnement à huis clos de cette communauté finalement pas si soudée est remarquablement illustré au fil de l’histoire. C’est d’ailleurs cette mécanique humaine entre les habitants, ainsi que l’atmosphère et la tension du scenario qui m’ont plu, plutôt que le dénouement (la saison 2 se concentre sur le procès tandis que la saison 3 se passe quelques années plus tard…). Quant à ces magnifiques falaises, elles se trouvent à West Bay. Nous sommes allés les voir lors de notre grand week-end dans le Dorset. Encore un endroit de rêve qu’il faudra que vous veniez découvrir dans le sud de l’Angleterre ! 3 saisons – 24 épisodes.

The end of the F***ing world (de Charlie Covell) : James et Alyssa sont deux adolescents déboussolés dont les émotions semblent avoir quitté leur existence à force de baigner dans de douloureux climats familiaux. Deux adolescents au vocabulaire si pauvre que bonne nouvelle, vous devriez réussir à suivre tous les dialogues où F*** est le mot central de la plupart des phrases ! (Shakespeare doit se retourner dans sa tombe !). Les deux anti-héros partent sur les routes et c’est alors que commence un roadtrip aux faux airs de Bonnie and Clyde (saison 1) ou de Twin Peaks (saison 2), dans une sombre ambiance de thriller social britannique avec une esthétique visuelle et musicale qui nous plonge dans un espace-temps assez indéfini. James se pense psychopathe mais le destin va montrer à nos deux oubliés de la société à quoi ressemble un véritable psychopathe. Au fil des dialogues laconiques, au fil des images minimalistes teintées d’une ambiance de fin du monde, je me suis attachée à ces deux jeunes à la dérive et je trouve que la série aborde avec plus de sérieux qu’il n’y paraît des sujets sensibles comme la confiance en soi, la construction de la personnalité et surtout les ravages que peuvent avoir sur un enfant (car oui, finalement ils ne sont encore que des enfants qui n’ont pas eu d’enfance) le manque de repères et surtout le manque d’amour des parents. Les deux acteurs sont excellents car avec peu de mots, ils savent nous exprimer leur désespoir à travers leurs mouvements maladroits, leurs regards vides et parfois leurs lueurs d’espoir. Dans la seconde saison, nos deux Anglais arrivent au Pays de Galles où vous pourrez apprécier la beauté des forêts. J’ai moins aimé l’intrigue de cette deuxième saison mais entre les décors et le dénouement final de l’histoire je trouve qu’elle valait le coup. 2 saisons – 16 épisodes (sur Netflix).

Sex Education (de Laurie Nunn) : voici une série dont j’ai détesté le premier épisode mais je suis ravie d’avoir continué car dès le deuxième épisode j’ai accroché et j’ai globalement trouvé que cette série allait crescendo avec des acteurs vraiment très doués et hauts en couleurs. Donc, au début, on peut avoir l’impression d’un show un peu grotesque à l’humour plutôt lourd mais très vite on se rend compte que les personnages s’étoffent et que ce qui ressemblait à des tranches de vie un peu fantaisistes de lycéens à l’âge bien bête raconte finalement des histoires bien plus touchantes en abordant de vrais sujets et problèmes relationnels. La série est donc une comédie certes exagérée mais sincère et sensible. Le héros, Otis est un ado particulièrement touchant dont on apprécie la douceur et la sensibilité face aux problèmes de ses camarades de classe. Pour lui, il n’est pas simple d’être le fils d’une sexologue mais il va tourner la chose à son avantage. Sa mère (l’excellente Gillian Anderson) illumine la série dans son rôle de « femme libérée » si confiante en elle dans sa maison (quelle maison !!!) où elle règne telle une menthe religieuse en quête de sa prochaine proie. Mon coup de cœur ? C’est l’actrice Emma Mackey qui joue le rôle de Maeva, la meilleure amie et/ou associée d’Otis au lycée dont on découvre peu à peu le passé. En plus vous savez quoi ? Elle est franco-britannique, originaire du Mans. Un bémol concernant la série ? Son américanisation artificielle. Les épisodes ont été tournés au Pays de Galles (dans une sublime vallée verdoyante) avec des acteurs britanniques qui ont un fort accent anglais mais l’école ressemble plutôt à une High School américaine et les lycéens ont un look vestimentaire des US. L’humour et les dialogues sont parfois plus américains qu’anglais je trouve. Un peu déroutant parfois mais il paraît que c’est voulu car la confusion géographique sert l’universalité des sujets abordés… Maybe… En tout cas, j’espère que personne n’aura l’idée d’aller aux US pour voir les magnifiques paysages filmés dans la série :-).

Fleabag : un peu d’humour, même caustique, ça fait du bien. A l’origine Fleabag est un one-woman show de la comédienne Phoebe Waller Bridge. Suite au succès de son spectacle à Londres, elle a créé la série du même nom. Dans chaque épisode, Phoebe interrompt chaque scène pour nous parler à nous, les spectateurs, et nous débriefer de ce qu’elle pense réellement. Là est toute l’originalité de ce show : nous pouvons suivre les confidences intimes de cette grande célibataire dont nous partageons les rencontres d’un soir, les relations foireuses et les moments en famille. Les monologues de Phoebe sont souvent drôles et décalés. Une comédienne qui nous change les idées ! Et pour le coup, je préfère la série que le one-woman show que j’étais allée voir l’an dernier. 2 saisons – 12 épisodes (sur Amazon Prime)

Et les autres séries anglaises ?

Mention spéciale pour :

Black Mirror (de Charlie Brooker) : Je n’ai pas mis Black Mirror dans ma sélection car même s’il s’agit d’une création anglaise de grande qualité, c’est avant tout de la science fiction qui n’a pas forcément un ancrage géographique et dont le but principal est de nous faire réfléchir sur les technologies d’aujourd’hui, de demain, à leurs limites et à leurs dérives potentielles. A noter tout de même que les premiers épisodes, qui ne sont pas nécessairement ceux qui ont eu le plus gros succès étaient clairement plus anglais. Puis, la série est passée chez Netflix et les décors sont devenus bien plus américains, même si finalement le lieu n’a pas vraiment d’importance. Citons tout de même un épisode très anglais : « The National Anthem » (épisode 1 de la saison 1) qui nous parle du Premier Ministre et de l’horrible mission qu’il doit accomplir pour aider la famille royale… Une série dérangeante que je n’ai réussi à regarder qu’au compte goutte car chaque épisode me traumatise pendant des semaines ! Finalement, c’est peut-être la noirceur du miroir dans lequel il nous est donné de contempler notre avenir qui a quelque chose de résolument britannique… (sur Netflix).

Ted Lasso (de Bill Lawrence, Jason Sudeikis, Brendan Hunt et Joe Kelly) : il s’agit d’une série américaine mais elle se déroule en Angleterre et nous parle avec humour des différences culturelles entre les US et le UK. L’histoire : Ted Lasso, coach de foot américain est embauché par le club de foot (« vrai » foot :-)) de Richmond, au sud de Londres pour gérer une équipe incompétente alors qu’il ne connaît même pas ce sport ! De nombreux acteurs sont anglais donc on jongle avec plaisir entre la langue version américaine et la version anglaise. C’est très cliché et pas toujours bien fin mais vraiment ça donne le sourire et il y a du vrai dans cette comparaison culturelle. Au fil des épisodes, on s’attache à Ted, à son adorable optimisme et à son énergie pleine de bonnes intentions. Oui, c’est un peu naïf et caricatural mais si plus de managers lui ressemblaient, il y aurait un meilleur esprit dans pas mal d’équipes ! Les bons sentiments à l’américaine quoi ! Comme j’ai vécu dans les deux pays, c’était particulièrement parlant pour moi. Ted n’était pas sans me rappeler les deux adorables managers pour lesquels j’avais travaillé aux US. Bref, on passe un bon moment, ce qui n’est pas négligeable dernièrement ! 1 saison – 10 épisodes. Sans doute une suite (sur Apple TV).

 

J’ai testé et je n’ai pas accroché :

J’ai testé et je n’ai pas accroché avec ces autres séries anglaises dont je n’ai vu qu’un épisode (si je dois insister, n’hésitez pas à me convaincre en commentaires) : Peaky Blinders, Sherlock Holmes, Bodyguard, Agata Raisin, The Tudors, Line of duty,… Aussi, j’ai vu la série Killing Eve en entier (ça se laisse bien regarder quand même car les deux actrices principales sont tops !) mais cela m’a laissée perplexe et je n’ai pas du tout aimé la fin. Enfin, récemment, j’ai suivi la saison 1 de The Fall (un thriller policier d’Allan Cubitt) mais je n’ai pas été convaincue malgré la présence de l’excellente Gillian Anderson.

A tester prochainement ?

Parmi les séries anglaises actuelles ou récentes, je ne connais pas encore : Luther, Doctor Foster, Marcella, Safe, After Life, Jane Eyre, Detectorist, Miranda, Top Boy, Misfits, The Tunnel, All Creatures Great and Small, Years and years, Utopia (version 2013)… En conseillez-vous dans le lot ?

Les séries anglaises plus anciennes :

Et je ne connais pas les séries plus anciennes car n’ayant jamais eu de télé (à part l’année où je vivais aux US), je n’ai regardé, par le passé, que très peu de séries. C’est depuis nos abonnements à des plateformes que nous découvrons davantage de séries (que nous visionnons sur ordinateur). Parmi les séries plus anciennes, je ne connais donc pas Coupling (copie anglaise de Friends), Absolutely Fabulous, Pride and Prejudice (version séries de 1995), les nombreux épisodes de Hercule Poirot (de 1989 à 2013), ni les grandes séries fleuves comme East Enders (7 832 épisodes) ou Coronation Street (10 139 épisodes !). Des conseils de rattrapage obligatoire ?

D’ailleurs, en série culte des années 70, il y a le célèbre Monty Python’s Flying Circus que « Papa Voyage » adore et moi pas du tout mais au cas où il lirait mon article, il m’en voudrait de ne pas avoir mentionné cette référence incontournable de l’humour anglais ! Or vous savez comme la paix des ménages est précieuse en ces temps de confinement :-).

Séries anglaises pour les enfants :

Pour les plus jeunes, il y a Peppa Pig ou encore Ben & Holly’s Little Kingdom qui sont deux séries bien gentilles, dans un anglais parfait. Donc n’hésitez pas, de temps à autre, à faire écouter ces dessins animés très courts (5 minutes) à vos futurs petits bilingues ! Pour apprendre l’anglais, plus on commence tôt, plus c’est facile ! (sur Netflix).

Pour les enfants plus grands, justement pour Ticoeur et Titpuce, je trouve hélas qu’il n’y a pas d’offre intéressante en terme de séries anglaises. Citons tout de même Horrible Histories qui est populaire ici et qui, comme dit Ticoeur, a au moins le mérite de leur apprendre un peu d’histoire britannique même si la réalisation n’est pas de notre goût… (sur Netflix).

Et vous ? Quelles sont vos séries anglaises préférées ?

Notre vie en Angleterre #85 : l’école à distance again !

Comme vous le savez, l’Angleterre est à nouveau en confinement national depuis une semaine, donc moi qui vous racontais l’autre jour en plaisantant que nous sortirions de notre quarantaine juste à temps pour le confinement, c’est exactement ce qui s’est passé ! Que j’aurais aimé avoir tort ! Hélas, comme la plupart des femmes, cela ne m’arrive jamais :-). Et voyez-vous, même quand on voit les choses venir, on a quand même du mal à les avaler ! Entre une désagréable impression de déjà vu et un nouveau grand bain d’incertitude, le moral n’est pas au rendez-vous. Surtout que tonton Boris nous a également fait une sacrée plaisanterie : le dimanche avant la rentrée, il a prié tous les parents d’envoyer les enfants à l’école, car c’était suffisamment safe pour eux et qu’il ne fallait surtout pas les priver d’école même en cas de confinement et malgré une situation sanitaire catastrophique. Donc les enfants de nombreux comtés sont allés à l’école le lundi tout ça pour entendre l’annonce de Bobo le soir-même, nous expliquant que finalement les écoles fermaient ! Chez nous, il n’y avait pas école le lundi car c’était un jour de formation des enseignants. Autant vous dire que ce n’est pas tant la décision de fermer les écoles qui a été mal reçue dans le pays mais l’ascenseur émotionnel créé par tonton Bobo dont l’humour n’a décidément rien d’anglais ! (Cela dit, qu’il n’hésite surtout pas à nous annoncer que le Brexit n’était qu’une blague et que nous retournons illico presto dans l’Union Européenne !). Je clos ici le chapitre de la grande comédie politique et je vous raconte l’incroyable réactivité de notre école. Je vous avais déjà expliqué, lors du premier confinement (relire l’article ici) comme se passait l’école à distance pour Ticoeur et Titpuce. Nous ne sommes vraiment pas à plaindre. Bien au contraire ! Je suis en grande admiration devant le travail et l’énergie de l’équipe enseignante. Je leur suis infiniment reconnaissante. Ils avaient déjà assuré l’an dernier mais cette fois-ci ils ont réussi à faire encore plus fort !

L’école à distance pour Ticoeur et Titpuce :

Quelle réactivité ! Après l’annonce du grand blagueur à 20h le lundi, nous avons reçu un mail du directeur à 22h30 nous indiquant que toute l’équipe allait prendre la journée du mardi pour établir un plan et mettre en place l’épisode 2 de l’école à distance. Il convoque alors tous les parents et enfants à une grande web-conférence le lendemain à 18h.

Quelle communication ! Donc le mardi à 18h nous sommes environ 200 familles connectées en live avec le directeur qui nous redonne une démo de l’outil utilisé pour l’enseignement à distance. Il s’agit, comme la première fois de Google Classroom et Google Meet. Tous les parents écoutent religieusement, avec parfois, comme nous, un petit verre à la main. On ne pensait pas retomber là-dedans (je parle de l’école à distance, pas de notre alcoolisme :-)…)

L’humour anglais : pendant l’Assembly du mercredi matin, le directeur est apparu sur les écrans avec une perruque bleue complètement loufouque et a réussi à décrocher pas mal de rires et sourires… Puis, laissant tomber sa perruque, il a fait un joli discours sur la résilience. Pendant les cours de sport, la prof avait des oreilles de rennes sur la tête ! Vraiment, ce n’est pas grand chose mais ces petites touches d’humour, même insignifiantes c’est du baume au cœur… Si vous êtes prof, n’hésitez pas à tenter l’expérience devant votre classe virtuelle !

S’adapter encore et toujours : La maîtresse de Ticoeur propose une séance de yoga les vendredis matins pour tous les enfants de l’école et même pour les parents qui n’hésitent pas à se joindre à ce moment de zénitude ! En tout cas moi j’ai effectivement suivi la session avec les enfants ! A propos de parents qui suivent les cours, il y a un papa qui a décidé d’écouter toutes les leçons de français pour tenter d’apprendre la langue ! Un futur pote peut-être ! Pour le reste des cours, je vous avais déjà décrit comment cela se passe : les enfants sont en direct avec leur enseignant en vidéo. Ils peuvent également voir leurs camarades de classe avec la vue en mosaïque. Par contre, le travail ne se fait pas sur l’ordinateur mais dans leurs cahiers papier. A la fin de chaque leçon, ils envoient des photos de ce qu’ils ont écrit afin que les maîtresses puissent les corriger. Côté sport, il y avait hockey au programme pour Ticoeur et tennis pour Titpuce. Étrangement, ce programme a été maintenu ce qui donne lieu à des situations plutôt comiques chez les uns et les autres. Surtout quand on sait que quasi tous les Anglais ont un chien : leurs petits amis à poils deviennent fous pendant ces entraînements sportifs à travers les salons des uns et des autres ! Bref, c’est lunaire mais là encore ça a le mérite de nous faire rire !

L’école à distance pour combien de temps ? Pour l’instant, il y a école à distance pour six semaines, jusqu’aux vacances de février. J’espère vraiment que ce ne sera « que » six semaines car nous savons de la dernière fois que cette vie virtuelle est vraiment psychologiquement pesante à la longue 🙁

La mer, la mer et encore la mer !

Heureusement, la mer est toujours là pour nous ! La petite différence c’est que tous les petits chemins qui y mènent sont actuellement extrêmement boueux ! Cela rend nos balades assez épiques !

Mais on ne va évidemment pas s’arrêter à cet obstacle so british! car voir la mer n’a pas de prix !

A cause de toute cette boue, je ne peux d’ailleurs plus courir donc pour remplacer mes séances de footing, je suis en train de réfléchir à me lancer dans la nage hivernale. On peut régulièrement apercevoir un nageur courageux (voir le petit point noir sur la photo ci-dessous). J’étudie la question. Un jour ce sera peut-être moi ! La température de l’eau est actuellement de 9 degrés. A suivre !

 

A propos de la mer, nous avons eu la surprise de recevoir un trophée pour Ticoeur qui a gagné le prix du Most improved sailor au club de voile. Comme quoi ! Un jour, grâce à Ticoeur nous pourrons peut-être nous évader vers la France à bord d’un Optimist ! On peut toujours rêver ! En attendant, optimistes nous allons rester car tout le reste serait bien trop ennuyeux !

 

 

Merci d’avoir été là en 2020

Je fais toujours un petit bilan voyages en fin d’année. Alors forcément, 2020 n’est pas l’année idéale pour ce genre d’exercice mais primo, il y a quand même eu quelques voyages et découvertes, surtout en Angleterre où nous vivons ; secundo, je souhaite vous passer un message qui ne concerne pas nos voyages mais VOUS, mes chères lectrices et lecteurs (si, si ! Je sais que vous êtes là les gars, au fond de la classe !). Je souhaite vous remercier, sincèrement et chaleureusement : merci ! Merci d’avoir été là en 2020. Et ce n’est pas rien !

Vous vous imaginez bien que tenir un blog voyages pendant une pandémie, ce n’est pas l’activité la plus porteuse. Mes « collègues » de la blogosphère voyage ont souvent subi des baisses de trafic d’environ 70% par rapport à 2019 ! Ici, je n’ai eu que 20% de trafic en moins car oui, j’ai certes dû perdre des âmes errantes qui atterrissaient ici par hasard en recherchant une destination sur Google mais j’ai gardé les meilleurs, le cœur de mon lectorat : VOUS qui nous suivez régulièrement, parfois depuis longtemps, qui avez peut-être même l’impression de commencer à nous connaître. Évidemment, avec près de 700 000 visiteurs, dont pas mal de timides, moi j’ai surtout l’impression de connaître celles qui commentent souvent mes articles (oui « celles » car je n’ai pas souvenir d’avoir reçu un commentaire d’un homme en 2020 !). Dans tous les cas, je suis très touchée que vous soyez venus me lire ici malgré une année où j’ai eu beaucoup moins de voyages à partager avec vous… Cela fait du bien de savoir que ce qu’on écrit est lu… Il est vrai que notre vie en Angleterre est un dépaysement en soi. Un dépaysement pour nous et donc peut-être pour vous ?

Ce sont donc sans surprise mes billets quasi hebdo sur notre quotidien en Angleterre qui ont constitué l’essentiel du trafic sur le blog tout au long de l’année (ils sont tous répertoriés ici par ordre chronologique). En plus de cette constante anglaise, il y a eu un pic de trafic cet été sur les destinations françaises que nous connaissons le plus, sur nos expériences du voyage en campervan et sur nos road trips à vélo.

Les années précédentes, je participais également à deux ou trois voyages de presse ou blogtrips. Étonnamment, j’ai reçu pas mal d’invitations cette année (comme quoi !) mais je n’ai pu en honorer aucune car elles étaient toutes en France ! Or, si vous me suivez, vous savez que le plus compliqué pour nous en 2020 était la difficulté pour nous rendre en France ! Entre le confinement qui a duré plus longtemps en Angleterre et la mise en place en août d’une quarantaine de 14 jours pour les personnes rentrant de France, c’était complexe ! D’ailleurs, ce n’est pas le fait de moins voyager, ni le fait d’avoir voyagé moins loin qui m’a pesé l’an dernier (toutes les destinations sont intéressantes et nous avons finalement, relativement pas mal bougé !) mais le fait que mon propre pays ait été (et continue d’être) l’un des plus inaccessibles. Nous pouvions aller ailleurs en Europe mais pas en France… Oui, c’était cela le plus dur. Jamais je n’ai autant eu l’impression d’être expatriée.

Mais revenons sur le positif et nos escapades 2020 qui sont venues ponctuer cette année « inoubliable » :

En février, avant que la pandémie ne s’empare de notre continent, nous sommes retournés à Naples pour une semaine en famille. Une ville si vibrante, si italienne, si pleine de vie ! A la fin de notre séjour, nous avons entendu ce qu’il se passait dans le nord du pays. L’alarme a retenti et résonné depuis la place St Marc et le Vésuve a semblé bien inoffensif à côté…

Pendant le confinement, nous avons usé nos baskets sur les mêmes chemins, encore et encore… Avec une chance inouïe : ici, tous les sentiers, qu’ils traversent la forêt ou suivent les rivières, nous mènent à la mer !

Bref, comme tout le monde, nous connaissons notre coin comme notre poche ! Notre gros voyage de l’année, prévu pour avril a bien sûr été annulé. C’était un voyage au Kenya où nous devions rendre visite à des amis qui y vivaient. Ils sont rentrés en Belgique depuis donc je ne sais pas ce que nous ferons de notre avoir dans le futur… Nous irons au Kenya ou ailleurs… pourquoi pas à Bruxelles pour commencer ! Nous n’avons jamais eu d’idées très arrêtées sur le choix des destinations…

Après le confinement, nous avons pu quitter notre coin et nous aventurer un peu plus loin, toujours en Angleterre. Je sais d’après vos retours que vous avez adoré notre road trip en Cornouilles.

 

En route vers ce magnifique comté, j’avais également eu un énorme coup de cœur pour le Dartmoor National Park, peu connu des touristes. Un enchantement pour les amoureux de la nature et les randonneurs.

dartmoor

A partir de l’été, nous avons fait beaucoup de voile. C’était un superbe sentiment de liberté. Et la liberté était devenue encore plus précieuse en 2020 !

Il y a également eu de belles retrouvailles avec des amis qui sont venus nous rendre visite en Angleterre, ma belle-famille, et aussi quelques personnes de ma famille. J’ai revu trois fois Stonehenge :-)…

Toujours en été, nous avons passé une semaine de randonnée dans le Val d’Aoste en Italie.

Enfin, à la Toussaint, à la toute dernière minute, nous avons profité de ce qu’ils appellent ici un « travel corridor » pour passer une semaine sur les îles d’Ulysse (Ithaque et Céphalonie… Un jour j’écrirai un article…). Nous y étions comme dans un rêve.

A cette période, notre petit coin d’Angleterre était si safe, le plus sûr du pays même…

Et puis vous connaissez les rebondissements de fin décembre : la nouvelle variante, la situation exponentiellement à la dérive et la décision hier soir d’un nouveau vrai confinement national avec fermeture des écoles (je vous en parlerai davantage dans mon prochain article sur notre vie en Angleterre) car je ne veux pas gâcher ce billet qui se veut plus optimiste.

Je souhaite donc rester sur une note positive : vous redire que pour nous le choix de la destination n’a jamais été un point très important depuis que nous voyageons et heureusement, surtout en 2020. L’essentiel, c’est d’être ensemble avec les yeux grands ouverts sur le Monde, de vivre chaque moment de sa vie comme un voyage, d’apprécier les petites comme les grandes escapades, d’être toujours prêt à improviser et de ne jamais avoir besoin de plus d’une heure pour boucler ses valises car parfois, il faut saisir l’instant ! Voyager c’est vivre, partager, aimer. Parfois, c’est seulement revivre, se souvenir, imaginer et espérer. Nous ne maîtrisons pas ce qu’il sera possible de réaliser en 2021 mais nous le réaliserons !

Tous mes vœux pour cette nouvelle année ! Et parce que je ne suis pas certaine de la tangibilité d’une telle phrase, je finirai par le mot du début, qui lui est 100% vrai : MERCI !

 

 

 

Notre vie en Angleterre #84 : en quarantaine

Cela fait huit jours que nous sommes en quarantaine. Il nous en reste encore deux pour la terminer. Ce sera une façon comme une autre de célébrer le changement d’année !

D’ailleurs, pour la petite histoire, en Angleterre, la quarantaine était de 14 jours et elle est passée à 10 jours au moment où nous partions. Un bon timing. On se réjouit de peu ces temps-ci. En Allemagne, nous étions également en quarantaine donc, en tout et pour tout, nous aurons eu une bonne dose ! Nous sommes super entraînés pour le prochain confinement ! Youhou !!

Quelle aventure en tout cas cette fin d’année ! Au début, tout commençait pour le mieux. Après le dernier jour d’école, nous avons attendu cinq jours avant d’aller retrouver Omi et Opa, histoire de réduire le potentiel risque lié à l’école. En Allemagne, nous étions en quarantaine chez mes beaux-parents. Cela ne nous dérangeait pas car finalement les fêtes de fin d’année sont toujours très casanières et mes beaux-parents ont une belle ancienne maison, si typiquement allemande qu’elle est à elle-seule un voyage spatio-temporel. Malgré un froid glacial, il y avait un grand soleil. Nous avons donc pu jouer au Mölkky, ramasser les feuilles mortes, admirer les sapins et parce que nous avons pris à la lettre la recommandation de ne pas passer trop de temps à table, nous avons commencé notre Réveillon, dans le jardin, autour d’un feu de camp. Contrairement à ce que je craignais, Titpuce ne s’est pas trop formalisée sur le fait que nous fêtions Noël avant la date officielle donc la légende du Père Noël aura survécu à l’année Covid ! En choisissant de séjourner avec mes beaux-parents et non en total isolement, nous avions la contrainte de ne pas être autorisés à rester plus de trois jours (c’était la règle dans leur Land). Mais notre périple en valait la peine : voir briller les vraies bougies dans le sapin (le seul vrai sapin selon Titpuce c’est celui de Omi et Opa !), et surtout voir briller les yeux des enfants !

Puis le timing est devenu plus compliqué : rester au maximum des trois jours autorisés en Allemagne tout en arrivant avant le couvre-feu à Paris ! Heureusement, le trafic était fluide sur l’autoroute. Malgré tout, entre les pauses et les nombreux kilomètres, nous avons fini par nous retrouver dans « le bouchon du couvre-feu » ! Nous aurions dû y penser : quand tout le monde vise 20h cela ne passe pas ! Par miracle, nous avons trouvé une place de parking juste devant la résidence de tourisme où nous avions réservé un appartement. Deux minutes avant de nous transformer en citrouilles, nous avons pu faire notre self check-in ! (Au passage, j’apprécie que le self check-in soit devenu une option répandue,… même sans pandémie, c’est drôlement pratique !).

Etant donné les circonstances, nous n’avions prévu de ne rester qu’un jour à Paris. Je n’avais pas vu ma petite sœur, mon petit frère et ma mère depuis bien trop longtemps. Sous une pluie fort désagréable (qui aurait rappelé l’Angleterre à ceux qui ne me lisent pas et croient encore à ce cliché :-)), nous avons pu échanger quelques nouvelles et quelques sourires avec chacun d’eux, séparément, mais j’ai chopé une bonne grosse crève, ce qui n’est pas le truc le plus tendance dernièrement ! Même si ces rencontres ont été super brèves, cela faisait un bien fou de se revoir enfin ! Hélas, l’actualité est venue assombrir le tableau : nouvelle variante du virus en Angleterre et fermeture des frontières ! En quelques heures, nous sommes devenus des pestiférés. La situation devenait catastrophique au UK (et l’est toujours). Des mamans anglaises ont commencé à m’envoyer des messages pour me conseiller de rester en France, que c’était la panique en Angleterre et qu’elles se sentaient comme prise au piège sur leur île. Sans oublier le sujet Brexit qui risquait de mal tourner pour une histoire de poisson ! (C’est vrai que c’est poissonneux ici : le petit pêcheur de notre village nous vend la coquille St Jacques à 50 centimes car ça n’intéresse pas trop les Anglais… Vous voulez une caisse ? Ah non, zut y a de petits soucis logistiques à la frontière… !). La fin de notre journée parisienne ? Nous sommes remontés dans notre van et en prévision d’un no deal, nous nous sommes arrêtés chez notre caviste pour ramener 90 litres de vin (le max autorisé). Il était content le monsieur…  Il nous a quand même demandé si nous avions compris que le nombre de convives était limité pour les fêtes ! Nous lui avons expliqué que nous vivions en Angleterre. Il a totalement compati et nous a offert une bouteille de son plus vieux rhum !! Puis, nous sommes passés dans notre propre cave, celle où nous avons entreposé les affaires restées à Paris. Nous avions urgemment besoin des rallonges de matelas des enfants ! Vous savez, nous avons ces lits qui grandissent avec l’enfant… sauf que nous, en parents qui se voilent la face concernant la vitesse de croissance de leur progéniture, nous pensions qu’en deux ou trois ans en Angleterre, nous n’aurions nul besoin des rallonges ! Time flies!

Bref, nous reprenons la route, pour rentrer chez nous, sur notre pauvre île. J’ai demandé à Papa Voyage de passer devant l’Opéra Garnier avant de rejoindre l’autoroute, car ma puce rêvait de le revoir. Nous nous sommes alors retrouvés dans un embouteillage incroyable à cause du Boulevard Haussmann et des Grands Magasins devant lesquels s’entassait une sacrée foule pour voir les vitrines animées ! A part ça, le sport, le ski et la culture, c’est trop dangereux… Mais passons… Évidemment, aucun soucis pour retourner en Angleterre. Le tunnel n’était fermé que dans le sens Douvres -> Calais. Tout le monde est très content que les Anglais ou simili-Anglais veuillent rentrer chez eux ! Nous étions d’ailleurs la seule voiture française. Aucune file d’attente. Au poste de contrôle français, on nous a même souhaité bien du courage ! A défaut de courage, nous avions 90 litres de vin ! En ressortant côté anglais, nous avons vu cette incroyable file d’attente de plusieurs kilomètres de camionneurs coincés devant le tunnel. C’était lunaire !

Depuis ? Nous sommes chez nous, tranquillement en quarantaine. Nous avons fêté Noël à la maison et nous nous apprêtons à fêter le Nouvel An de même. Comme des Robinson Crusoé. Pour Papa Voyage, c’était la première fois qu’il ne passait pas le jour de Noël chez ses parents. C’était émouvant. Moi, j’en ai eu pas mal des Noëls atypiques mais ce serait une longue histoire… En tout cas, comme beaucoup de monde, nous n’oublierons pas Noël 2020. C’est certain. Surtout que Papa Noël Boris, après avoir déclaré qu’il « annulait » Noël à cause de la nouvelle vague (hélas je ne parle ni de cinéma ni de musique !), il a finalement décidé de monter sur son traîneau pour nous apporter un Brexit Deal le 24 au soir ! Franchement ! ça pouvait pas attendre ??? Au point où on en était ! Le mec, il voulait vraiment monopoliser la soirée ! Et là, nous avons bien ri car grâce à ce deal, il n’y aura ni taxe douanière, ni quotas donc… nous avons fait des stocks de vin français pour rien ! Remarquez, pour le prochain confinement…

 

Le deuxième jour de notre quarantaine, nous avons eu un coup de fil de contrôle des autorités sanitaires. Ils voulaient savoir si nous avions bien compris les enjeux de la quarantaine et surtout si nous savions compter nos jours de quarantaine. Yes Sir! En France et même en Allemagne, on sait compter jusqu’à 10 ! Ils sont drôles ces Anglais ! Mais finalement, la subtilité qu’ils ont partagé avec nous, c’est qu’il faut compter des jours entiers. Ah voilà ! Y avait un trick comme ils disent ! Mais bon, nous on n’est plus à ça près ! Nous sommes les rois de la quarantaine !

Au fait, parce que tout le monde semble parler de tests PCR en France et je reçois pas mal de questions dans ce sens :  oui, en théorie on pourrait faire un test pour écourter notre quarantaine MAIS… moi qui vous raconte (trop) souvent les avantages de la vie en Angleterre, je dois sans doute rappeler de temps à autre qu’ici, ce n’est pas le pays le plus social du monde. Loin de là ! En gros, pour le chômage et la sécu, passez votre chemin ! Donc, pour faire gratuitement un test PCR, il faut : être malade !!! Avoir de la fièvre ou une toux continue ! Et sinon, il faut payer très cher ! Dans mon coin, l’option la plus raisonnable en prix c’est 104£ par personne mais à ce tarif, ils nous envoient les kits par courrier ; on doit faire la manip nous-mêmes et renvoyer le kit pour recevoir le résultat vers le 15 janvier car ils sont débordés ! Il paraît que certains médecins dans le privé ont encore quelques créneaux à 400£ par personne. Voilà !

Parlons de cette quarantaine (oui, je sais, mon billet commence à être un peu long mais moi j’ai le temps justement :-)…) : j’en profite pour faire travailler le français aux enfants car Ticoeur et Titpuce ne parlent plus qu’en anglais entre eux !!! So scary! J’ai donc mis ma casquette de prof de conjugaison, grammaire et orthographe… En projet plus amusant, nous avons décidé d’apprendre la guitare (ma petite sœur nous a offert la sienne en cadeau de Noël). Les enfants sont sur le thème d’Harry Potter et moi sur ABBA… Le fossé de générations quoi !

Papa Voyage est comme d’habitude en télétravail donc il doit réussir à bosser dans une certaine cacophonie musicale. A part ça, la quarantaine ne lui change pas trop son quotidien. Moi si, car c’est la première fois depuis que nous vivons ici que je ne vais pas saluer la mer le matin (je devrais survivre : j’étais Parisienne dans une autre vie…!). Je sens le parfum de l’air marin et j’entends parfois la corne de brume des navires mais je ne peux pas voir la mer de notre maison. Par contre, la nature est adorable avec nous. Tous les animaux du coin nous tiennent compagnie. C’est étrange. Comme s’ils savaient que nous étions seuls. Peut-être qu’ils sont eux aussi en manque de contact humain ? Tous les soirs, il y a cette chouette qui hulule. Au début, cela me faisait peur mais à présent, j’ai compris qu’elle était là pour nous transporter dans un conte fantastique. En journée, il y a les écureuils, les faisans, un couple de rouge-gorge (du moins, je suppose qu’ils sont en couple mais je n’ose pas leur poser la question). Tôt le matin, plus rarement, un cerf. Et le soir, alors que les enfants sont au lit et que nous regardons Netflix en buvant notre vin (il faut bien !), un renard passe devant nos fenêtres, déclenchant les lumières dans le jardin et se retrouvant ainsi tel un comédien sur scène qui aurait oublié sa réplique. Enfin, il y a le petit chat des voisins qui ose s’approcher quand il voit Ticoeur et Titpuce. Il doit se souvenir que les enfants lui ont donné du lait tous les jours pendant que ses maîtres étaient en vacances cet été. Je comprends que tant de personnes aient pris un animal de compagnie pour survivre cette année. Je n’en suis pas là mais j’apprécie les petites visites quotidiennes de nos amis.

En dehors de notre bulle, j’ai l’impression que c’est l’apocalypse donc nous sommes pas mal dans notre maison, notre jardin et les animaux. Le mimosa est en fleurs et il est magnifique ! Dans deux jours ce sera la nouvelle année. J’appréhende les prochains mois. Même si je doute fort que la nouvelle variante du virus soit une spécialité uniquement anglaise, il me semble clair que nous allons être isolés un bout de temps sur notre île !

mimosa

Dans deux jours, ce sera la nouvelle année. Mais mon article est suffisamment long comme ça. Je ne me sens plus d’écrire un petit bilan de 2020. Dans quelques jours je m’y collerai, peut-être, histoire de précieusement conserver une trace des échappées, des parenthèses, des bons moments, les seuls qu’il faudra retenir…

Dans deux jours, ce sera la nouvelle année. Et la seule certitude que j’ai, c’est que nous aurons fini notre quarantaine.

Carpe Diem!

Notre vie en Angleterre #83 : Christmas autrement…

La période de Noël approche à grands pas, dans un contexte de moins en moins féérique mais certains signes ne trompent pas : entre la belle innocence des enfants et les efforts de l’école, il y a quand même quelque chose dans l’air, un esprit de Noël que chacun essaie de préserver ; rien à faire, c’est contagieux ;-).

J’ai trouvé ces derniers jours très émouvants. J’ai même pleuré devant mon écran en assistant au concert de Noël à distance organisé par l’école. Je me suis connectée à 15h et j’ai pu voir et entendre les enfants chanter, classe après classe. C’était triste de penser que nous ne pouvions pas assister de présence à ce spectacle ; c’était triste de s’imaginer que les enfants ne chantaient que devant une caméra, sans public ; je pouvais voir d’autres visages émus parmi les parents qui avaient laissé leur caméra allumée et surtout j’ai vu des grands-parents verser de chaudes larmes et là je me suis dit « zut ! J’ai oublié de prévenir les nôtres qu’il y avait un concert live des enfants ! » Comme quoi, rien à faire ! Je ne prends pas l’habitude de cette vie à distance ! Et je n’ai donc même pas pensé au côté positif évident : nos familles géographiquement éloignées auraient pu, pour une fois, assister au concert de Noël. Heureusement, les maîtresses ont pensé à tout et nous ont envoyé un enregistrement vidéo que j’ai donc pu partager après coup. Encore une fois, bravo aux enseignants et au prof de musique ! Nous offrir la magie des chants de Noël des enfants était une super idée !

A la maison aussi, il y a un petit air de fêtes. Nous avons acheté un sapin en pot que nous planterons dans notre jardin et Titpuce s’est occupée de décorer les fenêtres, à son idée, sans modèle. Vous le savez : c’est la petite artiste de la famille. En plus, avec nos fenêtres typiquement anglaises, cela rend vraiment mignon je trouve :

Le 11 décembre en Angleterre c’est Christmas Jumper Day : les enfants vont donc à l’école avec un pull de Noël au lieu de l’uniforme. (Vous pouvez relire mon article de l’an dernier sur les traditions de Noël en Angleterre).

Pour revenir à la thématique musicale, la bonne nouvelle de la semaine était le résultat de l’examen de piano de Ticoeur : il a obtenu son Grade 2 de la Royal Academy of Music avec mention (with Merit). Je suis si fière de lui !

Et dernière nouvelle de l’école : nous avons eu la surprise de recevoir un email nous indiquant que Ticoeur avait gagné, dans sa classe d’âge, la médaille d’or du concours national de computing (il ne tient pas de moi c’est certain !) et la médaille d’argent du concours national de mathématiques. Ces concours sont organisés par l’université d’Oxford. Si ça continue comme ça, il va finir par y aller un jour ! En tout cas, quel étonnement et quelle fierté car nous ne savions même pas qu’il avait participé à ces concours !

Sinon, depuis le 2 décembre (jour où quelques règles ont été assouplies), les activités extra-scolaires ont pu reprendre. Ticœur était ravi de retourner au tennis même si en hiver, cela veut dire jouer dans la fraîcheur de la nuit (car uniquement des courts extérieurs ici !). A part la reprise des activités extra-scolaires rien n’a changé. Nous ne voyons toujours personne et « Papa Voyage » entame son 9iè mois de télétravail mais chut !… Je crois qu’il ne va accoucher de rien :-)…

Dans notre jardin, nous sommes venus à bout du ramassage des feuilles d’automne. A quelques jours du début de l’hiver, il était temps ! Il faut dire que nos ex-petits Parisiens ont trouvé amusant de nous aider :

    

Et pour conclure sur le bulletin météo de notre sud de l’Angleterre : nous avons encore eu beaucoup de soleil pour agrémenter nos balades en bord de mer… Pour le coup, ça ne fait pas trop Noël !

Sur ce, je vous souhaite une belle semaine. De notre côté, nous devions aller aux Ménuires mais notre hébergement a annulé notre réservation. Nous allons rebooker pour la première semaine d’avril. Nous nous apprêtons donc à partir pour trois jours chez mes beaux-parents en Allemagne puis sans doute deux jours à Paris. Rien n’est sûr mais c’est l’idée. Puis nous rentrerons pour Noël en Angleterre où nous serons en quarantaine jusqu’à la rentrée scolaire.

J’espère de tout cœur que vous réussirez à voler quelques bons moments pendant les fêtes et je vous dis à bientôt pour la suite de nos aventures anglaises !