Le jour où je me suis perdue dans le désert d’Atacama

Je vous l’ai déjà raconté : j’ai vécu quelques mois au Pérou en 2002 et j’en ai donc profité pour découvrir la région et les pays limitrophes. C’est ainsi qu’un jour j’ai décidé de partir pour le désert d’Atacama, au Chili. Je ne me doutais pas que j’allais y vivre une grande aventure devenue une anecdote que je raconterai sans cesse à mes petits-enfants le soir au coin du feu… En attendant, je vous raconte cette histoire sur le blog !

Après un long périple en bus via le lac Titicaca, La Paz et Uyuni en Bolivie, je suis arrivée au Chili à San Pedro d’Atacama, village situé au milieu du désert. Bien sûr, si j’avais eu de l’argent, j’aurais pu me rendre au Chili par avion avec Lanairlines mais à l’époque, j’étais en mission humanitaire donc j’avais plus de temps que d’argent ;-). En plus, le salar d’Uyuni s’est avéré un des plus beaux endroits que j’ai pu voir en Amérique Latine donc mon long périple n’a pas manqué d’intérêt. Je vous parlerai d’ailleurs sans faute de la Bolivie un jour !

Bref, dans le Lonely Planet je lis qu’une chouette façon de découvrir ce désert chilien est d’opter pour une grande balade à cheval. A San Pedro, je n’ai aucun mal à trouver la personne qui organise ces promenades équestres. Je m’inscris. Nous sommes une dizaine de touristes. La balade commence vers 15h si je me souviens bien. Au début, l’expérience est magique : les chevaux se suivent, je suis juste derrière le guide et les paysages sont superbes, lunaires. Nous passons d’ailleurs par la vallée de la lune et la vallée de la mort… Tout un programme !

Le désert d’Atacama est clairement un incontournable de tout voyage au Chili et à cheval on profite vraiment du décor. Je suis complètement enthousiaste. Le guide est adorable. On discute pas mal ensemble d’autant plus que nous faisons souvent des pauses pour attendre le reste de la troupe.

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 crédit photo : Danielle Pereira

Et c’est là que commencent mes soucis. Très gentiment, le guide me dit que comme je me débrouille bien, il trouve dommage que je ne profite pas totalement de mon cheval à cause du rythme de notre groupe. Il me propose donc de partir devant, au trot ; que je n’ai pas à m’inquiéter car le cheval connaît le chemin par cœur (hum, hum !) car il le fait tous les jours. Je me souviens avoir eu un moment d’hésitation. Je ne connais pas si bien que ça les chevaux et du coup j’étais sceptique mais je me suis laissée tenter. J’avais envie d’aller plus vite, de ne plus être avec dix inconnus et de vivre l’expérience désert à 100% ! Sauf que c’est devenu une expérience à 300% !

Au début c’était le rêve. Je me serais cru dans un western, chevauchant mon beau cheval noir dans ce décor  :

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crédit photo : Falco – Pixabay

Ces reliefs forment un labyrinthe. Oui, un labyrinthe. Vous me voyez venir : mon cheval s’est perdu ! Oui, celui en qui je devais avoir totalement confiance a commencé à hésiter, puis à faire demi-tour une première fois, une deuxième fois et puis il s’est mis à « pleurer ». J’ai compris qu’on était mal barré… Je décide de diriger moi-même l’animal en essayant de suivre les crottes les plus fraîches (oui, les idées viennent dans les situations désespérées !) et je me dis que forcément nous allions retomber sur le groupe. Mais non, ces dunes forment un dédale plus complexe que je ne l’aurais pensé. Après une bonne demi-heure d’errance au galop, je descends de cheval, fatiguée. Mon compagnon semble aussi désespéré que moi. Je me pose sur un rocher pour réfléchir et essayer de m’orienter mais je n’ai pas de solution miracle. San Pedro doit être à environ 10km mais je ne sais pas dans quelle direction et je ne vois rien au loin à cause des petites montagnes qui me cachent la vue. Du coup, je décide d’escalader l’une d’elles. J’espère apercevoir le village depuis le sommet sauf qu’après quelques pas je m’enfonce d’un coup jusqu’aux genoux et là je comprends que ces petites montagnes ne sont pas faites de terre ferme. Je me rappelle soudain avoir lu qu’il s’agissait de sel ! Ce qui est très logique dans cette zone. L’endroit s’appelle en fait la Cordillère de sel. Du coup, je prends peur car hors de question de disparaître sous un tas de sel ! Je reste donc sur le chemin mais je n’ai plus d’idées. Sur ce, mon cheval s’en va sans m’avertir et je n’ai même pas la force de lui courir après.

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crédit photo : TravelCoffeeBook – Pixabay

Je me retrouve donc seule, dans le désert. Je commence une longue marche… Tant qu’il fait jour, je garde espoir et je me sens d’attaque pour essayer un peu tous les chemins sauf que le soleil commence à disparaître et mon courage avec. Je me demande alors quels animaux sauvages je risque de croiser. Je me souviens avoir vu un renard plus tôt dans la journée et je n’ai aucune envie d’en revoir un ou tout autre bête… La nuit tombe. Je m’assoie sur un rocher. Là je commence à avoir peur. Vraiment. Cela fait faire 3 ou 4h que je suis seule dans le désert. Je commence aussi à avoir froid (le plateau est situé à 2500 mètres d’altitude). Les premières larmes s’échappent…

atacama3crédit photo : Backpackerin – Pixabay

Juste à ce moment-là, par miracle, je vois au loin des lampes torches (comme dans les films !) et j’entends « Cristina, Cristina…! »). Tout le monde était parti à ma recherche ! Enfin, une bonne vingtaine de personnes, dont le guide bien sûr, ses amis et des touristes qui avaient commencé la balade avec moi. Quel soulagement, je vous dis pas ! Juste quand je craquais, j’ai été sauvée ! Le guide a eu très peur aussi (enfin moins que moi !). Cela aurait compromis son business s’il m’avait perdue ! Et puis, bien sûr il avait une conscience heureusement tout comme tous les gentils bénévoles qui marchaient depuis plus d’une heure à ma recherche. Le cheval, lui, le lâcheur était rentré à l’écurie avant le coucher du soleil ! Ah le coquin !

J’étais sous le choc toute la soirée et même le lendemain, comme lobotomisée. Le groupe qui était parti à ma recherche s’est occupé de moi : ils m’ont invitée à dîner. Nous avons fait une grande tablée dans un resto de San Pedro d’Atacama. La soirée a duré de longues heures, autour de mon histoire et des anecdotes des uns et des autres… C’était la première fois que le guide perdait un touriste. Depuis j’imagine qu’il ne laisse plus jamais personne passer devant  😉 Si quelqu’un se rend à San Pedro d’Atacama passez-lui le bonjour. Je pense qu’il se souviendra encore de moi !

Mais pas d’inquiétude ! Le Chili est un pays superbe et j’étais juste jeune et inconsciente 🙂

Partez sereinement visiter le Chili et suivez le guide si vous allez dans le désert !
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*En partenariat avec LanAirlines mais le contenu est évidemment totalement personnel !

21 réponses pour “Le jour où je me suis perdue dans le désert d’Atacama


  • Oh quelle expérience !
    Je crois que j’aurais pas attendu 3/4h pour craquer !
    Mais une aventure dure en émotion qui laisse finalement une joli anecdote avec le temps.

    • On ne sait jamais d’avance comment on réagit dans ces cas-là ! Je pense qu’on trouve toujours un peu de courage quelque part car on veut s’en sortir !

  • Ca, c’est pas de l’anecdote de gnognotte. Se perdre dans le désert, j’admire. Et j’ai beau avoir pas mal de sang-froid et être très optimiste, je pense aussi qu’à ta place, j’aurais craqué un peu plus tôt.

  • hi hi hi heureusement il y a une fin heureuse !! je n’aurais pas du tout confiance dans un cheval, ceci dit ! ;-)) Tu as dû avoir la peur de ta vie !

  • ça, c’est ce que j’appelle une aventure, ton histoire est passionnante. J’imagine ce que tu as dû ressentir quand tu t’es perdu.

  • Quelle aventure : une vraie, du coup je relative mes premiers errements dans Paris quand je ne connaissais pas trop 🙂
    Tu as quand même eu du sang froid et pris des initiatives, c’est un truc génial à raconter à tes enfants !
    Et sinon, les paysages sont WAOW.

    • Oui à choisir je préfère me perdre à Paris mais les grandes villes peuvent être terrifiantes aussi… je me souviens d’une fois où je me suis perdue dans Chicago… J’en parlerai une autre fois 😉

  • En lisant ton titre, je m’apprétais à écrire que cela m’était aussi arrivé mais pour ma part, j’étis en 4×4 et pas seule ^^)
    Tu as te faire une grosse grosse frayeur. Pour connaitre le coin, même accompagné et avec une voiture, on se sent très vite seul …

  • Ciel ! J’imagine un tout petit peu la peur que tu as ressentie. Quand j’étais adolescente, en Irak, nous étions en train de traverser un désert à plusieurs 4X4 (ma famille et des amis), en navigant à la boussole. A une pause, ma petite sœur change de voiture sans prévenir. Nous nous arrêtons paniqués et nous la retrouvons. Je sens encore aujourd’hui l’émotion de la peur. Parce que retrouver une enfant dans un désert de dunes où les traces de voiture sont effacées rapidement par le vent, ce n’est pas aisé…. Vue la réaction de mon père, je pense qu’il a eu une des plus grandes peurs de sa vie Pfff !

  • Ah oui ça c’est du lourd comme anecdote… J’imagine ton angoisse ! Heureusement que tout le monde était parti à ta recherche… et je garde en t^te qu’il ne faut pas se fier au sens de l’orientation de son cheval 😉

  • Oh lala quelle histoire. J’aurai sans doute hurler, fait une crise d’angoisse. Bravo pour ton sang- froid.

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