bluebells

Notre vie en Angleterre #91 : au son des bluebells

Toujours pas de muguet pour nous cette année. Tout un symbole pour moi : la France me semble aussi loin que l’an dernier à la même époque. Pourtant, en octobre dernier nous avions planté du muguet en nous disant que si jamais nous étions encore coincés en Angleterre à cause de la pandémie (optimisme quand tu nous tiens !), nous aurions au moins notre petit brin de muguet pour faire vivre cette tradition française du 1er mai. La fête du travail certes, mais surtout l’anniversaire de ma petite sœur et l’habitude de mon père de nous offrir un petit bouquet. Je ne sais pas si c’est à cause de l’hiver trop rude ou parce que c’est notre première fois mais le muguet n’est pas sorti. Il n’y a même pas de jeunes pousses ! Il est peut-être timide. Ou pire : il n’a pas compris qu’il n’était plus nécessaire de rester confiné ! Cela me rappelle ce superbe film, Underground, de Kusturica. Bref : petit muguet, tu as le droit de sortir ! L’air frais c’est même très conseillé en ce moment !

Mais peut-être es-tu juste intimidé par le royaume des bluebells ! Ces petites clochettes violettes qui te font concurrence dans notre sous-bois, au fond du jardin. C’est vrai qu’elles ont la vedette en ce moment les jacinthes des bois ! Les Anglais en sont fous et nous commençons à devenir aussi fous qu’eux à force de vivre ici ! Ainsi, après deux et demi d’expatriation en Angleterre, nous nous sommes réveillés au lever du soleil (chose que nous faisons rarement !), juste pour admirer les bluebells et les photographier ! Cela mériterait presque l’obtention d’un passeport britannique, non ?

bluebells

bluebells

Alors, cher petit muguet, ne t’inquiète pas, nous aimons les clochettes de toutes les couleurs et les tiennes sont si délicates et si parfumées que nous espérons te rencontrer dans quelques semaines… C’est comme pour tout le reste : il faut garder espoir.

Restons dans le thème des cloches, avec celles de la récré ! Voici quelques nouvelles de l’école en Angleterre…

  • Ticoeur a lancé le journal de l’école ! Je suis si fière de lui ! En fait, quand l’école a repris, en mars dernier, après deux mois de coupure, Ticoeur a eu envie de démarrer ce gros projet : il a convaincu le headmaster, la prof de computing, la prof d’anglais et surtout un groupe d’amis pour la rédaction ! J’ai été super impressionnée par leur travail d’équipe : les enfants se sont réunis deux fois par semaine à l’heure du déjeuner dans la salle informatique et ils ont également beaucoup travaillé le soir à distance sur Google Meet (comme quoi, l’école à distance leur aura au moins appris à maîtriser le travail à distance !). Le premier numéro a été distribué (en numérique) à toutes les familles. J’ai reçu tant de messages d’encouragements des mamans ! La prochaine étape, c’est bien sûr de préparer un second numéro. Nous attendons avec impatience qu’il n’y ait plus besoin de respecter les bulles à l’école (une bulle = une classe d’âge) afin que des enfants d’autres années puissent aussi rejoindre la rédaction. En tout cas, je vois que mon amour pour l’écriture et le journalisme a dû passer quelque part dans les gênes :-).
  • A propos de bulles : je suis étonnée que les écoles anglaises fonctionnent encore de manière cloisonnée. Compte tenu de l’excellente situation sanitaire du pays et puisque tant de restrictions sont levées, je trouve qu’il serait à présent logique de laisser les enfants de l’école se mélanger entre eux… Bientôt, nous pourrons aller au restaurant, au théâtre et recevoir des gens à la maison alors que les écoles, elles, semblent rester avec les mêmes règles strictes qu’au début de la vague… Cela donne l’impression qu’elles ont été oubliées dans le plan de déconfinement… Dommage car à cause des bulles, il n’y a plus d’activité théâtre, plus d’afterschool club (équivalent du centre de loisirs), et plus de chorale… A suivre ! Au pire, je peux encore envoyer un petit mail à Bobo ! J’ai l’habitude ;-)…
  • Ce trimestre c’est cricket, au grand désespoir de Titpuce qui n’y comprend pas grand chose. Ticoeur, lui, commence à sérieusement apprécier ce sport et n’arrête pas de nous expliquer les règles « passionnantes » de ce jeu… J’adore son enthousiasme mais pour l’instant, ce sport reste un mystère pour moi…
  • Les activités extrascolaires ont toutes redémarré ! D’ailleurs, cela souligne encore l’incohérence par rapport aux écoles qui ne peuvent pas mélanger les classes d’âge, ni organiser les afterschools clubs… Bref, Titpuce est si contente de ne plus danser sur Zoom !!! Et mes deux loulous ont également pu reprendre la natation. Enfin, la saison de la voile a également redémarré la semaine dernière… Bref, les enfants sont ravis et ils ont assuré !

Ma vie de Desperate House wife beaucoup moins désespérée et prête à s’évader !

  • Hissez haut ! Pour les adultes, seules les activités de plein air sont possibles. Cela tombe bien, comme je vous le disais, la saison de la voile a redémarré ! J’ai bien l’intention d’assister à un maximum de cours pour progresser en navigation ! Mon objectif : avoir un plan d’évasion 🙂
  • Garden Party : nous avons enfin pu prendre l’apéro dans le jardin chez nos voisins mitoyens. Il était temps après un an dans la maison ! Dans deux semaines, nous pourrons même recevoir une famille à la fois, à l’intérieur… Youhou ! En tout cas, les voisins sont très sympas et ont des filles de l’âge de nos enfants. Pendant l’apéro dînatoire (avec à peine 10 degrés dehors by the way ! Brrr ! ), j’ai pu me rendre compte que je n’avais pas trop perdu mon anglais même si je suis restée six mois sans voir personne ici à cause des fortes restrictions sur les liens sociaux (plus jamais please !!!). Il faut dire, qu’avec Ticoeur et Titpuce qui ne papotent qu’en anglais entre eux, j’ai beaucoup pratiqué pendant les confinements ! Et aussi grâce à tous les audiobooks que j’ai lus en anglais (relire ma liste de livres en anglais).
  • D’escapades en escapades : je termine par le point le plus positif… Cette possibilité que nous avons à nouveau de bouger dans la pays ! Je vous avais déjà parlé la dernière fois de notre semaine dans le nord du Devon à Pâques. Le week-end dernier, nous sommes juste allés dans le Dorset, à une heure à l’ouest de chez nous, en le décidant à la dernière minute ! C’est l’avantage de pouvoir improviser en voyageant en campervan ! Donc très prochainement sur le blog, il y a aura des articles sur ces jolis comtés du sud de l’Angleterre ! Peut-être pourrez-vous venir cet été ! (Il y aura bientôt des annonces concernant l’ouverture de la frontière).

Voici quelques photos de notre week-end dans le Dorset :

chapman poolJurassic Coast, Dorset

Old Harry Rocks

old harry rocksOld Harry Rocks

old harry rocks pinnaclesThe Pinnacles

En campervan dans le Dorset…

En conclusion, oui, cela fait un bien fou de pouvoir bouger et de pouvoir retrouver certaines libertés mais il y a toujours un petit côté surréel non ? J’ai l’impression que nous nous sommes réveillés, après une longue hibernation, mais j’ai le sentiment que nous somnolons encore un peu… J’ai toujours le sentiment d’être dans un rêve étrange et d’avoir besoin d’un café :-)… Alors oui, je me sens vraiment mieux mais je sais aussi que nous ne sommes pas retournés « à la normale » et je me demande parfois si nous y retournerons… En attendant, comme toujours, nous allons profiter un maximum de chaque moment de liberté, de chaque journée ensoleillée dans notre sud de l’Angleterre, de cette trêve tant attendue, de chaque nouvelle possibilité, de chaque rencontre aussi et je vais accrocher un petit attrape-cauchemar au-dessus de mon lit pour m’assurer que mon rêve étrange devienne un joli rêve éveillé dans un futur très proche…

Des pensées pour vous de l’autre côté de la Manche !

Christine

 

 

 

 

Notre vie en Angleterre #90 : on the road again !

Si vous avez suivi l’actualité, vous savez que la date du lundi 12 avril était très importante en Angleterre car après 3 mois et demi de confinement, nous avons à nouveau le droit de bouger dans le pays ! Quel gros changement et quel bol d’air après tout ce temps à la maison ! Alors il reste encore pas mal de restrictions en place mais pouvoir bouger et dormir hors de chez soi est quelque chose que nous attendions avec impatience ! Notre campervan se languissait et nous aussi !

 

Les hôtels, eux sont encore fermés et ne pourront ré-ouvrir que le 17 mai donc nous étions contents d’avoir notre maison sur roues ! De toute façon, nous n’aurions rien souhaité de mieux qu’un petit road trip en van car ce mode de voyage offre un beau sentiment de liberté (relire mon article sur la vanlife en famille)… Je précise qu’il est également autorisé de louer un hébergement type Airbnb, la règle étant de séjourner en autonomie et seulement avec les personnes de son foyer…

D’habitude, en campervan nous improvisons totalement mais cette fois-ci, il a quand même fallu s’organiser un peu plus : nous avons réservé notre premier emplacement de camping et nous avons investi dans des toilettes portables parce qu’étrangement, les campings n’ont pas le droit d’ouvrir leurs sanitaires car ce sont des lieux communs clos. Finalement, nous n’avons utilisé nos toilettes portables qu’une fois car nous étions quasi toujours à proximité de toilettes publiques de plage, vraiment très propres (et il se trouve que les toilettes publiques ont le droit d’être ouverts eux !). Bref, comme d’habitude, il ne faut pas chercher la cohérence de tout ça mais juste profiter de ce qui est autorisé, sans traîner, car personne ne sait de quoi sera fait demain. Côté douche, nous avons fait sans (nous avons une petite douche extérieure dans notre van mais avec une température maximale de 10 degrés en journée, nous n’avons pas été tentés). Être libres et propres tous les jours ce sera pour une autre fois ! On ne peut pas tout avoir ! Nous sommes donc partis dès le lundi matin, direction le nord du Devon, à trois heures de chez nous, dans l’ouest, juste avant les Cornouailles. C’était magique !

Nous avons été enchantés par la destination (nature déserte et sauvage) et quel plaisir de bouger, de s’émerveiller, de voir de nouvelles choses, de laisser courir et rire les enfants et de les entendre à nouveau nous dire : « On fait quoi ? On va où ? »… Pouvoir regarder la carte et choisir… (n’ouvrir que la carte de l’Angleterre hein ! Ne soyons pas trop fous !!!). Nous avons essentiellement randonné. Nous adorons ça ! Les grands espaces, la côte escarpée, les cascades…

Je vous prépare un article sur le nord du Devon car vous pourriez être intéressés pour cet été ! Et oui, pourquoi pas ? Le UK devrait ouvrir ses frontières le 17 mai et classera les pays en vert, orange et rouge… Franchement, il ne sera simple de voyager qu’à partir d’un pays vert mais d’ici cet été, il y a bon espoir que toute l’Europe soit dans le vert non ? Bref, on verra ! Le mieux depuis un an c’est d’improviser ! En attendant, je trouve intéressant de suivre l’évolution de la situation en Europe grâce à cette carte de l’OMS, donc je partage au cas où cela vous intéresserait aussi.

Le lundi 12 avril, les très attendus coiffeurs ont également pu rouvrir mais il y a des files d’attente incroyables ! A chaque fois que nous passons devant un salon, il y a cinq à dix personnes qui font la queue dehors ! Nous allons donc patienter encore un peu… Nous ne sommes plus à un mois près ! J’ai juste dégagé les oreilles de Ticoeur et raccourci une mèche qui lui tombait devant les yeux. Titpuce s’est habituée aux cheveux super longs et ne veut plus mettre les pieds chez le coiffeur de toute façon !

Lundi 12 avril, c’était aussi théoriquement l’ouverture des terrasses des pubs et restaurants et j’ai vu que c’était d’ailleurs la seule chose citée dans les journaux français ! Comme si boire une bière en terrasse était plus important qu’avoir le droit de bouger ! Pourtant, l’ouverture des terrasses n’est pas une réalité si répandue : oui, à Londres et dans d’autres villes j’imagine mais en province beaucoup d’établissements ont choisi de rester fermés car ce n’est pas rentable ! (Et ils n’ont pas tous des terrasses !). Par exemple, il y a quatre pubs dans mon mini village (et oui ! Dingue mais habituel au UK !) mais aucun n’a ouvert. En plus, la météo est drôlement fraîche en ce moment, cela ne facilite pas les choses… Si je regarde tous les villages dans les alentours, je n’ai connaissance que de deux pubs ouverts et vous savez quoi ? Ils sont complets tous les jours jusque mi-mai ! Bref, c’était juste une petite parenthèse… Ne m’imaginez pas en train de boire une petite bière en terrasse :-)…

Donc le droit de bouger en Angleterre, c’est la nouvelle liberté que nous avons retrouvée, testée et approuvée ! Cela m’a redonné le sourire et un joli teint (nous sommes super bronzés car malgré le froid il y a eu un grand soleil tous les jours ! On dirait que nous revenons des Caraïbes !). Nous avons mieux dormi aussi, face à la mer, avec ce vent de liberté dans la tête, et ce, même si les nuits ont été super fraîches ! (1 ou 2 degrés !). Nous n’allions pas faire la fine bouche sur les températures alors que déjà nous avions la chance d’être en vacances… Parce que figurez-vous que pas mal de régions anglaises avaient déjà fini leurs vacances de Pâques et que le 12 avril était le jour de la reprise de l’école ! Franchement c’est triste parce que Bobo aurait pu choisir de nous libérer une semaine plus tôt (tous les indicateurs étaient dans le vert !) ou même deux ou trois jours plus tôt pour que tout le monde puisse potentiellement en profiter un peu mais non ! C’est d’autant plus triste que tout le pays avait déjà dû subir des vacances de février en confinement total… Heureusement, en Angleterre, il y a une semaine de vacances scolaires fin mai donc cette fois-ci, tout le monde pourra se rattraper !

Pour Pâques, dans le Hampshire, nous avions deux semaines de vacances scolaires mais la première semaine nous ne pouvions  pas bouger. Par contre, les loisirs extérieurs étaient à nouveau permis donc nous avons fait pas mal de stand up paddle sur notre rivière et de la pêche aux crabes (crabes que nous relâchons rapidement car franchement le confinement c’est pas drôle du tout !…).

 

Côté vie sociale, ça bouge lentement : nous avons à présent le droit d’être six personnes ou deux familles à se réunir en extérieur. Dommage qu’il ne fasse pas plus de 10 degrés ces temps-ci ! C’est le mois d’avril le plus froid que nous ayons eu depuis que nous vivons ici ! Cela dit, nos voisins viennent de nous inviter à un BBQ ce dimanche et nous irons avec doudoune et bonnet car il est absolument certain qu’ils ne nous feront pas rentrer chez eux. Ils ont même précisé qu’ils annuleraient s’il pleuvait. Alors nous allons croiser les doigts qu’il ne pleuve pas car c’est notre toute première invitation depuis septembre dernier ! (Même avant le confinement, recevoir à la maison n’était pas autorisé). Espérons que ce premier BBQ soit le début d’une longue série avec des familles de l’école des enfants.

A propos d’école, Ticoeur et Titpuce y sont retournés hier matin. Je vous donnerai plus de nouvelles dans mon prochain billet. Pour cette fois-ci, vous l’avez bien compris, le scoop c’était notre belle escapade anglaise, la première de 2021 ! Un goût de bout du monde à quelques heures de chez nous !

Je finis juste en vous disant que j’ai vraiment hâte que la situation s’améliore aussi par chez vous et qu’il soit à nouveau possible de traverser la Manche dans un sens ou dans l’autre… Mon père et mes beaux-parents sont sur les starting-blocks ! En attendant, je suis de tout cœur avec vous et j’espère que l’amélioration de la situation en Angleterre vous donne un espoir concret pour les prochaines semaines… Kiss, kiss !

 

 

40 auteurs britanniques pour vos lectures en anglais

Le voilà enfin l’article promis sur mes lectures anglaises ! C’est fou le temps que ça m’a pris pour me rappeler tous les auteurs britanniques dont les livres ont croisé mon chemin entre mes années collèges et aujourd’hui ! Je dirais que j’ai eu quatre grandes phases de lectures anglaises : la première, au collège, quand j’ai découvert certains classiques grâce à mes professeurs (pour cette première phase, j’ai surtout lu des traductions en français puisque j’étais nulle en anglais) ; puis, une deuxième grande phase quand je suis partie vivre aux Etats-Unis après mes études pour véritablement apprendre l’anglais (à partir de là, je n’ai lu les livres anglais qu’en anglais) ; une troisième phase, pendant notre premier tour du monde (celui en amoureux car beaucoup moins de temps pour lire pendant notre tour du monde en famille ;-))… Nous lisions ce que nous trouvions dans les auberges de jeunesse donc souvent en anglais ; enfin, une quatrième phase depuis que je vis en Angleterre et surtout depuis que nous sommes confinés ! Évidemment, je suis certaine que j’ai dû oublier certaines de mes lectures car ma mémoire me joue parfois des tours mais j’espère que parmi les 40 auteurs britanniques que je vous présente ci-dessous, vous trouverez quelques nouvelles idées de lecture. Je vous rappelle que j’avais déjà écrit un article sur les livres jeunesse anglais que Ticoeur et Titpuce conseillent à vos enfants, un article sur 10 séries anglaises que j’ai bien aimées et enfin un article sur mes 30 films britanniques préférés. Avec tout ça, vous devriez avoir assez de ressources pour parfaire votre anglais ou découvrir la culture britannique en attendant de voyager de l’autre côté de la Manche !

Littérature britannique contemporaine :

Jonathan Coe : je commence par un auteur que j’aime beaucoup. Jonathan Coe est un écrivain anglais né en 1961 à Birmingham. Je vous recommande surtout The Rotter’s Club (Bienvenue au club) pour une première immersion. Il s’agit de suivre la vie d’un groupe d’amis, dans un lycée privé de Birmingham, au cœur des années 70. La force de J. Coe c’est son don pour donner une véritable épaisseur à ses personnages. On s’y attache, on les comprend, on vit avec eux les hauts et les bas de leurs aventures de lycéens mais aussi les événements de cette époque. C’est l’autre particularité de la plupart des romans de J. Coe : ils s’inscrivent dans le contexte historique du pays. Une belle manière d’approfondir sa connaissance de l’Angleterre. Dans les années 70, il y a les attentats de l’IRA, les manifestations ouvrières, le rock et l’arrivée de Thatcher. Le héros principal, Benjamin est clairement inspiré de l’auteur. Si comme moi, vous devenez accro à cette bande de lycéens, vous souhaiterez les retrouver dans le roman suivant The Closed Circle (Le Cercle fermé) qui est moins bien mais qui permet de savoir ce que Benjamin et ses amis sont devenus une fois adultes. Enfin, Middle England (Le Cœur de l’Angleterre) est un troisième volet qui permet de retrouver les mêmes personnages au moment où se décide le Brexit. Ce dernier roman est le bon moyen de comprendre le contexte socio-politique dans le pays à la veille de la sortie de l’Europe. Vous pouvez même le lire sans avoir lu les deux précédents si le sujet Brexit vous intéresse. Dans un tout autre style, j’ai beaucoup aimé The House of Sleep (La Maison du Sommeil) un livre à la limite de la science-fiction puisqu’il décrit une sorte d’institut où le sommeil est étudié à des fins fort inquiétantes. Encore une fois, les personnages sont très bien travaillés ; le tout est irréaliste, comme… un rêve, ou un cauchemar ! Un livre qui devrait ravir les insomniaques !

Gail Honeyman : j’ai découvert le roman Eleanor Oliphant is completly fine (Eleanor Oliphant va très bien) grâce à mon club de lecture. Je crois que je vous l’ai déjà dit, parmi mes nombreuses activités de desperate housewife, il y a ma participation au club lecture du coin, club dont je suis un peu le bébé étant donné la moyenne d’âge ;-)… Mais c’est sympa ! Bref, Gail Honeyman est une romancière écossaise née en 1972 et, dans ce premier roman, elle nous raconte l’histoire fort touchante d’Eleonor, une femme un peu perdue émotionnellement, qui souffre de se sentir si différente des autres, par son passé, par ses difficultés en société, par son caractère fragile,… En lisant ce livre, on retrouve un peu d’Eleonor en nous, cette partie qui nous met parfois en insécurité et même s’il y a quelques passages qui semblent un peu too much, on retient beaucoup d’humanité et de belles tournures de phrases. En plus, si vous le lisez en anglais, c’est plutôt une lecture facile.

Ian Mc Ewan : auteur anglais né en 1948 à Aldershot. J’ai aimé son roman le plus célèbre, Atonement (Expiation) qui raconte comment Briony, une petite fille de bonne famille a fait basculer la vie d’un homme, fils d’une domestique et le destin de sa sœur en interprétant et jugeant une scène entre les deux amoureux… C’est un livre qui s’attache énormément aux pensées intérieures, à l’enfance, au sentiment de culpabilité et aussi au fossé social entre la classe privilégiée et celle qui subit les préjugés de la première. Le film inspiré de ce roman est également excellent mais le livre prend vraiment le temps d’approfondir les états d’âmes de la narratrice. De Ian Mc Ewan, j’aimerais également lire On Chesil Beach (Sur la plage de Chesil) et surtout The Coakroach (Le cafard), un autre livre qui parle du Brexit (oui, c’est une obsession !)

Irvine Welsh : écrivain écossais né en 1958. Vous avez certainement vu le film Trainspotting. Je ne peux que vous conseiller le livre qui est plus riche en détails et très bien écrit pour nous parler d’une jeunesse sans repère, sans espoir au milieu des années 90 à Edimbourg. Vous connaissez l’histoire…

David Lodge : j’ai souvent croisé ses livres lors de notre premier tour du monde. A croire que c’est un auteur anglais particulièrement apprécié des voyageurs, pourtant, il n’y a aucun rapport entre ses romans et les voyages. Les histoires se passent souvent dans le milieu universitaire et donnent la part belle aux relations hommes-femmes et à l’adultère. Je vous ai cité cet auteur car primo c’est très facile à lire en anglais, avec de bons mots par-ci par-là et secundo, David Lodge (londonien né en 1935) est un écrivain contemporain connu… mais… je précise que son écriture me fait penser à Beigbeder ou à Houellebecq… c’est pas vraiment un compliment quand je dis ça :-)… Disons que je n’aime pas trop avoir clairement l’impression qu’un homme soit derrière la plume :-)… Bref, David Lodge : à découvrir selon vos goûts, ou pas ! Léger et facile à lire dans tous les cas. J’ai lu : Thinks…(Pensées secrètes), Therapy (Thérapie), Changing Places (Changement de décor), Small World (Un tout petit monde), Nice Work (Jeu de Société). Quand je vous dis que j’ai souvent croisé ses livres dans les auberges de jeunesse !

Déception lecture : J’ai lu The History Boys d’Alan Bennett (né en 1934). Comme je m’attendais à quelque chose dans l’esprit du Cercle des Poètes Disparus, j’ai été déçue. En même temps, je me dis que je devrais aller voir la pièce au théâtre pour mieux l’apprécier. Ce livre très court est un dialogue entre des élèves d’une école anglaise élitiste et leurs professeurs. Disons que j’ai lu cette pièce pour mieux comprendre le système éducatif (une autre de mes obsessions anglaises avec le Brexit), système fort complexe et finalement pas moins élitiste qu’en France… Un style d’écriture un peu prétentieux.

Dans ma PAL (pile à lire) : Mike Gayle (Half a World Away), Hanif Kureishi, Julian Barnes, Mary Stewart, Maggie O’Farrell, Gerald Durrell, Jodi Taylor, Anna Hope, Deborah Levy.

Lectures anglaises très légères pour la plage :

Stephen Clark : J’ai lu A year in the Merde quand je suis arrivée aux US pour justement un an. Le titre m’a interpelée quand je l’ai vu en librairie car c’est un peu l’impression que j’ai eu au début de mon expérience américaine :-). En fait, ce livre fort léger n’a  absolument rien à voir avec les Etats-Unis puisque c’est l’histoire d’un jeune anglais qui vient travailler pour un an à Paris. C’est plein de clichés mais franchement il y a du vrai. C’est sympathique, facile et divertissant. (Stephen Clark est né en 1958 à St Albans).

Helen Fielding : le fameux Bridget Jones’s Diary est clairement un livre 100% british. Là encore, il s’agissait pour moi de lire quelque chose de léger et de très facile en anglais. Le journal quotidien d’une jeune anglaise célibataire c’était parfait ! (Helen Fielding est née en 1958 dans le Yorkshire). J’ai lu ce roman quasi à sa sortie donc avant les films.

Nick Hornby (né en 1957) : des livres divertissants à l’écriture fluide et moderne. Je vous conseille la comédie romantique High Fidelity (Haute fidélité) qui a inspiré le film que vous connaissez sans doute et About a Boy (A propos d’un gamin), une histoire d’amitié touchante entre Marcus, un collégien, enfant marginalisé et Will, un trentenaire célibataire.

Matt Haig (né en 1975): via mon book club, j’ai découvert The Midnight Library il y a quelques mois. C’est le tout dernier livre de cet auteur à succès. Il n’existe pas encore de traduction en français mais je suis certaine que c’est prévu. Si vous lisez en anglais c’est facile. Le concept de l’histoire est sympa : imaginez qu’entre la vie et la mort vous ayez la possibilité de vous retrouver dans une grande bibliothèque qui contient les livres avec toutes les versions de ce qu’aurait pu être votre vie si… Des scenari infinis qui donnent envie d’ouvrir certains livres… Nous suivons alors l’héroïne qui explore les différents livres de sa vie… Mon avis ? Je pense que cela pourra faire un excellent film. J’ai aimé l’idée et le début de l’intrigue. Par contre, côté écriture et déroulement de l’histoire, j’ai trouvé que c’était trop facile, avec beaucoup de lieux communs et une fin évidente. Un manque d’originalité et de profondeur. Bref, une lecture sympa pour se divertir.

Raynor Winn : j’ai lu The Salt Path pendant ce énimème confinement et ça m’a fait du bien de « marcher » virtuellement le long du South West Coastal Path avec Raynor (l’auteur du livre) et son mari Moth. Il s’agit d’un récit de voyage, une histoire vraie : le couple se retrouve sans travail et sans toit suite à des soucis financiers. En même temps, ils apprennent que Moth est atteint d’une maladie incurable. Ils se lancent alors sur le célèbre chemin de rando qui longe la côte sud-ouest de l’Angleterre entre Minehead et Poole : 630 miles pour se retrouver et retourner aux choses essentielles de la vie. Parce que je connais une grande partie de ce chemin que nous avons longé par endroits pendant nos vacances en Cornouailles, je me suis particulièrement sentie transportée sur ce célèbre itinéraire. C’était pour moi, une manière de voyager confinée. La mer, l’air salé, la vie tout simplement, cela me parle… Un témoignage touchant. Trop de répétitions dans la seconde partie du livre mais cette tranche de vie, honnête et 100% nature m’a globalement bien plu. Il n’y a pas encore de version en français. Niveau d’anglais facile. Un peu dans l’esprit du film Wild.

Dans ma PAL : Beth Olary

Policiers et Thrillers made in the UK :

Lisa Jewell : Londienne née en 1968, Lisa Jewell est célèbre pour ses nombreux thrillers. Je l’ai découverte grâce à mon book club car à la base, je ne suis pas une grande lectrice de thrillers à succès. Parmi ses livres, j’ai particulièrement accroché avec The Family upstairs (Ils sont chez nous) car en ces temps de confinement, j’ai du mal à lire des histoires où les gens vivent normalement, sortent au restaurant, font la fête et voyagent :-). Dans The family upstairs c’est parfait pour rester dans l’ambiance « confinement » : on suit une famille qui héberge gentiment quelques personnes chez eux histoire de les dépanner quelques temps mais ces invités ne vont plus partir. On se retrouve alors dans un huis clos, on ne quitte plus la maison et on découvre peu à peu les jeux de pouvoirs et les règles qui s’installent dans cette maison où les hôtes ne sont plus maîtres chez eux… Derrière le thriller, il s’agit aussi de dénoncer les phénomènes d’emprise psychologique et de comprendre les impacts sur les enfants… D’autres livres connus du même auteur : Then she was gone (Comme toi), Watching you (Tous tes secrets) et I found you (On se reverra).

Alex Garland : J’ai hélas vu le film The Beach (La plage) avant de lire le livre qui est clairement plus riche et plus sombre aussi. L’histoire d’un voyage en Thaïlande qui commence en mode routard mais devient de plus en plus inquiétant, stressant, dangereux, ce qui donne un côté thriller même si ce livre n’est pas tout à fait un thriller non plus…

Ian Rankin : écossais né en 1960, il est connu pour ses romans policiers et les enquêtes de l’inspecteur John Rebus. Je n’ai lu qu’un livre de lui, The Falls (La colline des chagrins) :  « Alors que Flip Balfour, la fille d’un banquier d’Édimbourg, vient de disparaître, un minuscule cercueil en bois est retrouvé sur la propriété familiale. » L’inspecteur Rébus va enquêter sur cette disparition mystérieuse liée à ce qu’il se passait au XIXiè siècle lorsque la faculté de médecine d’Edimbourg avait besoin de travailler sur les dissections… Il y a des longueurs mais c’est une lecture qui nous permet de nous imprégner de la capitale écossaise.

Agatha Christie : j’ai lu ses romans les plus connus lorsque j’étais au collège mais j’en ai relu quelques uns en anglais il y a deux ans suite à notre visite de la superbe villa d’Agatha Christie dans le Devon (j’en ai parlé ici). And then there were none (10 Petits Nègres) et Murder on the Orient Express sont d’excellents classiques. Je recommande la lecture de Dead Man’s Folly (Poirot joue le jeu) une fois que vous aurez visité la maison de l’auteur car toute l’enquête a lieu sur sa propriété donc c’est sympa de pouvoir s’imaginer le décor de l’intrigue.

Dans ma PAL : Kathryn Hughes, Anne Perry, Ellis Peters

Science-fiction à l’anglaise :

China Miéville : j’ai été happée par le roman The City and The City où deux villes apparemment voisines sont finalement liées par des règles étranges et complexes. En suivant l’enquête sur un meurtre, nous comprenons peu à peu comment vit cette société et nous basculons d’une ville à l’autre d’une manière de plus en plus étrange. Difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler le fonctionnement de ce monde fictif. Les descriptions et les passages d’une ville à l’autre sont si bien écrits que nous réussissons nous aussi à voyager dans The City and The City, sur le fil…

Kazuo Ishiguro : auteur britannique né au Japon dont j’ai découvert le roman Never let me go (Auprès de moi toujours) lors de notre tour du Monde. Une histoire dérangeante qui nous dévoile peu à peu pourquoi de nombreux enfants sont élevés dans un pensionnat complètement coupé du monde où les règles sont intrigantes et inquiétantes. Espérons que rien de pareil n’existe dans le futur… Le film est très bien aussi mais le livre est mieux ;-).

Richard K. Morgan : dans la trilogie Altered Carbon, l’écriture est speed mais de grande qualité. « Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive  : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours… »  Nous suivons le héros dans ses enquêtes aux connotations politiques et sociales.

The Modernists :

Voici deux célèbres écrivains du début du XXiè siècle appartenant au groupe littéraire The Modernists :

Virginia Woolf (1882-1941) : j’ai découvert le roman Mrs Dalloway en lisant un autre livre (The Hours de l’écrivain américain Michael Cunningham). En effet, The Hours s’appuie sur Mrs Dalloway donc j’ai eu envie de découvrir la source de l’inspiration de ce livre que j’avais beaucoup aimé. Mrs Dalloway s’est avéré plus classique mais j’ai adoré le style de Virginia Wolf. The Hours a d’ailleurs pali à mes yeux après la lecture de Mrs Dallaway. L’histoire nous fait suivre Clarissa, une jeune londonienne dans les années 20 : ses pensées, ses doutes, son quotidien. Une écriture délicate, humaine, féminine. Un style très littéraire. Il faut déjà un bon niveau d’anglais pour s’y attaquer et apprécier le choix des mots. Je devrais lire d’autres romans de Virginia Woolf. N’hésitez pas si vous avez des conseils !

E.M. Forster (1879-1970) : Dans A room with a view (Avec vue sur l’Arno), nous voyageons d’abord à Florence en Italie puis dans le sud de l’Angleterre pour suivre la vie amoureuse et les questionnements de Lucy Honeychurch, une jeune fille de très bonne famille, prête ou non à briser certains codes sociaux de la période édouardienne (début du XXiè siècle). On trouve dans ce roman un soupçon d’émancipation de la femme, ce qui était assez moderne pour l’époque. Pas étonnant que E.M Forster ait été un bon ami de Virginia Woolf.

Classiques lus au collège et lycée :

Même si j’ai lu les livres suivants quand j’étais ado, il s’agit de grands classiques que je conseille fortement aux adultes qui ne les auraient pas encore lus.

  • George Orwell (1903-1950) : j’ai été fascinée par 1984. Un livre inoubliable et hélas trop souvent d’actualité. Un livre qu’il faut absolument avoir lu pour toujours avoir en tête ce qui pourrait se passer, et surtout éviter que nos sociétés deviennent comme dans ce livre de science fiction fort réaliste… “The choice for mankind lies between freedom and happiness and for the great bulk of mankind, happiness is better.” J’ai également aimé Animal Farm (La ferme des animaux), une courte dystopie pas aussi poignante que 1984 mais néanmoins une intéressante critique des régimes totalitaires sous forme de fable politico-sociale.
  • Aldous Huxley (1894-1963): j’ai lu Brave New World (Le Meilleur des Mondes) juste après 1984 histoire de rester dans le même thème qui m’a tant plu. Ces deux livres sont complémentaires. Deux futurs différents mais tout aussi inquiétants. Une lecture essentielle pour apprendre à veiller sur nos précieuses libertés…
  • William Golding (1911-1993) : un conseil lecture de ma prof de français de 6iè (elle assurait cette prof !) : Lord of the Flies (Sa majesté des mouches) : un groupe d’enfants se retrouve sur une île déserte. Ils doivent s’organiser et survivre. Un excellent livre de réflexion sur les jeux de pouvoirs et la psychologie.
  • Oscar Wilde (1854 – 1900) : que j’ai adoré le style, l’ambiance et les thèmes abordés dans The Picture of Dorian Gray (Le portrait de Dorian Gray) ! Un roman fantastique, coup de cœur de mes années collèges ! Je précise qu’Oscar Wilde est d’origine irlandaise mais il a étudié à Oxford et a longuement vécu en Angleterre (et, comme vous savez, il est enterré à Paris au Père Lachaise).
  • Edgar Allan Poe (1809-1849) : je me suis délectée de ses nouvelles, de ses courtes histoires un peu flippantes, juste la bonne dose de frissons !
  • Roald Dahl (1916-1960) : toujours dans la thématique frissons, j’ai dévoré les nouvelles de Roald Dahl, si bien écrites et inquiétantes ! Concernant ses romans pour les plus jeunes, j’avais donné nos recommandations ICI.
  • Charles Dickens (1812-1870) :  j’ai lu Oliver Twist en 6iè toujours sur les conseils de ma prof de français pour découvrir les conditions de vie difficiles dans les milieux défavorisés pendant l’âge d’or de l’industrie textile en Angleterre. Le travail des enfants, les workhouses, les orphelinats… Un roman social intéressant. Plus léger, pendant les fêtes de fin d’années, j’aime lire et relire A Christmas Carol (Un chant de Noël). Un conte très court, sympa à tout âge, qui nous parle de ce qui est essentiel. Charles Dickens est originaire de Portsmouth donc nous ne sommes pas bien loin de son fief !
  • Arthur Conan Doyle (1859-1930) : en 6iè, toujours sur les conseils de ma prof de français, j’ai lu Hound of the Baskerville (Le chien des Baskerville). Sans doute la plus célèbre des aventures du détective Sherlock Holmes. Comme l’action se passe dans le Dartmoor que nous avons visité l’an dernier, j’aimerais bien relire ce livre, en anglais cette fois-ci of course !
  • Graham Greene (1904-1991) : j’ai lu The Third Man (Le Troisième Homme) au collège, en 5iè et donc en français. Un roman noir qui a été écrit pour la réalisation du film du même nom que vous connaissez sans doute. Un super policier ! Du même auteur, j’ai également lu A gun for sale quelques années plus tard, en anglais.
  • Lewis Carroll (1832-1898) : quand j’ai lu Alice’s Adventures in Wonderland au collège, je n’ai pas aimé. Enfant, je n’avais pas accroché avec le Disney non plus. C’est trop loufouque pour moi. Mais en 2015, pour les 150 ans de Alice aux Pays des Merveilles, je suis allée à Oxford pour cet événement et j’ai relu le livre, en anglais, avec un regard d’adulte. J’y ai trouvé des passages fort intéressants et des bons mots.
  • Jane Austen (1775-1817): pour la petite histoire, lors de mon premier séjour linguistique en Angleterre, alors que je venais tout juste de commencer les cours d’anglais au collège, j’ai acheté Pride and Prejudice dans une librairie de Londres après avoir miraculeusement réussi à demander un conseil pour un premier livre en anglais. Qu’est-ce que j’ai galéré ! J’ai dû utiliser le dictionnaire sur chaque mot et même comme ça, je n’ai rien compris ! Je l’ai donc relu quelques années plus tard. Un grand classique, très romantique et so english! Clairement pas une lecture pour débutant ! Jane Austen est originaire du Hampshire où nous vivons et elle est enterrée dans la superbe cathédrale de Winchester. Depuis que je vis ici, j’ai également lu Persuasion, très bien aussi.
  • Emily Brontë (1818-1848) : j’ai lu Withering Heights (Les Hauts de Hurle-vent) au lycée et j’ai beaucoup aimé l’ambiance noire limite cauchemardesque de ce grand classique romantique, une sombre histoire d’amour et de vengeance qui se déroule dans le Yorkshire. A ne pas lire une nuit de mauvais temps quand vous êtes seuls à la maison…
  • William Shakespeare (1564-1616) : je préfère profiter de son œuvre au théâtre mais de temps en temps, c’est bien de se poser avec les textes pour apprécier la beauté de ses phrases…

Et les conseils de Papa Voyage :

Avec Papa Voyage nous avons un grand point en commun (à part le voyage !) : nous sommes de grands lecteurs ! Par contre, nous n’aimons pas du tout les mêmes livres ! Nous avons dévoré des centaines et des centaines de bouquins mais nos coups de cœur lectures en commun se comptent sur les doigts d’une main !

Fantaisie :

  • J.K Rowling (née en 1965) : nous ne présentons plus Harry Potter que toute la famille adore sauf moi ;-).
  • Douglas Adams (1952-2001): The Hitchhikers’s guide to the Galaxy (Le Guide du voyageur Galactique) est une œuvre de science fiction fort célèbre dont la particularité est l’énorme touche d’humour. Un livre parfait pour les geeks !
  • Neil Gaiman (né en 1960): Papa Voyage a quasi tout lu de lui et il recommande fortement American Gods ou encore StardustNail Gaiman a également écrit de nombreux livres pour les enfants (Coraline…).
  • Philip Pullman (né en 1946) : coup de cœur de Papa Voyage pour la trilogie His dark materials (A la croisée des mondes). A partir de 12 ans.
  • J.R.R Tolkien (1892-1973) : Papa voyage fait partie des grands fans de la saga Lord of the Rings.

A noter : Papa Voyage a également lu Frankenstein de l’anglaise Marry W. Shelly (1797 – 1851). Il n’a pas trop accroché mais il trouve que c’est un livre clef dans l’histoire de la SF et de la littérature en général. Un livre étonnant, moderne et révolutionnaire pour une œuvre de 1816.

Humour :

Tom Sharpe (1928-2013) : Dans ses cinq romans de la série Wilt, on suit Henry Wilt dans des histoires complètement farfelues. Il s’agit d’un humour décalé, absurde, déjanté et franchement masculin… Je ne pense même pas en lire une page :-).

Romans historiques :

Ken Follett (né en 1949) : The Pillars of the Earth (Les piliers de la terre) un gros pavé facile à lire, intéressant, bien prenant, bien construit, bien documenté dont l’intrigue se déroule au Moyen-Age en Angleterre. Parfait pour le confinement :-). Ce livre a été vendu à 15 millions d’exemplaires !

J.G Ballard (1930-2009) : son célèbre Empire of the sun (Empire du soleil) est un livre autobiographique racontant la jeunesse de Ballard à Shanghai pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un roman célèbre, adapté au cinéma par Spielberg. Ballard est également l’auteur de nombreux livres de SF.

Format de lecture :

Un dernier mot pour vous parler des différents formats de lecture : avant notre tour du monde en famille, j’ai lu au format papier (achat ou emprunt à la bibliothèque). En 2016, pour notre tour du monde, j’ai commencé à lire sur tablette car c’était plus pratique pour voyager. Depuis, je lis essentiellement sur tablette car malgré mon amour inconditionnel pour les livres, je ne veux plus m’encombrer. Enfin, depuis quelques années, j’aime lire en version audio, tout particulièrement quand il s’agit d’un livre en anglais car cela permet de faire d’énormes progrès côté compréhension. On travaille vraiment notre oreille ! Pendant le confinement, je n’ai lu que des audiobooks car cela m’a permis de faire plein de choses dans la maison (rangement, pâtisserie, nettoyage…) ou dans le jardin, tout en trouvant le temps de lire… En plus, comme nous n’avions le droit de voir personne, cela mettait un peu de présence dans mes journées confinées ! Bref, je conseille les audiobooks pour progresser en anglais : j’ai dû me concentrer au début mais ça vient vite !

Belles lectures à tous ! Et n’hésitez pas à partager vos coups de cœur !

 

Notre vie en Angleterre #89 : un an dans notre vieille maison anglaise…

Aujourd’hui est un double anniversaire assez particulier : cela fait un an que nous vivons dans notre nouvelle maison. Et ce même jour, en mars 2020, alors que nous venions tout juste de finir notre déménagement à 15h, le premier confinement anglais était annoncé à 17h ! C’est dingue quand on y pense ! Un déménagement de justesse !

Je vous refais la petite histoire : puisque nous avions signé pour trois ans d’expatriation en Angleterre, déménager au bout d’un an et demi était une folie. Nous avions longtemps hésité : est-ce que vraiment nous souhaitions passer des jours à refaire les cartons pour « seulement » dix-huit mois ici. Heureusement, nous avons été fous ! Et je ne peux que faire « l’éloge de la folie » car cela nous a toujours réussi dans la vie !

Lorsque nous avons pris la décision insensée de déménager, nous ne savions pas encore ce que l’avenir nous réservait. Or, après un an de pandémie, vivre dans cette maison et avec ce jardin que nous aimons tant a clairement adouci nos longs mois de confinement même si ce n’est évidemment pas la situation dont nous avions rêvé. Nous imaginions recevoir plein de monde, pas vivre de manière recluse… Une vie monastique c’est pas pour moi ! Même… « au nom de la rose » !

Nous rêvions de recevoir plein de monde : de la visite de France, d’Allemagne et puis tout simplement d’inviter des familles anglaises avec lesquelles nous avons sympathisé ici. Vous connaissez la suite : avec la pandémie recevoir des gens n’a pas été possible à part en juillet et en août. Pour recevoir nos familles et amis français ou allemands, il y a eu l’énorme difficulté des déplacements internationaux mais même localement, nous n’avons vu nos voisins qu’une fois en un an ! Et nous n’avons pu recevoir aucune famille de l’école des enfants car s’il y a bien une règle qui me pèse beaucoup ici en Angleterre c’est cette interdiction de voir une autre famille même quand nous ne sommes pas officiellement confinés. Voir une autre famille n’a été autorisé que du 4 juillet au 15 septembre 2020. Sur cette période trop courte, nous avons à peine eu le temps de recevoir quelques personnes de nos familles et deux de mes amis d’enfance et puis nous étions partis en Cornouailles et dans le Val d’Aoste pour nous enivrer de liberté.

Bref, côté invitations, nous comptons bien nous rattraper cette année lorsque ce sera possible et organiser de super barbecue party, tea party et laser game party (ça, c’est à la demande de Ticoeur et Titpuce qui aimeraient enfin fêter leurs anniversaires !). Côté visites internationales, la frontière ouvrira sans doute le 17 mai (cela sera confirmé le 12 avril). Nous avons hâte que les grands-parents puissent venir nous rendre visite ! Pour les conditions d’entrée au UK c’est encore un mystère. A suivre !

 En attendant de recevoir…

Côté réception, c’était donc loupé mais voici toutes les belles choses que nous avons découvertes ici en un an :

  • La citadine botaniquement inculte que je suis a appris le nom et les particularités de nombreuses fleurs.
  • J’ai toujours adoré le printemps mais avec notre jardin je découvre la joie du feu d’artifice des éclosions ! L’an dernier, tout était une surprise car nous ne savions pas quelles fleurs se trouvaient dans notre jardin. Cette année, nous connaissons le programme d’avance mais nous ne réjouissons des prochains actes !

  • Papa Voyage s’est trouvé une passion sans limite pour le jardinage ! Il assure ! Et heureusement car il y a du boulot ! J’ai juste l’impression qu’il collectionne bien trop d’outils et qu’il m’embrouille sur l’utilité de chacun ;-)… Il essaye aussi de partager sa passion avec les enfants… Moi, je prends en photo :-).

  • Nous avons planté du muguet pour le premier mai car cela m’a trop manqué l’an dernier. Pas une coutume ici.
  • Nous avons géré l’invasion de vilains champignons sur une partie de nos rosiers…

  • Nous avons reçu la visite de nombreux animaux et à défaut de voir des humains, cela nous a tenu compagnie : les petits rouge-gorge si curieux, les écureuils furtifs, les renards à la vie nocturne débordante, les daims si timides que seule l’aube rassure, la chouette qui me stressait la nuit et à présent me rassure et me berce, des milliers de coccinelles (je ne sais pas si c’est normal d’en avoir autant mais au moins ça devrait porter bonheur !) et tout plein d’oiseaux aux doux chants printaniers…

  • Quand le vent souffle, nous tremblons pour les arbres ; quand il pleut nous tremblons pour notre cave (où se trouve notre stock de vin français, élément essentiel de survie !)
  • Nous avons un superbe ciel étoilé au-dessus de nos têtes quand le temps est clair. Notre coin n’est pas éclairé la nuit donc la visibilité est excellente… Nous galérons toujours pour reconnaître les constellations parce que c’est un peu plus difficile que les fleurs, vous ne trouvez pas ? A Paris, le plus beau ciel étoilé que j’ai vu c’était celui du Grand Rex !
  • Le matin, nous entendons les mouettes et parfois la corne de brume de lointains navires… J’imagine des expéditions vers le bout du Monde, alors que c’est sans doute juste un bateau qui traverse la Manche avec une cargaison de Camemberts de Normandie !
  • Nous maîtrisons la chasse aux souris après avoir gâché pas mal de parmesan !
  • J’adore les fenêtres de notre maison. Ce sont des fenêtres typiques anglaises. Cela s’appelle des sash windows : c’est dangereux (on pourrait se coincer les doigts) et pas pratique du tout, ni super isolant mais c’est vraiment joli et cela me donne l’impression de voyager dans le passé du pays… 

  • La pelouse anglaise est naturellement toute belle et toute verte toute l’année, comme quoi, l’herbe est parfois vraiment plus verte ailleurs :-)…
  • Avec notre campervan dans le jardin, parfois, on a pu faire semblant d’être en vacances…
  • Je ne sais plus ce que « porter des chaussures » veut dire : ici, il faut absolument des bottes de pluie ou des baskets ! Mes chaussures à talons sont carrément aux oubliettes ! Je ne me mesure donc plus qu’ 1m60 mais cela suffit déjà à me donner le vertige parfois !
  • Nous avons de beaux couchers de soleil, depuis la chambre de Titpuce. Et encore mieux : de chez nous, nous pouvons marcher jusqu’à la mer et observer ces couchers de soleil sur « grand écran » !
  • Notre maison a une longue histoire. Plusieurs centenaires de mystères et de légendes… De quoi occuper mes pensées confinées ! Par contre, elle n’est clairement pas hantée ! Car nous sommes en Angleterre, pas en Ecosse voyons !

Bref, ce soir, nous ouvrirons une bouteille de Champagne (pas assez d’occasions sinon !!) et nous boirons à la santé de cette première année dans notre vieille maison anglaise… Nous avons hâte d’y vivre la version déconfinée ! Et d’ailleurs, justement à cause la pandémie, nous avons acté que nous restions encore une année de plus en Angleterre (l’année qui vient de s’écouler ne peut pas vraiment compter !!!) donc au lieu de rentrer en août 2021, nous rentrerons en août 2022 (enfin…au plus tôt…). Disons que d’un côté, nous prenons goût à la vie ici mais la situation post-brexit est toujours incertaine et la France nous manque aussi.

 

Avant de vous laisser, je vous donne d’autres nouvelles rapides d’Angleterre :

Des nouvelles de l’école :

Les enfants sont heureux comme tout d’avoir pu retourner à l’école depuis deux semaines après deux mois d’enseignement à distance. Pour eux, le confinement est clairement moins pesant depuis. Ticoeur a décidé de lancer le journal de l’école (son énergie m’impressionne !). Il a déjà réuni une équipe rédactionnelle, obtenu l’aval du directeur et soudoyé la prof de computing pour qu’elle leur mette à disposition la salle informatique pendant deux récrés par semaine. A suivre !

Et d’autres news en vrac :

  • J’ai enfin acheté de nouvelles tasses à café sur internet donc je vais tenter de moins m’énerver contre les politiciens afin de préserver cette nouvelle vaisselle (pas facile !).
  • Mon article sur mes conseils de livres d’auteurs britanniques est quasi terminé donc je vise une publication dans une semaine maxi.
  • Enfin, je compte les jours jusqu’au 12 avril, jour où nous aurons le droit de voyager en Angleterre (sans hôtel). Nous avons prévu une virée en campervan, dans le nord du Devon.

En attendant, courage à tous, de tout cœur, et vivement des jours meilleurs !

 

Notre vie en Angleterre #88 : enfin l’école ! Et après ?

Cela fait trois semaines que je n’ai pas écrit ici et je ne vais pas vous mentir : le moral n’était pas bien haut. Confinement total et isolement social m’ont épuisée. Comme lors du premier confinement l’an dernier, c’est surtout Ticoeur et moi qui craquons à la longue ! Par rapport à nous, Titpuce et Papa Voyage semblent descendre de Buddha ! (D’ailleurs Titpuce s’est mise toute seule à la méditation et elle ne rigole pas !).

Mais aujourd’hui, je reprends ma plume et ce n’est pas un hasard : aujourd’hui, Ticoeur, Titpuce et tous les petits Anglais sont retournés à l’école ! Hallejuha ! Une étape essentielle et très attendue. Nos amours se sont réveillés super tôt, comme si le Père Noël était passé ; ils étaient super animés, souriants, heureux, ils ont enfilé leurs uniformes (qu’heureusement nous avions achetés trop grands !) et nous avons retrouvé avec plaisir le chemin de l’école et le sourire masqué du directeur.

L’école fonctionnera avec les mêmes règles qu’au premier trimestre, avec une organisation par bulle. (J’avais tout expliqué dans ce billet).

Donc oui, nous sommes ravis de la reprise de l’école après ces neuf semaines de confinement total. Notons également que cette fois-ci, contrairement à l’an dernier, les écoles ouvrent avant les pubs. Je répète : les écoles ouvrent avant les pubs ! Comme quoi, les hommes politiques sont finalement capables de s’améliorer avec le temps…

Vendredi, j’ai pris quelques photos des enfants en distance learning, pour documenter ce qui j’espère sera « de l’histoire ancienne ». Ce matin, j’étais complètement aux anges en les déposant devant l’école même si j’ai eu un micro pincement au cœur en pensant à cette période passée… sans poux !

Donc les écoles ouvrent mais quid du reste ?

Évidemment, j’aurais espéré bien plus que la reprise de l’école. Et je ne suis clairement pas la seule ! Quand oncle Bobo a pris la parole le 22 février pour nous annoncer les étapes du déconfinement, nous nous attendions à retrouver plus de libertés. Pourquoi ? Parce que le confinement a payé ses fruits côté situation sanitaire et stats ; et surtout parce que la campagne de vaccination avance à un rythme incroyable ! (Plus de 20 millions de personnes à date soit 40% des adultes). Alors on s’imaginait que la combinaison de la sévérité de notre confinement et du nombre de personnes vaccinées allait nous sortir rapidement du tunnel. Mais non ! Le tunnel est étonnamment LONG… Je ne vais pas vous détailler ici les nombreux points du déconfinement anglais en 4 étapes mais je vais vous résumer les changements qui comptent pour nous et qui vont changer les choses pour notre petite famille. Avant que vous ne me le disiez vous-mêmes : oui, je suis d’accord avec vous, c’est déjà bien d’avoir un plan ! Avoir des dates, ça fait du bien psychologiquement. Clairement. Mais la route est étrangement très longue…

A partir du 29 mars :

Nous pourrons enfin recevoir une famille dans notre jardin (une seule famille et en extérieur uniquement). J’attends ce jour avec grande impatience ! J’ai peaufiné mes recettes de pâtisseries françaises afin d’organiser des goûters avec les familles des amis de Ticoeur et Titpuce (une famille à la fois). Parce que si le confinement total n’a commencé que début janvier, il faut savoir que depuis la mi-septembre, même quand nous n’étions pas confinés, nous ne pouvions déjà plus voir d’autres familles. C’est clairement le point le plus difficile pour nous. Nous vivons dans un endroit super joli, dans une maison que nous adorons mais cela fait 6 mois que nous sommes seuls. Heureusement que nous sommes quatre cela dit ! Et qu’oiseaux, biches, écureuils et renards viennent nous rendre visite… Bref, j’ai hâte de pouvoir recevoir des humains dans le jardin et je suis d’ailleurs en train de regarder pour acheter d’urgence de nouvelles tasses car je les ai quasi toutes cassées ! On en parle peu mais la vaisselle est fortement maltraitée pendant le confinement : non pas que nous rejouions des scènes de La Guerre des Roses mais à force de rester à la maison et de boire une tonne de café et de thé, et bien ça s’use ! Il ne nous reste plus que deux tasses à café au bout d’un an de pandémie. Il est tant qu’on en sorte !

Nous pourrons enfin quitter notre village pour notre balade du jour. Nous pourrons aller dans les environs, notamment retourner dans la New Forest. Je l’adore notre village mais sincèrement, je connais notre plage par cœur ! Il y a eu quelques jours fin février où elle me sortait par les yeux cette plage ! Je sais que c’est horrible de dire ça car tant de personnes aimeraient voir la mer. Mais je mentirais si je vous disais qu’aller tous les jours sur la plage de mon village suffisait à mon épanouissement. Cela dit, nous y allons quasi tous les soirs car c’est finalement une relation compliquée d’amour et de haine :-). Oui, dans le fond, je l’aime toujours notre plage ! Surtout quand elle nous offre de tels couchers du soleil :

   

Ticoeur pourra reprendre le tennis (en extérieur). Et je viens d’apprendre que tout le monde (adultes et enfants) pourra reprendre la voile ! Youhou ! La nouvelle est arrivée ce matin… D’où ma relative bonne humeur du jour :-).

A partir du 12 avril :

Nous pourrons voyager en Angleterre mais sans hôtels et juste nous quatre en famille. Donc, heureusement que nous avons un campervan ! Pour nous, le 12 avril, il restera 7 jours de vacances scolaires de Pâques. Dans certains comtés, les vacances seront déjà terminées et donc certaines familles n’auront pas de vacances du tout ! C’est vraiment dur ! Déjà que les vacances de février ont été sacrifiées… Pour trouver de la place dans un camping en avril, il fallait être rapide ! Pendant que Boris faisait ses annonces le 22 février, j’avais une autre fenêtre d’ouverte sur l’ordinateur pour rapidement réserver un emplacement dans un camping. Heureusement que j’avais déjà fait mes recherches et repérages. Pas mal d’Anglais n’ont rien pu réserver ! Et puis certains propriétaires ont fait grimper les prix, jusqu’à 100£ pour un pauvre emplacement de camping ! Bref, nous nous en sortons très bien : nous avons trois nuits sur un emplacement campervan face à la mer dans le Devon puis deux nuits dans un autre camping, toujours dans le Devon, où j’ai pu réserver un « pod »… c’est tout ce qu’il restait, je crois que c’est une sorte d’igloo en dur (j’ai appuyé sur « réserver » avant de lire le descriptif, pour vous dire la folie ! Je vous passe les détails glamour mais sachez néanmoins que le 12 avril, les campings n’auront pas le droit d’ouvrir leurs toilettes !!! Seuls les Anglais constipés pourront voyager ;-).  Bref, nous avons investi dans des toilettes pour notre camper… Ce sujet WC m’a bien occupée trois jours ! Merci tonton Boris de me donner des projets passionnants pour passer le temps !

Ticoeur et Titpuce pourront reprendre la danse et la natation (activités d’intérieur autorisées, uniquement pour les enfants). 

Les bibliothèques ouvriront (ouf ! Car même pas de « click and collect » en ce moment !), ainsi que les commerces « non essentiels ». Je déteste cette expression d’ailleurs. Pour moi, acheter de belles tasses pour boire mon café est essentiel ! Et oncle Bobo a sacrément besoin d’une coupe de cheveux !

A partir du 17 mai :

Cela devient intéressant : ouvertures des musées, hôtels, restaurants, autres loisirs… Cette fois, nous pourrons inviter UNE famille à l’intérieur de notre maison (côté liens sociaux c’est fou ce que c’est lent ici !).

Aussi, il y a un espoir non confirmé à date de potentielle ouverture de la frontière ! Mon père qui vit à Paris et qui a déjà été vacciné attend le GO : pour sûr, il sera le premier à traverser le tunnel pour venir nous voir ! Mais ce n’est pas certain. Mi-avril, il y aura une annonce concernant l’international. A suivre si vous souhaitez venir en Angleterre cet été. Après tout, je pense que ce sera un pays plutôt safe au final !

Le 21 juin :

Nous serons libres. Peut-être.

Voilà à quoi ressemble la situation en Angleterre. Du moins pour nous. Si vous souhaitez lire le pavé détaillant le calendrier de chaque chose autorisée, c’est sur le site du gouvernement mais vous risquez de vous endormir avant le chapitre final. Je crains que ce ne soit pas un bestseller! Il y a, dans ce calendrier de déconfinement, des choses incohérentes bien sûr (comme partout). Il y a aussi des phrases qui m’ont donné la chair de poule : le gouvernement a fixé une date d’autorisation pour s’asseoir sur un banc avec une autre personne… J’en ai presque pleuré. Non pas que j’aie particulièrement envie de m’asseoir sur un banc, c’est pas mon genre, mais bon : jusqu’où va la folie des hommes ?

Je finirai donc sur cette chanson de Renaud que je trouve particulièrement d’actualité :

À m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu’y en a
Te parler du bon temps qui est mort ou qui reviendra
En serrant dans ma main tes petits doigts

(…)

Te raconter enfin qu’il faut aimer la vie et l’aimer même si
Le temps est assassin et emporte avec lui
Les rires des enfants et les mistral gagnants
Et les mistral gagnants

 

***

Belle semaine à tous ! Et courage !