Livres britanniques et tasse de thé sur un plateau près d'une fenêtre

40 auteurs britanniques pour vos lectures en anglais

Le voilà enfin l’article promis sur mes lectures anglaises ! C’est fou le temps que ça m’a pris pour me rappeler tous les auteurs britanniques dont les livres ont croisé mon chemin entre mes années collèges et aujourd’hui ! Je dirais que j’ai eu quatre grandes phases de lectures anglaises : la première, au collège, quand j’ai découvert certains classiques grâce à mes professeurs (pour cette première phase, j’ai surtout lu des traductions en français puisque j’étais nulle en anglais) ; puis, une deuxième grande phase quand je suis partie vivre aux Etats-Unis après mes études pour véritablement apprendre l’anglais (à partir de là, je n’ai lu les livres anglais qu’en anglais) ; une troisième phase, pendant notre premier tour du monde (celui en amoureux car nous avions beaucoup moins de temps pour lire pendant notre tour du monde en famille !)… Nous lisions ce que nous trouvions dans les auberges de jeunesse donc souvent en anglais ; enfin, une quatrième phase depuis que je vis en Angleterre et surtout depuis que nous sommes confinés ! Évidemment, je suis certaine que j’ai dû oublier certaines de mes lectures car ma mémoire me joue parfois des tours mais j’espère que parmi les 40 auteurs britanniques que je vous présente ci-dessous, vous trouverez quelques nouvelles idées de lecture. Je vous rappelle que j’avais déjà écrit un article sur les livres jeunesse anglais que Ticoeur et Titpuce ont aimé entre l’âge de 7 ans et de 11 ans. Retrouvez aussi leurs 33 livres jeunesse préférés d’auteurs britanniques ou américains lus entre l’âge de 9 et 13 ans. J’ai aussi publié un article sur 10 séries anglaises que j’ai bien aimées et enfin un article sur mes 30 films britanniques préférés. Avec tout ça, vous devriez avoir assez de ressources pour parfaire votre anglais ou découvrir la culture britannique en attendant de voyager de l’autre côté de la Manche !

Livres britanniques et tasse de thé sur un plateau près d'une fenêtre

Littérature britannique contemporaine :

Jonathan Coe : je commence par un auteur que j’aime beaucoup. Jonathan Coe est un écrivain anglais né en 1961 à Birmingham. Je vous recommande surtout The Rotter’s Club (Bienvenue au club) pour une première immersion. Il s’agit de suivre la vie d’un groupe d’amis, dans un lycée privé de Birmingham, au cœur des années 70. La force de J. Coe c’est son don pour donner une véritable épaisseur à ses personnages. On s’y attache, on les comprend, on vit avec eux les hauts et les bas de leurs aventures de lycéens mais aussi les événements de cette époque. C’est l’autre particularité de la plupart des romans de J. Coe : ils s’inscrivent dans le contexte historique du pays. Une belle manière d’approfondir sa connaissance de l’Angleterre. Dans les années 70, il y a les attentats de l’IRA, les manifestations ouvrières, le rock et l’arrivée de Thatcher. Le héros principal, Benjamin est clairement inspiré de l’auteur. Si comme moi, vous devenez accro à cette bande de lycéens, vous souhaiterez les retrouver dans le roman suivant The Closed Circle (Le Cercle fermé) qui est moins bien mais qui permet de savoir ce que Benjamin et ses amis sont devenus une fois adultes. Enfin, Middle England (Le Cœur de l’Angleterre) est un troisième volet qui permet de retrouver les mêmes personnages au moment où se décide le Brexit. Ce dernier roman est le bon moyen de comprendre le contexte socio-politique dans le pays à la veille de la sortie de l’Europe. Vous pouvez même le lire sans avoir lu les deux précédents si le sujet Brexit vous intéresse. Dans un tout autre style, j’ai beaucoup aimé The House of Sleep (La Maison du Sommeil) un livre à la limite de la science-fiction puisqu’il décrit une sorte d’institut où le sommeil est étudié à des fins fort inquiétantes. Encore une fois, les personnages sont très bien travaillés ; le tout est irréaliste, comme… un rêve, ou un cauchemar ! Un livre qui devrait ravir les insomniaques !

Gail Honeyman : j’ai découvert le roman Eleanor Oliphant is completly fine (Eleanor Oliphant va très bien) grâce à mon club de lecture. Je crois que je vous l’ai déjà dit, parmi mes nombreuses activités de desperate housewife, il y a ma participation au club lecture du coin, club dont je suis un peu le bébé étant donné la moyenne d’âge ;-)… Mais c’est sympa ! Bref, Gail Honeyman est une romancière écossaise née en 1972 et, dans ce premier roman, elle nous raconte l’histoire fort touchante d’Eleonor, une femme un peu perdue émotionnellement, qui souffre de se sentir si différente des autres, par son passé, par ses difficultés en société, par son caractère fragile,… En lisant ce livre, on retrouve un peu d’Eleonor en nous, cette partie qui nous met parfois en insécurité et même s’il y a quelques passages qui semblent un peu too much, on retient beaucoup d’humanité et de belles tournures de phrases. En plus, si vous le lisez en anglais, c’est plutôt une lecture facile.

Ian Mc Ewan : auteur anglais né en 1948 à Aldershot. J’ai aimé son roman le plus célèbre, Atonement (Expiation) qui raconte comment Briony, une petite fille de bonne famille a fait basculer la vie d’un homme, fils d’une domestique et le destin de sa sœur en interprétant et jugeant une scène entre les deux amoureux… C’est un livre qui s’attache énormément aux pensées intérieures, à l’enfance, au sentiment de culpabilité et aussi au fossé social entre la classe privilégiée et celle qui subit les préjugés de la première. Le film inspiré de ce roman est également excellent mais le livre prend vraiment le temps d’approfondir les états d’âmes de la narratrice. De Ian Mc Ewan, j’aimerais également lire On Chesil Beach (Sur la plage de Chesil) et surtout The Coakroach (Le cafard), un autre livre qui parle du Brexit (oui, c’est une obsession !)

Irvine Welsh : écrivain écossais né en 1958. Vous avez certainement vu le film Trainspotting. Je ne peux que vous conseiller le livre qui est plus riche en détails et très bien écrit pour nous parler d’une jeunesse sans repère, sans espoir au milieu des années 90 à Edimbourg. Vous connaissez l’histoire…

David Lodge : j’ai souvent croisé ses livres lors de notre premier tour du monde. A croire que c’est un auteur anglais particulièrement apprécié des voyageurs, pourtant, il n’y a aucun rapport entre ses romans et les voyages. Les histoires se passent souvent dans le milieu universitaire et donnent la part belle aux relations hommes-femmes et à l’adultère. Je vous ai cité cet auteur car primo c’est très facile à lire en anglais, avec de bons mots par-ci par-là et secundo, David Lodge (londonien né en 1935) est un écrivain contemporain connu… mais… je précise que son écriture me fait penser à Beigbeder ou à Houellebecq… c’est pas vraiment un compliment quand je dis ça :-)… Disons que je n’aime pas trop avoir clairement l’impression qu’un homme soit derrière la plume :-)… Bref, David Lodge : à découvrir selon vos goûts, ou pas ! Léger et facile à lire dans tous les cas. J’ai lu : Thinks…(Pensées secrètes), Therapy (Thérapie), Changing Places (Changement de décor), Small World (Un tout petit monde), Nice Work (Jeu de Société). Quand je vous dis que j’ai souvent croisé ses livres dans les auberges de jeunesse !

Déception lecture : J’ai lu The History Boys d’Alan Bennett (né en 1934). Comme je m’attendais à quelque chose dans l’esprit du Cercle des Poètes Disparus, j’ai été déçue. En même temps, je me dis que je devrais aller voir la pièce au théâtre pour mieux l’apprécier. Ce livre très court est un dialogue entre des élèves d’une école anglaise élitiste et leurs professeurs. Disons que j’ai lu cette pièce pour mieux comprendre le système éducatif (une autre de mes obsessions anglaises avec le Brexit), système fort complexe et finalement pas moins élitiste qu’en France… Un style d’écriture un peu prétentieux.

Dans ma PAL (pile à lire) : Mike Gayle (Half a World Away), Hanif Kureishi, Julian Barnes, Mary Stewart, Maggie O’Farrell, Gerald Durrell, Jodi Taylor, Anna Hope, Deborah Levy.

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Lectures anglaises très légères pour la plage :

Stephen Clark : J’ai lu A year in the Merde quand je suis arrivée aux US pour justement un an. Le titre m’a interpelée quand je l’ai vu en librairie car c’est un peu l’impression que j’ai eu au début de mon expérience américaine :-). En fait, ce livre fort léger n’a  absolument rien à voir avec les Etats-Unis puisque c’est l’histoire d’un jeune anglais qui vient travailler pour un an à Paris. C’est plein de clichés mais franchement il y a du vrai. C’est sympathique, facile et divertissant. (Stephen Clark est né en 1958 à St Albans).

Helen Fielding : le fameux Bridget Jones’s Diary est clairement un livre 100% british. Là encore, il s’agissait pour moi de lire quelque chose de léger et de très facile en anglais. Le journal quotidien d’une jeune anglaise célibataire c’était parfait ! (Helen Fielding est née en 1958 dans le Yorkshire). J’ai lu ce roman quasi à sa sortie donc avant les films.

Nick Hornby (né en 1957) : des livres divertissants à l’écriture fluide et moderne. Je vous conseille la comédie romantique High Fidelity (Haute fidélité) qui a inspiré le film que vous connaissez sans doute et About a Boy (A propos d’un gamin), une histoire d’amitié touchante entre Marcus, un collégien, enfant marginalisé et Will, un trentenaire célibataire.

Matt Haig (né en 1975): via mon book club, j’ai découvert The Midnight Library il y a quelques mois. C’est le tout dernier livre de cet auteur à succès. Il n’existe pas encore de traduction en français mais je suis certaine que c’est prévu. Si vous lisez en anglais c’est facile. Le concept de l’histoire est sympa : imaginez qu’entre la vie et la mort vous ayez la possibilité de vous retrouver dans une grande bibliothèque qui contient les livres avec toutes les versions de ce qu’aurait pu être votre vie si… Des scenari infinis qui donnent envie d’ouvrir certains livres… Nous suivons alors l’héroïne qui explore les différents livres de sa vie… Mon avis ? Je pense que cela pourra faire un excellent film. J’ai aimé l’idée et le début de l’intrigue. Par contre, côté écriture et déroulement de l’histoire, j’ai trouvé que c’était trop facile, avec beaucoup de lieux communs et une fin évidente. Un manque d’originalité et de profondeur. Bref, une lecture sympa pour se divertir.

Raynor Winn : j’ai lu The Salt Path pendant ce énimème confinement et ça m’a fait du bien de « marcher » virtuellement le long du South West Coastal Path avec Raynor (l’auteur du livre) et son mari Moth. Il s’agit d’un récit de voyage, une histoire vraie : le couple se retrouve sans travail et sans toit suite à des soucis financiers. En même temps, ils apprennent que Moth est atteint d’une maladie incurable. Ils se lancent alors sur le célèbre chemin de rando qui longe la côte sud-ouest de l’Angleterre entre Minehead et Poole : 630 miles pour se retrouver et retourner aux choses essentielles de la vie. Parce que je connais une grande partie de ce chemin que nous avons longé par endroits pendant nos vacances en Cornouailles, ou dans le sud du Devon, je me suis particulièrement sentie transportée sur ce célèbre itinéraire. C’était pour moi, une manière de voyager confinée. La mer, l’air salé, la vie tout simplement, cela me parle… Un témoignage touchant. Trop de répétitions dans la seconde partie du livre mais cette tranche de vie, honnête et 100% nature m’a globalement bien plu. Il n’y a pas encore de version en français. Niveau d’anglais facile. Un peu dans l’esprit du film Wild.

Dans ma PAL : Beth Olary

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Policiers et Thrillers made in the UK :

Lisa Jewell : Londienne née en 1968, Lisa Jewell est célèbre pour ses nombreux thrillers. Je l’ai découverte grâce à mon book club car à la base, je ne suis pas une grande lectrice de thrillers à succès. Parmi ses livres, j’ai particulièrement accroché avec The Family upstairs (Ils sont chez nous) car en ces temps de confinement, j’ai du mal à lire des histoires où les gens vivent normalement, sortent au restaurant, font la fête et voyagent :-). Dans The family upstairs c’est parfait pour rester dans l’ambiance « confinement » : on suit une famille qui héberge gentiment quelques personnes chez eux histoire de les dépanner quelques temps mais ces invités ne vont plus partir. On se retrouve alors dans un huis clos, on ne quitte plus la maison et on découvre peu à peu les jeux de pouvoirs et les règles qui s’installent dans cette maison où les hôtes ne sont plus maîtres chez eux… Derrière le thriller, il s’agit aussi de dénoncer les phénomènes d’emprise psychologique et de comprendre les impacts sur les enfants… D’autres livres connus du même auteur : Then she was gone (Comme toi), Watching you (Tous tes secrets) et I found you (On se reverra).

Alex Garland : J’ai hélas vu le film The Beach (La plage) avant de lire le livre qui est clairement plus riche et plus sombre aussi. L’histoire d’un voyage en Thaïlande qui commence en mode routard mais devient de plus en plus inquiétant, stressant, dangereux, ce qui donne un côté thriller même si ce livre n’est pas tout à fait un thriller non plus…

Ian Rankin : écossais né en 1960, il est connu pour ses romans policiers et les enquêtes de l’inspecteur John Rebus. Je n’ai lu qu’un livre de lui, The Falls (La colline des chagrins) :  « Alors que Flip Balfour, la fille d’un banquier d’Édimbourg, vient de disparaître, un minuscule cercueil en bois est retrouvé sur la propriété familiale. » L’inspecteur Rébus va enquêter sur cette disparition mystérieuse liée à ce qu’il se passait au XIXiè siècle lorsque la faculté de médecine d’Edimbourg avait besoin de travailler sur les dissections… Il y a des longueurs mais c’est une lecture qui nous permet de nous imprégner de la capitale écossaise.

Agatha Christie : j’ai lu ses romans les plus connus lorsque j’étais au collège mais j’en ai relu quelques uns en anglais il y a deux ans suite à notre visite de la superbe villa d’Agatha Christie dans le Devon (j’en ai parlé ici). And then there were none (10 Petits Nègres) et Murder on the Orient Express sont d’excellents classiques. Je recommande la lecture de Dead Man’s Folly (Poirot joue le jeu) une fois que vous aurez visité la maison de l’auteur dans le Devon car toute l’enquête a lieu sur sa propriété donc c’est sympa de pouvoir s’imaginer le décor de l’intrigue.

Dans ma PAL : Kathryn Hughes, Anne Perry, Ellis Peters

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Science-fiction à l’anglaise :

China Miéville : j’ai été happée par le roman The City and The City où deux villes apparemment voisines sont finalement liées par des règles étranges et complexes. En suivant l’enquête sur un meurtre, nous comprenons peu à peu comment vit cette société et nous basculons d’une ville à l’autre d’une manière de plus en plus étrange. Difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler le fonctionnement de ce monde fictif. Les descriptions et les passages d’une ville à l’autre sont si bien écrits que nous réussissons nous aussi à voyager dans The City and The City, sur le fil…

Kazuo Ishiguro : auteur britannique né au Japon dont j’ai découvert le roman Never let me go (Auprès de moi toujours) lors de notre tour du Monde. Une histoire dérangeante qui nous dévoile peu à peu pourquoi de nombreux enfants sont élevés dans un pensionnat complètement coupé du monde où les règles sont intrigantes et inquiétantes. Espérons que rien de pareil n’existe dans le futur… Le film est très bien aussi mais le livre est mieux ;-).

Richard K. Morgan : dans la trilogie Altered Carbon, l’écriture est speed mais de grande qualité. « Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive  : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours… »  Nous suivons le héros dans ses enquêtes aux connotations politiques et sociales.

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The Modernists :

Voici deux célèbres écrivains du début du XXiè siècle appartenant au groupe littéraire The Modernists :

Virginia Woolf (1882-1941) : j’ai découvert le roman Mrs Dalloway en lisant un autre livre (The Hours de l’écrivain américain Michael Cunningham). En effet, The Hours s’appuie sur Mrs Dalloway donc j’ai eu envie de découvrir la source de l’inspiration de ce livre que j’avais beaucoup aimé. Mrs Dalloway s’est avéré plus classique mais j’ai adoré le style de Virginia Wolf. The Hours a d’ailleurs pali à mes yeux après la lecture de Mrs Dallaway. L’histoire nous fait suivre Clarissa, une jeune londonienne dans les années 20 : ses pensées, ses doutes, son quotidien. Une écriture délicate, humaine, féminine. Un style très littéraire. Il faut déjà un bon niveau d’anglais pour s’y attaquer et apprécier le choix des mots. Je devrais lire d’autres romans de Virginia Woolf. N’hésitez pas si vous avez des conseils !

E.M. Forster (1879-1970) : Dans A room with a view (Avec vue sur l’Arno), nous voyageons d’abord à Florence en Italie puis dans le sud de l’Angleterre pour suivre la vie amoureuse et les questionnements de Lucy Honeychurch, une jeune fille de très bonne famille, prête ou non à briser certains codes sociaux de la période édouardienne (début du XXiè siècle). On trouve dans ce roman un soupçon d’émancipation de la femme, ce qui était assez moderne pour l’époque. Pas étonnant que E.M Forster ait été un bon ami de Virginia Woolf.

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Classiques lus au collège et lycée :

Même si j’ai lu les livres suivants quand j’étais ado, il s’agit de grands classiques que je conseille fortement aux adultes qui ne les auraient pas encore lus.

  • George Orwell (1903-1950) : j’ai été fascinée par 1984. Un livre inoubliable et hélas trop souvent d’actualité. Un livre qu’il faut absolument avoir lu pour toujours avoir en tête ce qui pourrait se passer, et surtout éviter que nos sociétés deviennent comme dans ce livre de science fiction fort réaliste… “The choice for mankind lies between freedom and happiness and for the great bulk of mankind, happiness is better.” J’ai également aimé Animal Farm (La ferme des animaux), une courte dystopie pas aussi poignante que 1984 mais néanmoins une intéressante critique des régimes totalitaires sous forme de fable politico-sociale.
  • Aldous Huxley (1894-1963): j’ai lu Brave New World (Le Meilleur des Mondes) juste après 1984 histoire de rester dans le même thème qui m’a tant plu. Ces deux livres sont complémentaires. Deux futurs différents mais tout aussi inquiétants. Une lecture essentielle pour apprendre à veiller sur nos précieuses libertés…
  • William Golding (1911-1993) : un conseil lecture de ma prof de français de 6iè (elle assurait cette prof !) : Lord of the Flies (Sa majesté des mouches) : un groupe d’enfants se retrouve sur une île déserte. Ils doivent s’organiser et survivre. Un excellent livre de réflexion sur les jeux de pouvoirs et la psychologie.
  • Oscar Wilde (1854 – 1900) : que j’ai adoré le style, l’ambiance et les thèmes abordés dans The Picture of Dorian Gray (Le portrait de Dorian Gray) ! Un roman fantastique, coup de cœur de mes années collèges ! Je précise qu’Oscar Wilde est d’origine irlandaise mais il a étudié à Oxford et a longuement vécu en Angleterre (et, comme vous savez, il est enterré à Paris au Père Lachaise).
  • Edgar Allan Poe (1809-1849) : je me suis délectée de ses nouvelles, de ses courtes histoires un peu flippantes, juste la bonne dose de frissons !
  • Roald Dahl (1916-1960) : toujours dans la thématique frissons, j’ai dévoré les nouvelles de Roald Dahl, si bien écrites et inquiétantes ! Concernant ses romans pour les plus jeunes, j’avais donné nos recommandations ICI.
  • Charles Dickens (1812-1870) :  j’ai lu Oliver Twist en 6iè toujours sur les conseils de ma prof de français pour découvrir les conditions de vie difficiles dans les milieux défavorisés pendant l’âge d’or de l’industrie textile en Angleterre. Le travail des enfants, les workhouses, les orphelinats… Un roman social intéressant. Plus léger, pendant les fêtes de fin d’années, j’aime lire et relire A Christmas Carol (Un chant de Noël). Un conte très court, sympa à tout âge, qui nous parle de ce qui est essentiel. Charles Dickens est originaire de Portsmouth donc nous ne sommes pas bien loin de son fief !
  • Arthur Conan Doyle (1859-1930) : en 6iè, toujours sur les conseils de ma prof de français, j’ai lu Hound of the Baskerville (Le chien des Baskerville). Sans doute la plus célèbre des aventures du détective Sherlock Holmes. Comme l’action se passe dans le Dartmoor que nous avons visité l’an dernier, j’aimerais bien relire ce livre, en anglais cette fois-ci of course !
  • Graham Greene (1904-1991) : j’ai lu The Third Man (Le Troisième Homme) au collège, en 5iè et donc en français. Un roman noir qui a été écrit pour la réalisation du film du même nom que vous connaissez sans doute. Un super policier ! Du même auteur, j’ai également lu A gun for sale quelques années plus tard, en anglais.
  • Lewis Carroll (1832-1898) : quand j’ai lu Alice’s Adventures in Wonderland au collège, je n’ai pas aimé. Enfant, je n’avais pas accroché avec le Disney non plus. C’est trop loufouque pour moi. Mais j’ai relu le livre, en anglais, avec un regard d’adulte. J’y ai trouvé des passages fort intéressants et de très bons mots. Lewis Carroll s’est inspiré de son entourage à l’université d’Oxford donc visiter cette ville donne envie de se replonger dans les aventures d’Alice !
  • Jane Austen (1775-1817): pour la petite histoire, lors de mon premier séjour linguistique en Angleterre, alors que je venais tout juste de commencer les cours d’anglais au collège, j’ai acheté Pride and Prejudice dans une librairie de Londres après avoir miraculeusement réussi à demander un conseil pour un premier livre en anglais. Qu’est-ce que j’ai galéré ! J’ai dû utiliser le dictionnaire sur chaque mot et même comme ça, je n’ai rien compris ! Je l’ai donc relu quelques années plus tard. Un grand classique, très romantique et so english! Clairement pas une lecture pour débutant ! Jane Austen est originaire du Hampshire où nous vivons et elle est enterrée dans la superbe cathédrale de Winchester. Depuis que je vis ici, j’ai également lu Persuasion, très bien aussi.
  • Emily Brontë (1818-1848) : j’ai lu Withering Heights (Les Hauts de Hurle-vent) au lycée et j’ai beaucoup aimé l’ambiance noire limite cauchemardesque de ce grand classique romantique, une sombre histoire d’amour et de vengeance qui se déroule dans le Yorkshire. A ne pas lire une nuit de mauvais temps quand vous êtes seuls à la maison…
  • William Shakespeare (1564-1616) : je préfère profiter de son œuvre au théâtre mais de temps en temps, c’est bien de se poser avec les textes pour apprécier la beauté de ses phrases…

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Et les conseils de Papa Voyage :

Avec Papa Voyage nous avons un grand point en commun (à part le voyage !) : nous sommes de grands lecteurs ! Par contre, nous n’aimons pas du tout les mêmes livres ! Nous avons dévoré des centaines et des centaines de bouquins mais nos coups de cœur lectures en commun se comptent sur les doigts d’une main !

Fantaisie :

  • J.K Rowling (née en 1965) : nous ne présentons plus Harry Potter que toute la famille adore sauf moi ;-).
  • Douglas Adams (1952-2001): The Hitchhikers’s guide to the Galaxy (Le Guide du voyageur Galactique) est une œuvre de science fiction fort célèbre dont la particularité est l’énorme touche d’humour. Un livre parfait pour les geeks !
  • Neil Gaiman (né en 1960): Papa Voyage a quasi tout lu de lui et il recommande fortement American Gods ou encore Stardust… Nail Gaiman a également écrit de nombreux livres pour les enfants (Coraline…).
  • Philip Pullman (né en 1946) : coup de cœur de Papa Voyage pour la trilogie His dark materials (A la croisée des mondes). A partir de 12 ans.
  • J.R.R Tolkien (1892-1973) : Papa voyage fait partie des grands fans de la saga Lord of the Rings.

A noter : Papa Voyage a également lu Frankenstein de l’anglaise Marry W. Shelly (1797 – 1851). Il n’a pas trop accroché mais il trouve que c’est un livre clef dans l’histoire de la SF et de la littérature en général. Un livre étonnant, moderne et révolutionnaire pour une œuvre de 1816.

Humour :

Tom Sharpe (1928-2013) : Dans ses cinq romans de la série Wilt, on suit Henry Wilt dans des histoires complètement farfelues. Il s’agit d’un humour décalé, absurde, déjanté et franchement masculin… Je ne pense même pas en lire une page :-).

Romans historiques :

Ken Follett (né en 1949) : The Pillars of the Earth (Les piliers de la terre) un gros pavé facile à lire, intéressant, bien prenant, bien construit, bien documenté dont l’intrigue se déroule au Moyen-Age en Angleterre. Parfait pour le confinement :-). Ce livre a été vendu à 15 millions d’exemplaires !

J.G Ballard (1930-2009) : son célèbre Empire of the sun (Empire du soleil) est un livre autobiographique racontant la jeunesse de Ballard à Shanghai pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un roman célèbre, adapté au cinéma par Spielberg. Ballard est également l’auteur de nombreux livres de SF.

Format de lecture :

Un dernier mot pour vous parler des différents formats de lecture : avant notre tour du monde en famille, j’ai lu au format papier (achat ou emprunt à la bibliothèque). En 2016, pour notre tour du monde, j’ai commencé à lire sur tablette car c’était plus pratique pour voyager. Depuis, je lis essentiellement sur tablette car malgré mon amour inconditionnel pour les livres, je ne veux plus m’encombrer. Enfin, depuis quelques années, j’aime lire en version audio, tout particulièrement quand il s’agit d’un livre en anglais car cela me permet de faire d’énormes progrès côté compréhension. On travaille vraiment notre oreille ! Pendant le confinement, je n’ai lu que des audiobooks car cela m’a permis de faire plein de choses dans la maison (rangement, pâtisserie, nettoyage…) ou dans le jardin, tout en trouvant le temps de lire… En plus, comme nous n’avions le droit de voir personne, cela mettait un peu de présence dans mes journées confinées ! Bref, je conseille les audiobooks pour progresser en anglais : j’ai dû me concentrer au début mais ça vient vite !

Belles lectures à tous ! Et n’hésitez pas à partager vos coups de cœur !

 

Maison à pans de bois reflétée dans une fenêtre

Notre vie en Angleterre #89 : un an dans notre vieille maison anglaise…

Aujourd’hui est un double anniversaire assez particulier : cela fait un an que nous vivons dans notre nouvelle maison. Et ce même jour, en mars 2020, alors que nous venions tout juste de finir notre déménagement à 15h, le premier confinement anglais était annoncé à 17h ! C’est dingue quand on y pense ! Un déménagement de justesse !

Maison à pans de bois reflétée dans une fenêtre

Je vous refais la petite histoire : puisque nous avions signé pour trois ans d’expatriation en Angleterre, déménager au bout d’un an et demi était une folie. Nous avions longtemps hésité : est-ce que vraiment nous souhaitions passer des jours à refaire les cartons pour « seulement » dix-huit mois ici. Heureusement, nous avons été fous ! Et je ne peux que faire « l’éloge de la folie » car cela nous a toujours réussi dans la vie !

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Notre vie en Angleterre #88 : enfin l’école ! Et après ?

Cela fait trois semaines que je n’ai pas écrit ici et je ne vais pas vous mentir : le moral n’était pas bien haut. Confinement total et isolement social m’ont épuisée. Comme lors du premier confinement l’an dernier, c’est surtout Ticoeur et moi qui craquons à la longue ! Par rapport à nous, Titpuce et Papa Voyage semblent descendre de Buddha ! (D’ailleurs Titpuce s’est mise toute seule à la méditation et elle ne rigole pas !).

Mais aujourd’hui, je reprends ma plume et ce n’est pas un hasard : aujourd’hui, Ticoeur, Titpuce et tous les petits Anglais sont retournés à l’école ! Hallejuha ! Une étape essentielle et très attendue. Nos amours se sont réveillés super tôt, comme si le Père Noël était passé ; ils étaient super animés, souriants, heureux, ils ont enfilé leurs uniformes (qu’heureusement nous avions achetés trop grands !) et nous avons retrouvé avec plaisir le chemin de l’école et le sourire masqué du directeur.

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Notre vie en Angleterre #87 : anniversaires confinés

Ce week-end, c’était au tour de ma Titpuce et de moi-même de tester les joies d’un anniversaire confiné. Nous sommes loin de la dolce vita de l’an dernier à Naples ! Mais nous avons fait de notre mieux avec cette lockdown vita !

Pour Titpuce, nous avons organisé une fête virtuelle sur Google Meet avec ses copines. Ma princesse s’est bien amusée. Les filles ont réussi à tenir une heure et demi à papoter sur je ne sais quoi. Pourtant, il ne doit pas y avoir matière à gossips en ce moment ! C’est fou comme les enfants sont à l’aise avec la vidéo à force de distance learning ! En tout cas, cela faisait du bien de les entendre rire.

Titpuce a également reçu tout plein de jolies cartes de ses camarades de classe car un papa avait suggéré que les enfants s’écrivent pour la Saint Valentin, juste pour montrer leur amitié. Cela fait déjà deux mois qu’ils ne vont plus à l’école et donc ne se voient plus. D’habitude, je trouve que les Anglais en font trop côté envoi de cartes avec juste trois mots dessus (à Noël c’est de la folie !) mais étant donné le contexte, cette petite manie anglaise a pris une autre dimension : une carte papier pour mettre du réel dans un monde trop virtuel ; une carte pour dire qu’on pense à ses amis et qu’on espère les voir bientôt ; des petits cœurs, des paillettes et des gommettes pour égailler ces journées qui se ressemblent. Bref, l’idée était excellente et cela a vraiment fait plaisir à Titpuce de recevoir et d’envoyer tout ce courrier. Pour la petite histoire, au début, ma puce ne voulait pas participer car : « maman, je suis amoureuse de personne en ce moment ! ». Forcément, le confinement, ça n’aide pas à tomber amoureux ! Encore un truc auquel les politiques n’ont pas pensé ! Bref, j’ai donc expliqué à Titpuce que cette Saint Valentin était spéciale et qu’elle était dédiée aux amis qui nous manquaient et que, ça aussi, c’était du « love »…

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Affiche du film Moi, Daniel Blake

30 films anglais pour découvrir l’Angleterre

Je continue de partager avec vous des ressources pour que vous puissiez pratiquer votre anglais et voyager en Angleterre.

Je vous avais déjà parlé de mes 10 séries anglaises préférées et des auteurs de littérature jeunesse en anglais dont Ticoeur et Titpuce ont dévoré les livres. A présent, voici une liste de films anglais que j’aime beaucoup. Comme j’ai eu du mal à faire une sélection ! Car autant, je n’ai pas vu tant de séries que ça puisque je n’ai jamais eu la télé, autant côté cinéma, j’ai vu énormément de films ! Le cinéma et moi c’est une longue histoire d’amour ! Et si vous me suiviez déjà quand j’habitais à Paris, vous vous souvenez sans doute de mes sorties ciné et de mes revues de films. Cette passion me vient de mon père. J’ai l’impression d’être née dans une salle de cinéma tant mes premiers souvenirs d’enfance sont liés au grand écran ! C’était ma façon de voyager à l’époque… J’ai d’abord essentiellement vu des films français, italiens et américains et ce n’est que plus tard que j’ai découvert le cinéma anglais, lorsque j’étais au lycée. Ma liste comporte donc des films anglais de ces 25 dernières années ; pas les vieux classiques. En même temps, 30 films ça devrait déjà bien vous occuper et vous verrez que pour certaines références, je donne d’autres idées similaires… Alors, on sort le pop corn et silence, ça tourne !

Je rappelle que l’idéal pour progresser en anglais est de regarder ces films en VO avec des sous-titres anglais. Si votre niveau d’anglais ne vous le permet pas encore, alors optez pour la VO avec sous-titres en français. J’ai mis des petits cœurs à côté des quelques films que je choisirais d’emmener sur une île déserte s’il y avait assez d’électricité et pas assez de rhum :-)…

Des films pour découvrir la société anglaise :

Les films de société c’est un genre très développé en Angleterre et un genre que j’affectionne tout particulièrement, donc je commence par quelques films de cette catégorie. Pour des thèmes plus légers, rendez-vous plus loin dans l’article.

I, Daniel Blake (2016) – Ken Loach ❤ : je suis une grande grande fan de Ken Loach ! Et c’est avec lui que j’ai découvert le cinéma anglais donc il a une place toute particulière dans ma sélection. Chacun de ses films s’attaque avec justesse à un problème social et nous dépeint les classes défavorisées. Dans I, Daniel Blake, Ken Loach nous décrit le système de chômage au UK. Quand on vit en France, il nous arrive de râler au sujet du chômage mais croyez-moi ici c’est un autre niveau et c’est important de s’en rendre compte. La protection n’est pas la même ! Très loin de là ! Préparez vos mouchoirs, vous en aurez besoin. Si le sujet du chômage ne vous intéresse pas, alors pas de soucis : Ken Loach a à peu près tout couvert : la vie précaire des livreurs dans Sorry we missed you, la jeunesse défavorisée dans le très nostalgique Sweet Sixteen ou dans The Angel Share (le seul de ses films qui soit drôle !), la vie des cheminots dans The Navigator et puis j’aime aussi My name is Joe… Bref, il y en a tant !

Affiche du film Moi, Daniel Blake

Billy Elliot (2000) – Stephen Daldry ❤ : comme ce film m’a touchée ! Encore une fois, l’histoire nous plonge dans les milieux défavorisés du nord de l’Angleterre et raconte la vie du petit Jamie qui se découvre une passion pour la danse classique. Tout son entourage, englué dans des préjugés primaires n’accepte absolument pas ce choix et va lui rendre la vie infernale mais le pouvoir de la danse n’est-il pas au-dessus de ces bassesses ? Une merveille que j’hésite encore à montrer aux enfants car c’est socialement assez violent mais une merveille sans nul doute !

Image du film Billy Elliot pendant un cours de danse

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Notre vie en Angleterre #86 : Des Souris et des Hommes…

Et non ! Je ne vais pas vous parler de ce joli roman de John Steinbeck mais véritablement de souris et d’hommes ! En commençant l’écriture de ce blog de voyages en septembre 2009 (à la naissance de Ticoeur), je n’aurais jamais imaginé parler souris un jour ! Nous en sommes là ! Il ne se passe tellement rien ici depuis le début de notre troisième confinement anglais, il y a quatre semaines déjà. Quatre très très longues semaines. J’aurais tellement aimé entrer en hibernation et me réveiller au printemps ! Mais voilà, pas possible de dormir tranquillement : la nuit, nous entendons des petits bruits au-dessus de notre chambre, dans les combles. Papa Voyage a donc déplacé la caméra complètement inutile qui surveille l’entrée de notre maison (franchement, si quelqu’un vient je l’embrasse !) et l’a placée dans le grenier avec un gros cube de parmesan ! Et c’est ainsi que nous avons découvert la présence d’une petite souris. Quand j’ai vu la vidéo le lendemain matin, j’étais d’abord remontée contre Papa Voyage qui aurait pu utiliser du cheddar vu le cours du parmesan en Angleterre ! Mais bon, nous savons vous et moi que la paix des ménages est précieuse en cette période de pandémie donc je n’allais pas en faire tout un fromage (sorry !). Pour capturer gentiment la souris, nous commandons sur internet quelque chose qui s’appelle mouse hotel… finalement une sorte de grande boîte transparente avec une porte qui se referme une fois que la souris en franchit le seuil, le tout avec de grandes baies vitrées… Sauf que le problème de ce boutique-hôtel pour souris c’est qu’il n’y a pas de salle de bain et ça, complètement novices en souris, nous n’y avions pas pensé ! Résultat : notre petite souris, complètement stressée de se retrouver confinée (on ne peut que la comprendre !!) a totalement redécoré sa chambre des murs au plafond ! Et comme je soupçonne qu’elle fait une intolérance au lactose ou du moins qu’elle n’a pas l’habitude du parmesan, c’était vraiment pas beau à voir ! Papa Voyage est allé déposer la souris plus très blanche dans un petit bois à 200 mètres de la maison et a géré le room service au karscher. Les bruits recommencent ! Zut, il y en a d’autres ! Cette fois, Papa Voyage connecte la caméra à sa montre et programme une alarme pour savoir quand notre hôte arrive. Ainsi, il se retrouve à devoir se lever au milieu de la nuit pour sortir la souris. Elle ressemble tellement à la première que nous craignons que ce soit la même ! Dans le doute, il préfère choisir un bois plus éloigné que le premier. Pendant ce temps-là, je me demande si raccompagner une souris au milieu de la nuit est véritablement un motif de sortie essentielle :-)… Ce n’est pas dans la liste publiée par le gouvernement mais les hommes politiques ne pensent pas à tout, n’est-ce pas ? Après trois nuits et trois souris, plus rien. Nous pourrions dormir en paix sauf qu’il n’est toujours pas facile de dormir quand on a l’impression d’être faits comme des rats !

L’impression d’être sur une île coupée du monde n’a jamais été aussi grande. Tout est fait pour qu’on n’en sorte pas… On ne voit plus le bout du tunnel ! Que ce soit celui sous la Manche ou celui de notre confinement ! Vous vous souvenez ? Cela devait se terminer le 15 février… Et bien non ! C’était une blague ! C’est reporté au 8 mars au plus tôt. Et notez bien le « au plus tôt ». Cela fait beaucoup de semaines sans école. De longues semaines sans véritables contacts humains… Bref, il faut encore tenir 6 semaines voire plus. C’est pas la fin du monde… mais presque…

Remake de « The End of the F***ing World », by Ticoeur et Titpuce 🙂

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Château de Highclere, décor de la série Downton Abbey

Mes 10 séries anglaises préférées… et les autres !

Je sais, cela fait déjà pas mal de temps que je vous ai promis une liste de ressources en anglais pour vous aider à entretenir la langue de Shakespeare et j’ai pris beaucoup de retard car vous savez quoi ? J’ai trop de choses à vous recommander ! Alors, j’ai décidé de découper mes coups de cœur anglais en trois parties : séries, films et livres. J’avais déjà partagé avec vous nos idées lecture d’auteurs anglais pour les enfants. Il est temps que je m’occupe des parents !

Voici donc les séries anglaises que je vous recommande afin de découvrir l’Angleterre, son Histoire, ses paysages et pratiquer votre anglais bien sûr ! Car plus vos oreilles entendront la langue, plus vous progresserez ! Donc bien évidemment, il s’agit de regarder ces séries en VO. Si vous le pouvez, le mieux est de rajouter les sous-titres en anglais mais si votre niveau ne vous le permet pas encore, alors OK pour les sous-titres en français. Seule la version doublée est strictement interdite :-)…

Downton Abbey (de Julian Fellows) : entre la beauté de la langue parlée par les acteurs, l’architecture de la demeure, les manières, les paysages et la lumière, cette série est un vrai plaisir à regarder… Bien sûr, cela ne reflète pas la réalité du pays mais une Angleterre aristocrate. Néanmoins, les attitudes, les comportements et les intrigues ont quelque chose de très british que ce soit au sein de la famille Crawley qu’au sein de leurs domestiques. J’adore la grand-mère (Lady Violet) jouée par l’excellente Maggie Smith : elle trouve toujours la réplique parfaite ! Au fil des saisons, je ne me suis jamais lassée de suivre cette famille au fil du temps, à partir du jour où le Titanic a fait naufrage en 1912, jusqu’au 1er janvier 1926. Un petit bémol ? Je n’aime pas le jeu de l’actrice qui tient le rôle de Lady Cora Crawley (la mère) car elle utilise toujours les mêmes postures et les mêmes expressions de visage (au bout de quelques épisodes cela devient un jeu bien monotone, peut-être pour coller au personnage le moins intéressant de la famille ?). Pour la petite histoire, nous n’habitons pas loin du château de Downton Abbey qui se nomme château de Highclere et qui n’est pas du tout dans le Yorkshire comme dit dans la série mais dans le Hampshire où nous vivons. Il faut réserver bien en avance ! Vous pourrez y passer lors d’un road trip à partir de Portsmouth par exemple.

Château de Highclere, décor de la série Downton Abbey

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Famille étudiant à un bureau à côté d’une grande fenêtre

Notre vie en Angleterre #85 : l’école à distance again !

Comme vous le savez, l’Angleterre est à nouveau en confinement national depuis une semaine, donc moi qui vous racontais l’autre jour en plaisantant que nous sortirions de notre quarantaine juste à temps pour le confinement, c’est exactement ce qui s’est passé ! Que j’aurais aimé avoir tort ! Hélas, comme la plupart des femmes, cela ne m’arrive jamais :-). Et voyez-vous, même quand on voit les choses venir, on a quand même du mal à les avaler ! Entre une désagréable impression de déjà vu et un nouveau grand bain d’incertitude, le moral n’est pas au rendez-vous. Surtout que tonton Boris nous a également fait une sacrée plaisanterie : le dimanche avant la rentrée, il a prié tous les parents d’envoyer les enfants à l’école, car c’était suffisamment safe pour eux et qu’il ne fallait surtout pas les priver d’école même en cas de confinement et malgré une situation sanitaire catastrophique. Donc les enfants de nombreux comtés sont allés à l’école le lundi tout ça pour entendre l’annonce de Bobo le soir-même, nous expliquant que finalement les écoles fermaient !

Famille étudiant à un bureau à côté d’une grande fenêtre

Chez nous, il n’y avait pas école le lundi car c’était un jour de formation des enseignants. Autant vous dire que ce n’est pas tant la décision de fermer les écoles qui a été mal reçue dans le pays mais l’ascenseur émotionnel créé par tonton Bobo dont l’humour n’a décidément rien d’anglais ! (Cela dit, qu’il n’hésite surtout pas à nous annoncer que le Brexit n’était qu’une blague et que nous retournons illico presto dans l’Union Européenne !). Je clos ici le chapitre de la grande comédie politique et je vous raconte l’incroyable réactivité de notre école. Je vous avais déjà expliqué, lors du premier confinement (relire l’article ici) comme se passait l’école à distance pour Ticoeur et Titpuce. Nous ne sommes vraiment pas à plaindre. Bien au contraire ! Je suis en grande admiration devant le travail et l’énergie de l’équipe enseignante. Je leur suis infiniment reconnaissante. Ils avaient déjà assuré l’an dernier mais cette fois-ci ils ont réussi à faire encore plus fort !

L’école à distance pour Ticoeur et Titpuce :

Quelle réactivité ! Après l’annonce du grand blagueur à 20h le lundi, nous avons reçu un mail du directeur à 22h30 nous indiquant que toute l’équipe allait prendre la journée du mardi pour établir un plan et mettre en place l’épisode 2 de l’école à distance. Il convoque alors tous les parents et enfants à une grande web-conférence le lendemain à 18h.

Quelle communication ! Donc le mardi à 18h nous sommes environ 200 familles connectées en live avec le directeur qui nous redonne une démo de l’outil utilisé pour l’enseignement à distance. Il s’agit, comme la première fois de Google Classroom et Google Meet. Tous les parents écoutent religieusement, avec parfois, comme nous, un petit verre à la main. On ne pensait pas retomber là-dedans (je parle de l’école à distance, pas de notre alcoolisme :-)…)

L’humour anglais : pendant l’Assembly du mercredi matin, le directeur est apparu sur les écrans avec une perruque bleue complètement loufouque et a réussi à décrocher pas mal de rires et sourires… Puis, laissant tomber sa perruque, il a fait un joli discours sur la résilience. Pendant les cours de sport, la prof avait des oreilles de rennes sur la tête ! Vraiment, ce n’est pas grand chose mais ces petites touches d’humour, même insignifiantes c’est du baume au cœur… Si vous êtes prof, n’hésitez pas à tenter l’expérience devant votre classe virtuelle !

S’adapter encore et toujours : La maîtresse de Ticoeur propose une séance de yoga les vendredis matins pour tous les enfants de l’école et même pour les parents qui n’hésitent pas à se joindre à ce moment de zénitude ! En tout cas moi j’ai effectivement suivi la session avec les enfants !

A propos de parents qui suivent les cours, il y a un papa qui a décidé d’écouter toutes les leçons de français pour tenter d’apprendre la langue ! Un futur pote peut-être ! Pour le reste des cours, je vous avais déjà décrit comment cela se passe : les enfants sont en direct avec leur enseignant en vidéo. Ils peuvent également voir leurs camarades de classe avec la vue en mosaïque. Par contre, le travail ne se fait pas sur l’ordinateur mais dans leurs cahiers papier. A la fin de chaque leçon, ils envoient des photos de ce qu’ils ont écrit afin que les maîtresses puissent les corriger. Côté sport, il y avait hockey au programme pour Ticoeur et tennis pour Titpuce. Étrangement, ce programme a été maintenu ce qui donne lieu à des situations plutôt comiques chez les uns et les autres. Surtout quand on sait que quasi tous les Anglais ont un chien : leurs petits amis à poils deviennent fous pendant ces entraînements sportifs à travers les salons des uns et des autres ! Bref, c’est lunaire mais là encore ça a le mérite de nous faire rire !

L’école à distance pour combien de temps ? Pour l’instant, il y a école à distance pour six semaines, jusqu’aux vacances de février. J’espère vraiment que ce ne sera « que » six semaines car nous savons de la dernière fois que cette vie virtuelle est vraiment psychologiquement pesante à la longue 🙁

La mer, la mer et encore la mer !

Heureusement, la mer est toujours là pour nous ! La petite différence c’est que tous les petits chemins qui y mènent sont actuellement extrêmement boueux ! Cela rend nos balades assez épiques !

Chemin de marée boueux reflétant le ciel d'hiver

Famille marchant le long d’un chemin forestier boueux

Mais on ne va évidemment pas s’arrêter à cet obstacle so british! car voir la mer n’a pas de prix !

Famille debout sur une côte rocheuse sous un ciel pâle

Mer calme sous les nuages ​​d'hiver en couches

A cause de toute cette boue, je ne peux d’ailleurs plus courir donc pour remplacer mes séances de footing, je suis en train de réfléchir à me lancer dans la nage hivernale. On peut régulièrement apercevoir un nageur courageux (voir le petit point noir sur la photo ci-dessous). J’étudie la question. Un jour ce sera peut-être moi ! La température de l’eau est actuellement de 9 degrés. A suivre !

Rayons de soleil traversant les nuages ​​au-dessus du rivage

  Famille marchant à travers de larges battures

A propos de la mer, nous avons eu la surprise de recevoir un trophée pour Ticoeur qui a gagné le prix du Most improved sailor au club de voile. Comme quoi ! Un jour, grâce à Ticoeur nous pourrons peut-être nous évader vers la France à bord d’un Optimist ! On peut toujours rêver ! En attendant, optimistes nous allons rester car tout le reste serait bien trop ennuyeux !

 

 

Merci d’avoir été là en 2020

Je fais toujours un petit bilan voyages en fin d’année. Alors forcément, 2020 n’est pas l’année idéale pour ce genre d’exercice mais primo, il y a quand même eu quelques voyages et découvertes, surtout en Angleterre où nous vivons ; secundo, je souhaite vous passer un message qui ne concerne pas nos voyages mais VOUS, mes chères lectrices et lecteurs (si, si ! Je sais que vous êtes là les gars, au fond de la classe !). Je souhaite vous remercier, sincèrement et chaleureusement : merci ! Merci d’avoir été là en 2020. Et ce n’est pas rien !

Vous vous imaginez bien que tenir un blog voyages pendant une pandémie, ce n’est pas l’activité la plus porteuse. Mes « collègues » de la blogosphère voyage ont souvent subi des baisses de trafic d’environ 70% par rapport à 2019 ! Ici, je n’ai eu que 20% de trafic en moins car oui, j’ai certes dû perdre des âmes errantes qui atterrissaient ici par hasard en recherchant une destination sur Google mais j’ai gardé les meilleurs, le cœur de mon lectorat : VOUS qui nous suivez régulièrement, parfois depuis longtemps, qui avez peut-être même l’impression de commencer à nous connaître. Évidemment, avec près de 700 000 visiteurs, dont pas mal de timides, moi j’ai surtout l’impression de connaître celles qui commentent souvent mes articles (oui « celles » car je n’ai pas souvenir d’avoir reçu un commentaire d’un homme en 2020 !). Dans tous les cas, je suis très touchée que vous soyez venus me lire ici malgré une année où j’ai eu beaucoup moins de voyages à partager avec vous… Cela fait du bien de savoir que ce qu’on écrit est lu… Il est vrai que notre vie en Angleterre est un dépaysement en soi. Un dépaysement pour nous et donc peut-être pour vous ?

Ce sont donc sans surprise mes billets quasi hebdo sur notre quotidien en Angleterre qui ont constitué l’essentiel du trafic sur le blog tout au long de l’année (ils sont tous répertoriés ici par ordre chronologique). En plus de cette constante anglaise, il y a eu un pic de trafic cet été sur les destinations françaises que nous connaissons le plus, sur nos expériences du voyage en campervan et sur nos road trips à vélo.

Campervan garé dans la campagne côtière britannique

Les années précédentes, je participais également à deux ou trois voyages de presse ou blogtrips. Étonnamment, j’ai reçu pas mal d’invitations cette année (comme quoi !) mais je n’ai pu en honorer aucune car elles étaient toutes en France ! Or, si vous me suivez, vous savez que le plus compliqué pour nous en 2020 était la difficulté pour nous rendre en France ! Entre le confinement qui a duré plus longtemps en Angleterre et la mise en place en août d’une quarantaine de 14 jours pour les personnes rentrant de France, c’était complexe ! D’ailleurs, ce n’est pas le fait de moins voyager, ni le fait d’avoir voyagé moins loin qui m’a pesé l’an dernier (toutes les destinations sont intéressantes et nous avons finalement, relativement pas mal bougé !) mais le fait que mon propre pays ait été (et continue d’être) l’un des plus inaccessibles. Nous pouvions aller ailleurs en Europe mais pas en France… Oui, c’était cela le plus dur. Jamais je n’ai autant eu l’impression d’être expatriée.

Mais revenons sur le positif et nos escapades 2020 qui sont venues ponctuer cette année « inoubliable » :

En février, avant que la pandémie ne s’empare de notre continent, nous sommes retournés à Naples pour une semaine en famille. Une ville si vibrante, si italienne, si pleine de vie ! A la fin de notre séjour, nous avons entendu ce qu’il se passait dans le nord du pays. L’alarme a retenti et résonné depuis la place St Marc et le Vésuve a semblé bien inoffensif à côté…

Pendant le confinement, nous avons usé nos baskets sur les mêmes chemins, encore et encore… Avec une chance inouïe : ici, tous les sentiers, qu’ils traversent la forêt ou suivent les rivières, nous mènent à la mer !

Bref, comme tout le monde, nous connaissons notre coin comme notre poche ! Notre gros voyage de l’année, prévu pour avril a bien sûr été annulé. C’était un voyage au Kenya où nous devions rendre visite à des amis qui y vivaient. Ils sont rentrés en Belgique depuis donc je ne sais pas ce que nous ferons de notre avoir dans le futur… Nous irons au Kenya ou ailleurs… pourquoi pas à Bruxelles pour commencer ! Nous n’avons jamais eu d’idées très arrêtées sur le choix des destinations…

Après le confinement, nous avons pu quitter notre coin et nous aventurer un peu plus loin, toujours en Angleterre. Je sais d’après vos retours que vous avez adoré notre road trip en Cornouilles.

  Arche rocheuse au bord d’une crique des Cornouailles

En route vers ce magnifique comté, j’avais également eu un énorme coup de cœur pour le Dartmoor National Park, peu connu des touristes. Un enchantement pour les amoureux de la nature et les randonneurs.

Randonneur au sommet d’un tor rocheux dans le Dartmoor

A partir de l’été, nous avons fait beaucoup de voile. C’était un superbe sentiment de liberté. Et la liberté était devenue encore plus précieuse en 2020 !

Marin hissant la grand-voile d’un catamaran

Il y a également eu de belles retrouvailles avec des amis qui sont venus nous rendre visite en Angleterre, ma belle-famille, et aussi quelques personnes de ma famille. J’ai revu trois fois Stonehenge :-)…

Cercle de pierres de Stonehenge sous un ciel bleu

Toujours en été, nous avons passé une semaine de randonnée dans le Val d’Aoste en Italie.

Vue sur les sommets alpins depuis un sentier de randonnée

Enfin, à la Toussaint, à la toute dernière minute, nous avons profité de ce qu’ils appellent ici un « travel corridor » pour passer une semaine sur les îles d’Ulysse (Ithaque et Céphalonie… Un jour j’écrirai un article…). Nous y étions comme dans un rêve.

Baie boisée aux eaux bleues sur une île grecque

A cette période, notre petit coin d’Angleterre était si safe, le plus sûr du pays même…

Et puis vous connaissez les rebondissements de fin décembre : la nouvelle variante, la situation exponentiellement à la dérive et la décision hier soir d’un nouveau vrai confinement national avec fermeture des écoles (je vous en parlerai davantage dans mon prochain article sur notre vie en Angleterre) car je ne veux pas gâcher ce billet qui se veut plus optimiste.

Je souhaite donc rester sur une note positive : vous redire que pour nous le choix de la destination n’a jamais été un point très important depuis que nous voyageons et heureusement, surtout en 2020. L’essentiel, c’est d’être ensemble avec les yeux grands ouverts sur le Monde, de vivre chaque moment de sa vie comme un voyage, d’apprécier les petites comme les grandes escapades, d’être toujours prêt à improviser et de ne jamais avoir besoin de plus d’une heure pour boucler ses valises car parfois, il faut saisir l’instant ! Voyager c’est vivre, partager, aimer. Parfois, c’est seulement revivre, se souvenir, imaginer et espérer. Nous ne maîtrisons pas ce qu’il sera possible de réaliser en 2021 mais nous le réaliserons !

Tous mes vœux pour cette nouvelle année ! Et parce que je ne suis pas certaine de la tangibilité d’une telle phrase, je finirai par le mot du début, qui lui est 100% vrai : MERCI !

 

 

 

Bougie allumée et ornement doré sur un arbre de Noël

Notre vie en Angleterre #84 : en quarantaine

Cela fait huit jours que nous sommes en quarantaine. Il nous en reste encore deux pour la terminer. Ce sera une façon comme une autre de célébrer le changement d’année !

D’ailleurs, pour la petite histoire, en Angleterre, la quarantaine était de 14 jours et elle est passée à 10 jours au moment où nous partions. Un bon timing. On se réjouit de peu ces temps-ci. En Allemagne, nous étions également en quarantaine donc, en tout et pour tout, nous aurons eu une bonne dose ! Nous sommes super entraînés pour le prochain confinement ! Youhou !!

Quelle aventure en tout cas cette fin d’année ! Au début, tout commençait pour le mieux. Après le dernier jour d’école, nous avons attendu cinq jours avant d’aller retrouver Omi et Opa, histoire de réduire le potentiel risque lié à l’école. En Allemagne, nous étions en quarantaine chez mes beaux-parents. Cela ne nous dérangeait pas car finalement les fêtes de fin d’année sont toujours très casanières et mes beaux-parents ont une belle ancienne maison, si typiquement allemande qu’elle est à elle-seule un voyage spatio-temporel. Malgré un froid glacial, il y avait un grand soleil. Nous avons donc pu jouer au Mölkky, ramasser les feuilles mortes, admirer les sapins et parce que nous avons pris à la lettre la recommandation de ne pas passer trop de temps à table, nous avons commencé notre Réveillon, dans le jardin, autour d’un feu de camp. Contrairement à ce que je craignais, Titpuce ne s’est pas trop formalisée sur le fait que nous fêtions Noël avant la date officielle donc la légende du Père Noël aura survécu à l’année Covid ! En choisissant de séjourner avec mes beaux-parents et non en total isolement, nous avions la contrainte de ne pas être autorisés à rester plus de trois jours (c’était la règle dans leur Land). Mais notre périple en valait la peine : voir briller les vraies bougies dans le sapin (le seul vrai sapin selon Titpuce c’est celui de Omi et Opa !), et surtout voir briller les yeux des enfants !

Bougie allumée et ornement doré sur un arbre de Noël

Puis le timing est devenu plus compliqué : rester au maximum des trois jours autorisés en Allemagne tout en arrivant avant le couvre-feu à Paris ! Heureusement, le trafic était fluide sur l’autoroute. Malgré tout, entre les pauses et les nombreux kilomètres, nous avons fini par nous retrouver dans « le bouchon du couvre-feu » ! Nous aurions dû y penser : quand tout le monde vise 20h cela ne passe pas ! Par miracle, nous avons trouvé une place de parking juste devant la résidence de tourisme où nous avions réservé un appartement. Deux minutes avant de nous transformer en citrouilles, nous avons pu faire notre self check-in ! (Au passage, j’apprécie que le self check-in soit devenu une option répandue,… même sans pandémie, c’est drôlement pratique !).

Etant donné les circonstances, nous n’avions prévu de ne rester qu’un jour à Paris. Je n’avais pas vu ma petite sœur, mon petit frère et ma mère depuis bien trop longtemps. Sous une pluie fort désagréable (qui aurait rappelé l’Angleterre à ceux qui ne me lisent pas et croient encore à ce cliché :-)), nous avons pu échanger quelques nouvelles et quelques sourires avec chacun d’eux, séparément, mais j’ai chopé une bonne grosse crève, ce qui n’est pas le truc le plus tendance dernièrement ! Même si ces rencontres ont été super brèves, cela faisait un bien fou de se revoir enfin ! Hélas, l’actualité est venue assombrir le tableau : nouvelle variante du virus en Angleterre et fermeture des frontières ! En quelques heures, nous sommes devenus des pestiférés. La situation devenait catastrophique au UK (et l’est toujours). Des mamans anglaises ont commencé à m’envoyer des messages pour me conseiller de rester en France, que c’était la panique en Angleterre et qu’elles se sentaient comme prise au piège sur leur île. Sans oublier le sujet Brexit qui risquait de mal tourner pour une histoire de poisson ! (C’est vrai que c’est poissonneux ici : le petit pêcheur de notre village nous vend la coquille St Jacques à 50 centimes car ça n’intéresse pas trop les Anglais… Vous voulez une caisse ? Ah non, zut y a de petits soucis logistiques à la frontière… !). La fin de notre journée parisienne ? Nous sommes remontés dans notre van et en prévision d’un no deal, nous nous sommes arrêtés chez notre caviste pour ramener 90 litres de vin (le max autorisé). Il était content le monsieur…  Il nous a quand même demandé si nous avions compris que le nombre de convives était limité pour les fêtes ! Nous lui avons expliqué que nous vivions en Angleterre. Il a totalement compati et nous a offert une bouteille de son plus vieux rhum !! Puis, nous sommes passés dans notre propre cave, celle où nous avons entreposé les affaires restées à Paris. Nous avions urgemment besoin des rallonges de matelas des enfants ! Vous savez, nous avons ces lits qui grandissent avec l’enfant… sauf que nous, en parents qui se voilent la face concernant la vitesse de croissance de leur progéniture, nous pensions qu’en deux ou trois ans en Angleterre, nous n’aurions nul besoin des rallonges ! Time flies!

Bref, nous reprenons la route, pour rentrer chez nous, sur notre pauvre île. J’ai demandé à Papa Voyage de passer devant l’Opéra Garnier avant de rejoindre l’autoroute, car ma puce rêvait de le revoir. Nous nous sommes alors retrouvés dans un embouteillage incroyable à cause du Boulevard Haussmann et des Grands Magasins devant lesquels s’entassait une sacrée foule pour voir les vitrines animées ! A part ça, le sport, le ski et la culture, c’est trop dangereux… Mais passons… Évidemment, aucun soucis pour retourner en Angleterre. Le tunnel n’était fermé que dans le sens Douvres -> Calais. Tout le monde est très content que les Anglais ou simili-Anglais veuillent rentrer chez eux ! Nous étions d’ailleurs la seule voiture française. Aucune file d’attente. Au poste de contrôle français, on nous a même souhaité bien du courage ! A défaut de courage, nous avions 90 litres de vin ! En ressortant côté anglais, nous avons vu cette incroyable file d’attente de plusieurs kilomètres de camionneurs coincés devant le tunnel. C’était lunaire !

File d'attente de camions sur une autoroute

Depuis ? Nous sommes chez nous, tranquillement en quarantaine. Nous avons fêté Noël à la maison et nous nous apprêtons à fêter le Nouvel An de même. Comme des Robinson Crusoé. Pour Papa Voyage, c’était la première fois qu’il ne passait pas le jour de Noël chez ses parents. C’était émouvant. Moi, j’en ai eu pas mal des Noëls atypiques mais ce serait une longue histoire… En tout cas, comme beaucoup de monde, nous n’oublierons pas Noël 2020. C’est certain. Surtout que Papa Noël Boris, après avoir déclaré qu’il « annulait » Noël à cause de la nouvelle vague (hélas je ne parle ni de cinéma ni de musique !), il a finalement décidé de monter sur son traîneau pour nous apporter un Brexit Deal le 24 au soir ! Franchement ! ça pouvait pas attendre ??? Au point où on en était ! Le mec, il voulait vraiment monopoliser la soirée ! Et là, nous avons bien ri car grâce à ce deal, il n’y aura ni taxe douanière, ni quotas donc… nous avons fait des stocks de vin français pour rien ! Remarquez, pour le prochain confinement…

Dessins de Noël sur une fenêtre 

Le deuxième jour de notre quarantaine, nous avons eu un coup de fil de contrôle des autorités sanitaires. Ils voulaient savoir si nous avions bien compris les enjeux de la quarantaine et surtout si nous savions compter nos jours de quarantaine. Yes Sir! En France et même en Allemagne, on sait compter jusqu’à 10 ! Ils sont drôles ces Anglais ! Mais finalement, la subtilité qu’ils ont partagé avec nous, c’est qu’il faut compter des jours entiers. Ah voilà ! Y avait un trick comme ils disent ! Mais bon, nous on n’est plus à ça près ! Nous sommes les rois de la quarantaine !

Au fait, parce que tout le monde semble parler de tests PCR en France et je reçois pas mal de questions dans ce sens :  oui, en théorie on pourrait faire un test pour écourter notre quarantaine MAIS… moi qui vous raconte (trop) souvent les avantages de la vie en Angleterre, je dois sans doute rappeler de temps à autre qu’ici, ce n’est pas le pays le plus social du monde. Loin de là ! En gros, pour le chômage et la sécu, passez votre chemin ! Donc, pour faire gratuitement un test PCR, il faut : être malade !!! Avoir de la fièvre ou une toux continue ! Et sinon, il faut payer très cher ! Dans mon coin, l’option la plus raisonnable en prix c’est 104£ par personne mais à ce tarif, ils nous envoient les kits par courrier ; on doit faire la manip nous-mêmes et renvoyer le kit pour recevoir le résultat vers le 15 janvier car ils sont débordés ! Il paraît que certains médecins dans le privé ont encore quelques créneaux à 400£ par personne. Voilà !

Parlons de cette quarantaine (oui, je sais, mon billet commence à être un peu long mais moi j’ai le temps justement :-)…) : j’en profite pour faire travailler le français aux enfants car Ticoeur et Titpuce ne parlent plus qu’en anglais entre eux !!! So scary! J’ai donc mis ma casquette de prof de conjugaison, grammaire et orthographe… En projet plus amusant, nous avons décidé d’apprendre la guitare (ma petite sœur nous a offert la sienne en cadeau de Noël). Les enfants sont sur le thème d’Harry Potter et moi sur ABBA… Le fossé de générations quoi !

Papa Voyage est comme d’habitude en télétravail donc il doit réussir à bosser dans une certaine cacophonie musicale. A part ça, la quarantaine ne lui change pas trop son quotidien. Moi si, car c’est la première fois depuis que nous vivons ici que je ne vais pas saluer la mer le matin (je devrais survivre : j’étais Parisienne dans une autre vie…!). Je sens le parfum de l’air marin et j’entends parfois la corne de brume des navires mais je ne peux pas voir la mer de notre maison. Par contre, la nature est adorable avec nous. Tous les animaux du coin nous tiennent compagnie. C’est étrange. Comme s’ils savaient que nous étions seuls. Peut-être qu’ils sont eux aussi en manque de contact humain ? Tous les soirs, il y a cette chouette qui hulule. Au début, cela me faisait peur mais à présent, j’ai compris qu’elle était là pour nous transporter dans un conte fantastique. En journée, il y a les écureuils, les faisans, un couple de rouge-gorge (du moins, je suppose qu’ils sont en couple mais je n’ose pas leur poser la question). Tôt le matin, plus rarement, un cerf. Et le soir, alors que les enfants sont au lit et que nous regardons Netflix en buvant notre vin (il faut bien !), un renard passe devant nos fenêtres, déclenchant les lumières dans le jardin et se retrouvant ainsi tel un comédien sur scène qui aurait oublié sa réplique. Enfin, il y a le petit chat des voisins qui ose s’approcher quand il voit Ticoeur et Titpuce. Il doit se souvenir que les enfants lui ont donné du lait tous les jours pendant que ses maîtres étaient en vacances cet été. Je comprends que tant de personnes aient pris un animal de compagnie pour survivre cette année. Je n’en suis pas là mais j’apprécie les petites visites quotidiennes de nos amis.

Faisan debout dans un jardin

En dehors de notre bulle, j’ai l’impression que c’est l’apocalypse donc nous sommes pas mal dans notre maison, notre jardin et les animaux. Le mimosa est en fleurs et il est magnifique ! Dans deux jours ce sera la nouvelle année. J’appréhende les prochains mois. Même si je doute fort que la nouvelle variante du virus soit une spécialité uniquement anglaise, il me semble clair que nous allons être isolés un bout de temps sur notre île !

Fleur de mimosa jaune contre un ciel bleu

Gros plan de la fleur de mimosa jaune

Dans deux jours, ce sera la nouvelle année. Mais mon article est suffisamment long comme ça. Je ne me sens plus d’écrire un petit bilan de 2020. Dans quelques jours je m’y collerai, peut-être, histoire de précieusement conserver une trace des échappées, des parenthèses, des bons moments, les seuls qu’il faudra retenir…

Dans deux jours, ce sera la nouvelle année. Et la seule certitude que j’ai, c’est que nous aurons fini notre quarantaine.

Carpe Diem!

Coucher de soleil rouge derrière la silhouette des arbres